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Moyen-Orient - Arabie

Salmane hospitalisé, les enjeux d’une possible succession

En cas de décès du souverain du royaume wahhabite, la prise de pouvoir de MBS est déjà assurée.

Salmane hospitalisé, les enjeux d’une possible succession

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 5 mars 2020. Bandar al-Jaloud/Saudi Royal Palace/AFP

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a été hospitalisé hier à Riyad pour une inflammation de la vésicule biliaire, selon un communiqué publié par la cour royale et cité par l’agence saoudienne SPA. Âgé de 84 ans, il a été admis à l’hôpital spécialisé qui porte le nom du roi Fayçal, une institution haut de gamme qui traite régulièrement les membres de la famille royale. Cet imprévu a contraint le Premier ministre irakien, Moustafa al-Kadhimi, à reporter sa visite programmée hier dans la capitale saoudienne avant de se rendre en Iran.

L’annonce de l’hospitalisation du roi Salmane a remis le sujet de sa succession sur le devant de la scène en raison de son âge et des interrogations sur son état de santé, alors que des rumeurs courent régulièrement dans les médias sur sa possible abdication au profit de son fils, le prince héritier Mohammad ben Salmane (alias MBS). En pleine pandémie de Covid-19, le souverain saoudien n’est pas apparu en public ces derniers mois, mais des photos de lui lors de réunions virtuelles du Conseil des ministres sont fréquemment relayées par l’agence SPA depuis le début du confinement.

Si la succession du roi Salmane est suivie de près par les observateurs, c’est qu’elle devrait marquer un tournant dans l’histoire du pays avec la remise des clés du royaume à la nouvelle génération, et changer les dynamiques dans la région. Dernier fils de la fratrie qui forme le clan des Sudaïri – issu de l’union entre le roi Abdelaziz et son épouse favorite la princesse Hassa bint Ahmad al-Sudaïri –, le roi Salmane règne sur le royaume depuis 2015. Son accession au trône a surtout été synonyme de tremplin pour MBS, son fils favori, devenu ministre de la Défense et vice-prince héritier la même année, puis prince héritier en 2017 suite au limogeage de son cousin Mohammad ben Nayef. Le prince héritier a tout fait pour s’assurer que la succession se fasse sans contestation possible.

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« La succession devrait se dérouler de manière fluide. MBS a été choisi comme prince héritier par le Conseil d’allégeance qui comprend 34 princes parmi les fils et petits-fils du roi Abdelaziz », souligne Eman Alhussein, chercheuse non résidente à l’Arab Gulf States Institute à Washington, interrogée par L’Orient-Le Jour. « La consolidation du pouvoir (de MBS) à laquelle nous avons pu assister jusqu’à aujourd’hui signifie donc qu’il y aura peu, voire pas de résistance au sujet de la succession, en particulier au sein de la famille royale », indique-t-elle, avant de préciser que « le rôle de vice-prince héritier, vacant depuis 2017, devra toutefois être pourvu ». Les purges du Ritz-Carlton en novembre 2017, puis les arrestations en mars dernier de quatre membres de la famille royale, dont Mohammad ben Nayef, ont aussi été interprétées comme un moyen pour MBS d’écarter toute concurrence pour le trône.

Revoir les ambitions à la baisse

Protégé par son père, MBS est déjà considéré comme le dirigeant de facto du royaume et dispose d’une large marge de manœuvre dans les affaires du pays. C’est notamment lui qui a choisi de placer le règne du roi Salmane sous le signe de la modernité. Tentant de redorer le blason saoudien auprès des Occidentaux, il a annoncé dès 2016 une série de réformes sociales et économiques pour diversifier les sources de revenus du pays, largement dépendant du pétrole, à l’instar de son mégaprojet Vision 2030. Alors qu’il tablait sur le tourisme et le divertissement en préparation de l’après-pétrole, MBS pourrait toutefois être obligé de revoir ses ambitions à la baisse. La crise du coronavirus, mêlée à la chute des prix du pétrole en mars dernier, ont frappé de plein fouet l’économie saoudienne, qui devrait être l’un des principaux enjeux du règne du successeur du roi Salmane.

« Le triplement de la TVA qui a été introduit plus tôt ce mois-ci, la restructuration du “Programme Compte Citoyen” qui fournissait une aide financière aux familles à faibles et moyens revenus ainsi que la suppression de l’indemnité de cherté de vie introduite pour amortir la mise en place de la TVA pour la première fois en 2018 ont été vécus avec amertume par de nombreux habitants du royaume », souligne Eman Alhussein. « D’autre part, le prince héritier poursuit ses plans de diversification et ses grands projets. Équilibrer les deux est le plus grand défi auquel sera confronté le leadership saoudien », estime-t-elle. Sur le plan social, le futur souverain devra trouver un juste équilibre entre les milieux conservateurs et la mise en place de réformes supplémentaires pour les droits des femmes.

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Alors qu’il s’est démarqué par son attitude va-t-en-guerre dans la région, à la différence des souverains issus de l’ancienne génération, le jeune MBS devra trouver un équilibre entre ses élans belliqueux et la voie de la diplomatie, s’il est amené à succéder à court terme à son père. Les tensions avec l’Iran, la guerre au Yémen, la compétition pour le leadership sunnite avec la Turquie, la fin du blocus contre le Qatar ou encore le conflit israélo-palestinien sont autant de dossiers épineux sur la table. À l’international, il devra conjuguer avec l’image ternie du royaume, conséquence du rôle saoudien au Yémen et du renforcement de la répression à l’égard des dissidents – qui a atteint son paroxysme en 2018 avec l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul.


Le roi Salmane d’Arabie saoudite a été hospitalisé hier à Riyad pour une inflammation de la vésicule biliaire, selon un communiqué publié par la cour royale et cité par l’agence saoudienne SPA. Âgé de 84 ans, il a été admis à l’hôpital spécialisé qui porte le nom du roi Fayçal, une institution haut de gamme qui traite régulièrement les membres de la famille royale. Cet...

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PLONGEON DANS L,INCONNU. TROP D,INCERTITUDES.

PRET A SOUTENIR L,OLJ QUE JE CONNAISSAIS.

12 h 25, le 21 juillet 2020

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Commentaires (1)

  • PLONGEON DANS L,INCONNU. TROP D,INCERTITUDES.

    PRET A SOUTENIR L,OLJ QUE JE CONNAISSAIS.

    12 h 25, le 21 juillet 2020

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