Trois volontaires préparant les caisses alimentaires dans le cadre de l’« Opération tartine du matin ». Photo DR
« Certains parents n’arrivent plus à envoyer leurs enfants à l’école, faute de pouvoir leur assurer leur tartine du matin. » Ce constat fait par une assistante sociale dans une école semi-gratuite en début d’année scolaire a bouleversé Lamia Sfeir Darouni et Maya Kanaan, les poussant à réagir en vue d’assurer un repas à ces enfants. Ce fut le point de départ de cette initiative.
L’« Opération tartine du matin » voit le jour en février. Les premiers fonds affluent de la part d’amis et d’inconnus, prompts à aider ces enfants. « Cela nous a permis d’envoyer les premières caisses contenant du thym, du fromage, de la confiture et des biscuits, entre autres, à plus d’une centaine d’enfants répartis sur trois écoles différentes, affirme Lamia Sfeir Darouni. Malheureusement, avec la crise du coronavirus et le confinement qui l’a accompagnée, ces écoles ont fermé leurs portes au mois de mars, alors même que la crise économique frappait de plein fouet le pays. L’initiative a dû s’adapter à cette nouvelle situation afin d’assurer aux familles en difficulté des colis alimentaires complets. »
Les deux femmes ont cherché, de par leur action sociale, à faire « d’une pierre deux coups » en s’approvisionnant auprès de petites épiceries de quartier, ce qui permettait de soutenir ces petits commerces tout en aidant les familles dans le besoin.
De « petites opérations » pour offrir des plaisirs oubliés.
Estimant qu’il ne faut pas seulement se battre pour la survie de ces familles mais aussi pour leur qualité de vie, Lamia Sfeir Darouni et Maya Kanaan décident également d’entreprendre de « petites opérations » pour leur offrir de petits plaisirs supplémentaires. Au mois d’avril, elles lancent l’ « Opération maamouls de Pâques ». Un mois plus tard, ce sont les fruits et les légumes qui se sont ajoutés aux traditionnelles denrées, sucre, lentilles, riz et pâtes... Et il y a deux semaines, l’ « Opération viande et poulet » a permis à ces foyers de retrouver des produits qu’ils avaient bannis de leurs assiettes.
« Tous ces petits gestes n’auraient jamais pu voir le jour sans la générosité extraordinaire des personnes qui donnent sans compter et souvent sans nous connaître, précise Lamia. Malheureusement, les prix des denrées alimentaires ont énormément augmenté depuis trois mois. Tous les jours, nous nous demandons comment faire pour continuer à assurer ces colis et acheter ces produits. Dans d’autres pays, c’est l’État qui se charge de soulager la faim du peuple. Au Liban, c’est la société civile qui le fait. Jusqu’à quand pourra-t-elle tenir le coup ? »
Malgré tout, les deux militantes restent confiantes. Ceux et celles qui voudraient contribuer en espèces ou en aide alimentaire peuvent contacter le 03-252636 ou le 03-241120.


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Bravo mesdames. Bravo et merci aux donateurs.
23 h 39, le 23 juin 2020