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Numérique

Sous son « nuage » très américain, l’Europe s’inquiète

Assise sur une gigantesque mine de données, cet « or du XXIe siècle », l’Europe risque-t-elle d’en perdre totalement la maîtrise à force de se reposer sur les services des géants de l’informatique américains ? C’est ce que redoutent experts et gouvernements.

« Cloud » ou « nuage » : ce terme désigne divers services qui permettent d’obtenir en ligne de la ressource informatique – stockage et calcul – sans être obligé d’avoir soi-même son propre parc informatique, coûteux à entretenir et à renouveler. La tendance inquiète en particulier l’Allemagne, à la tête d’un riche patrimoine de données grâce à sa puissante industrie.

« La plupart des données européennes sont stockées hors de l’Europe, ou, si elles sont stockées en Europe, sur des serveurs appartenant à des sociétés non européennes », s’alarmaient à la mi-juillet des experts et responsables de médias, dans un rapport d’une trentaine de pages écrit sous la direction notamment de l’ancien dirigeant du grand éditeur de logiciels allemand SAP, Henning Kagermann.

L’une des sources d’inquiétude des Européens vient du « Cloud Act », la législation américaine qui permet aux puissantes agences de sécurité des États-Unis d’avoir accès dans certains cas aux données hébergées par les fournisseurs américains, où qu’elles se trouvent sur la planète. Au-delà même de l’intégrité des données, c’est la capacité à les exploiter et à en tirer parti qui inquiète beaucoup d’experts et de décideurs européens.

Comme des pays miniers

Si en Europe « on est juste capable de produire des données, en ayant besoin d’autres pour parvenir à les exploiter, alors on va être dans la même situation que les pays qui ont des ressources minières mais qui ont donné la capacité à d’autres de s’enrichir avec, avec des retombées extrêmement faibles » pour eux-mêmes, expliquait, en début de mois, un haut fonctionnaire français qui livrait alors un diagnostic brutal, lors d’une réunion de professionnels de l’informatique à laquelle l’AFP assistait sous condition de respecter l’anonymat des interlocuteurs.C’est dans ce contexte que les gouvernements allemands et français ont annoncé, en juin dernier, le projet « Gaia X », pour faire émerger une offre européenne. Plutôt que de chercher à encourager une ou des entreprises géantes type GAFA, capables de proposer une multitude de services – stockage, puissance de calcul, outils de traitement de données et d’intelligence artificielle, outils de chiffrement et de sécurité – Paris et Berlin veulent faire émerger un réseau d’entreprises européennes fonctionnant selon les mêmes normes et standards.

Source : AFP



Assise sur une gigantesque mine de données, cet « or du XXIe siècle », l’Europe risque-t-elle d’en perdre totalement la maîtrise à force de se reposer sur les services des géants de l’informatique américains ? C’est ce que redoutent experts et gouvernements.« Cloud » ou « nuage » : ce terme désigne divers services qui permettent d’obtenir...

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