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Drame

Il trouve la mort au chevet de sa fille à l’hôpital

Jihad Saadé était venu du Nigeria voir Gemma, six ans, atteinte d’un cancer.

Il trouve la mort au chevet de sa fille à l’hôpital

La veuve de Jihad Saadé au chevet de son mari pour un dernier adieu. Photo D.R.

Un malheur ne vient jamais seul. Et le malheur qui s’est abattu sur la famille Saadé, originaire du caza de Zghorta, n’échappe pas à cette loi. Jihad Saadé fait partie des plus de 150 personnes qui ont perdu la vie dans la double explosion qui a soufflé le port de Beyrouth mardi, et dévasté la capitale. Il a trouvé la mort alors qu’il était au chevet de sa fillette atteinte d’un cancer, au Centre médical universitaire-hôpital Saint-Georges à Achrafieh.

Il était 18h, en ce tragique mardi 4 août, lorsque Gemma, âgée seulement de six ans et récemment diagnostiquée d’une tumeur maligne, recevait son traitement de chimiothérapie. Elle était entourée de sa mère, Soha Geitany, et de son père Jihad, venu spécialement du Nigeria pour être à leurs côtés. L’épreuve est terrible pour la famille, dont la vie a basculé avec l’annonce de la maladie de la petite, avant d’être détruite en quelques secondes avec la mort de son roc.

Encore sous le choc, Soha n’est pas en état de parler. C’est un proche de la famille, Antoine Nehmé, joint au téléphone, qui raconte à L’Orient-Le Jour qu’au moment de l’explosion au port de Beyrouth, Jihad était debout à proximité de la fenêtre. À l’autre bout de la chambre, sa fille et sa femme étaient plutôt à l’abri. Grièvement atteint, il a dû être transféré vers un autre hôpital en raison de l’état dans lequel se trouvait l’hôpital Saint-Georges presque entièrement détruit par l’énorme déflagration qui a aussi causé la mort de quatre membres du corps soignant de l’hôpital. « Il a succombé à ses blessures avant d’arriver dans un autre établissement », précise M. Nehmé. Comme la plupart des habitants de son village, Miziara, Jihad a de tout temps vécu en Afrique. « Il vivait et travaillait au Nigeria, mais il a voulu épouser une Libanaise et fonder une famille au Liban, dans son pays et son village natal, raconte M. Nehmé. C’était un père de famille très dévoué. » Jihad passait toutes ses vacances au Liban et ne ratait aucune occasion pour venir voir les siens, passer le maximum de temps avec eux, partager des moments et des événements heureux ou moins heureux. Il tenait à accompagner sa fille dans son traitement, mais le père de deux enfants a dû attendre plusieurs mois avant de pouvoir se rendre à Beyrouth, en raison de la fermeture des frontières due à la pandémie du coronavirus. Arrivé il y a un mois seulement, il devait y rester autant que le traitement de Gemma durerait. Il s’était fixé une double mission : soutenir Gemma dans sa maladie et accompagner Karl (9 ans) dans les célébrations de sa première communion. La petite fille ne pouvait pas attendre l’arrivée de son père pour commencer le traitement. Dorénavant, elle devra poursuivre la bataille sans lui...


Un malheur ne vient jamais seul. Et le malheur qui s’est abattu sur la famille Saadé, originaire du caza de Zghorta, n’échappe pas à cette loi. Jihad Saadé fait partie des plus de 150 personnes qui ont perdu la vie dans la double explosion qui a soufflé le port de Beyrouth mardi, et dévasté la capitale. Il a trouvé la mort alors qu’il était au chevet de sa fillette atteinte...

commentaires (3)

Hommage à la maman et que Dieu guerisse la chere petite... Esprit saint consolateur souffle c est si terrible!

mère brigitte may

19 h 51, le 10 août 2020

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Commentaires (3)

  • Hommage à la maman et que Dieu guerisse la chere petite... Esprit saint consolateur souffle c est si terrible!

    mère brigitte may

    19 h 51, le 10 août 2020

  • Quelle tragédie ! Courage à la brave mère. Allah yirhamo !

    Chour Hassan

    12 h 50, le 10 août 2020

  • TRISTE HISTOIRE. ALLAH YIRHAMOU ET DONNE DU COURAGE ET DE LA PATIENCE A SA FAMILLE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 34, le 09 août 2020