Le Premier ministre, Hassane Diab, le 13 juin 2020 au Grand Sérail. Photo d’archives Dalati et Nohra
Le Premier ministre, Hassane Diab, a dressé un sombre constat de la situation du pays lors du Conseil des ministres qui s’est tenu au Grand Sérail hier, appelant la Banque du Liban à assumer la responsabilité de la stabilisation du taux de la livre qui continue de s’effondrer ou d’expliquer les raisons qui l’empêchent de le faire. « Il incombe à la Banque du Liban de déterminer la façon par laquelle l’on devrait faire face à la hausse du cours du dollar », a déclaré le Premier ministre. « Si la BDL n’est pas en mesure de faire face à la crise du taux de change, elle devrait en expliquer les raisons sous-jacentes, pointer du doigt ceux qui l’empêchent d’agir et ceux qui s’immiscent dans son travail », a-t-il ajouté. Il y a plusieurs semaines, les relations entre Hassane Diab et le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, s’étaient gravement détériorées. Des appels à la démission de M. Salamé avaient été formulés par plusieurs formations et responsables politiques, mais cette option a finalement été écartée.
La ministre de l’Information, Manal Abdel Samad, qui s’exprimait à l’issue du Conseil, a en outre indiqué que le ministre des Finances, Ghazi Wazni, est intervenu durant les débats sur le taux de change, « insistant sur l’importance de suivre cette question, à l’ombre de la publication de chiffres imprécis concernant le taux ». Elle a également affirmé, en citant M. Wazni, que « le gouvernement allait lancer vendredi la plate-forme électronique auprès des changeurs ». Ghazi Wazni fait référence à l’application « Sayrafa », qui a vocation à être utilisée par les agents de change de la filière pour enregistrer toutes les transactions effectuées hors du secteur bancaire. Sa mise en service a été annoncée pour le 23 juin (circulaire n° 5) puis décalée au 26 (selon une source proche de la Banque centrale). Il reste, selon plusieurs témoignages concordants, que les agents de change semblent pour l’instant réticents à se plier aux exigences imposées par leur syndicat qui a fixé pour chaque catégorie de transactions un nombre important de documents justificatifs à fournir qu’ils devront eux-mêmes réclamer et vérifier.
Selon les informations de la chaîne LBCI, un débat a eu lieu au sein du Conseil autour du taux de la livre et le contrôle du marché de change. Selon des sources anonymes citées par la chaîne, une réunion du comité de crise en charge de la question du taux de la livre, qui doit se tenir vendredi au ministère des Finances, doit permettre de « discuter de nouvelles propositions car la circulaire actuelle n’a pas donné les effets escomptés », explique la chaîne.
Elle fait référence à une procédure lancée par le syndicat des bureaux de change en coordination avec les autorités au début du mois et reconfirmée le 12 juin à l’issue d’un Conseil des ministres exceptionnel consacré aux moyens de stabiliser la livre sur le marché.


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