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Concerts

La Roque-d’Anthéron, l’un des rares festivals maintenus en France en temps de Covid-19

Parmi les artistes de marque de ce grand événement estival centré autour du piano, le célèbre compositeur et interprète libanais Abdel Rahman el-Bacha qui s’y produit le 16 août.

La Roque-d’Anthéron, l’un des rares festivals maintenus en France en temps de Covid-19

La scène du parc du château de Florans qui accueille cette année la totalité de la programmation du Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron. Photo LaurieMDL

« Être ici c’est un miracle ! » s’enthousiasme sous le soleil cuisant du sud de la France la pianiste italienne Béatrice Rana après son récital à la Roque-d’Anthéron, l’un des rares grands festivals de l’été maintenus dans l’Hexagone malgré le coronavirus, au prix de nombreux efforts. Éventail à la main et chapeau de paille sur la tête, sur des gradins volontairement clairsemés pour respecter les règles sanitaires, les habitués du Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron, recentré cette année dans le parc du château de Florans, écoutent avec délectation les notes de musique s’échappant du piano à queue qui se mélangent au chant des cigales.

Face à eux, sur la scène de l’auditorium abritée par une conque acoustique, la jeune Béatrice Rana livre en cette milieu de matinée quatre scherzos de Chopin, des œuvres légères, avant un extrait d’Iberia du compositeur espagnol Albeniz et la Valse de Ravel. Des applaudissements enthousiastes résonnent. « C’est magique d’être là et de retrouver un contact direct avec le public après une période vraiment catastrophique pour nous », confie la souriante musicienne à Estelle Emonet, reporter de l’AFP. Comme nombre d’artistes, la pianiste qui sillonne les scènes internationales a vu « toutes ses représentations annulées jusqu’à décembre » en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Son récital dans le cadre de ce festival constitue sa première performance publique depuis le déconfinement. Idem pour le célèbre pianiste, compositeur et interprète libanais établi en France Abdel Rahman el-Bacha, qui s’y produira le 16 août à 20h (au programme : Nocturnes et Ballades de Chopin), avant de transporter son piano le samedi 29 août dans les magnifiques jardins de la mairie de Gordes, où il donnera un récital unique en soutien au Liban et au profit de l’association Achrafieh 2020 (voir L’OLJ édition du 1er août).

Le festival de la Roque-d’Anthéron, organisé en plein air du 1er au 21 août, peut se réjouir d’être l’un des rares grands événements culturels français rescapés de la crise sanitaire, même s’il a dû pour se maintenir revoir ses ambitions sévèrement à la baisse, passant de 3,2 à 1,6 million d’euros de budget.

Loin des 76 500 entrées de l’édition 2019, René Martin, le directeur artistique, en attend cette année 20 000.

La programmation a été raccourcie d’une semaine, organisée exclusivement à la Roque-d’Anthéron contre 16 lieux habituellement et composée à 90 % d’artistes français. Les rares artistes étrangers sont venus de pays limitrophes d’où ils pouvaient effectuer le trajet en voiture.

De 2 000 à 675 places, distanciation oblige

Oublié le temps où un grand concert avec un orchestre rassemblant une quarantaine de musiciens avait été envisagé pour célébrer la 40e édition de ce festival organisé dans un domaine provençal aux limites des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse.

Les organisateurs ont aussi été contraints d’aménager le parc arboré pour protéger le public en diminuant la jauge de l’auditorium de 2 000 à 675 places, de disposer des plaques de plexiglas devant les caisses, mettre du gel hydroalcoolique en libre service, fournir des masques aux bénévoles et au personnel qui a été réduit pour l’occasion, supprimer les boutiques de souvenirs et restreindre la buvette.

« On espère ne pas trop perdre d’argent », avoue timidement Marie-Claude Alcaraz, vice-présidente déléguée de ce festival « autofinancé à 70 % ». Elle se félicite néanmoins que les partenaires institutionnels – département, région, métropole... – aient maintenu leurs subventions.

« Le 17 mars, au début du confinement, on était catastrophé, puis on s’est dit qu’étant en plein air, dans un vaste espace, on avait une petite chance de se maintenir », explique René Martin qui n’a pas eu de mal à convaincre les artistes à se produire malgré « une baisse de leur cachet de 70 % ».

« Avec cette période difficile que l’on a vécue, il était important de pouvoir se ressourcer avec la musique et la nature, même si ce n’est pas comme d’habitude », insiste Mme Alcaraz.

En ajoutant un concert le matin pour compléter les deux du soir, le festival de musique classique voit l’arrivée d’un public plus familial.

« Même s’il fait un peu trop chaud, c’est une bonne idée ces concerts le matin, cela les rend plus accessibles », apprécie Claire Bertin, accompagnée de ses deux jeunes enfants. « C’est peut-être plus décontracté », ajoute la trentenaire mélomane qui a fait le déplacement depuis Marseille car c’est « l’un des seuls festivals maintenus ».

« Je préfère le soir car, avec la lumière, l’ambiance est magique, mais je suis tellement contente que le festival soit maintenu, confie pour sa part Gabrielle Rau, septuagénaire habituée du festival. C’est si beau d’entendre de la musique. »


« Être ici c’est un miracle ! » s’enthousiasme sous le soleil cuisant du sud de la France la pianiste italienne Béatrice Rana après son récital à la Roque-d’Anthéron, l’un des rares grands festivals de l’été maintenus dans l’Hexagone malgré le coronavirus, au prix de nombreux efforts. Éventail à la main et chapeau de paille sur la tête, sur des gradins...

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