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Nos lecteurs ont la parole

Qu’est-ce que le charme ?

Le charme, c’est d’abord un halo que diffusent ceux qui l’irradient et dans lequel, nous qui les regardons, vivons des moments exquis. Remarquons que tout devient merveilleux dans la brume. C’est l’incertitude qui nous charme.

Le charme, c’est, progressivement, des effluves qui nous parviennent, ceux d’un parfum discret. Pas un parfum violent qui va vous monter à la tête. Non ! Le charme est plus homéopathique, il est aussi plus constant. En fait, il n’a pas grand-chose à voir avec la séduction, travail de stratégie flagrant. Le charme, lui, n’obéit à aucune stratégie érotique. Il ne sert à rien. Il est gratuit, ce qui le rend sans prix. C’est un cadeau permanent et calme.

Alors, cette âme « derrière cette chose » « à côté d’elle», « autrement en elle», qui rend attirant : même les physiques les plus ingrats et qui leur sort par tous les pores de la peau sans même qu’ils s’en rendent compte, comment l’acquérir ? Hélas ! Qui veut faire l’ange fait la bête, c’est bien connu, et si le charme n’est pas candide, innocent, transparent, spontané, il se rompt tout de suite.

Le charme passe par une certaine désinvolture vis-à-vis de soi-même, un oubli de son propre « ego », en même temps que par une certaine chaleur qui vous ouvre aux autres. Les êtres qui ont du charme sont immédiatement disponibles et généreux. Ils sont bien dans la vie. Bien dans leur peau. Spontanés. Ils ont un rapport direct et chaleureux. Ils donnent l’impression de s’intéresser à vous. On dit d’eux : « Ils sont adorables. » La bonté a un charme indéfinissable. Citez quelqu’un qui a du charme ? Il ne faut pas aller loin : « Mère Teresa ».

Le charme, ce peut être aussi la drôlerie, la cocasserie, l’ironie, quand on sent qu’elles sont une façon de maquiller le jeu. Le charme, c’est tel homme politique, insupportable quand il est péremptoire et plein de charme quand tout à coup on le sent pris au dépourvu. Le charme, c’est la fêlure qui va provoquer une réaction de tendresse humaine de la part de celui qui la perçoit. C’est ce myope tâtonnant quand il a perdu ses lunettes sur la plage. Le charme contient toujours une notion de fragilité, de vulnérabilité.

Dans le charme, il y a quelque chose de flottant, d’irréel, de charmant, que son travail consiste pourtant à tenter de fixer. Chez la femme, le charme a une telle féminité, tellement intelligente que le charme qu’elle irradie se met aussitôt à pétiller sans provoquer. Quand on sent que la personnalité d’une femme tient à ça et qu’on arrive à mettre cette lumière en évidence, c’est fantastique. Infiniment plus beau que la beauté elle-même.

Inévitable, puisqu’imperceptible comme le frémissement de l’aile d’un papillon, le charme est une arme absolue aux effets parfois redoutables. À compétence, à intelligence, à culture et éducation égales, celui ou celle qui a un charme très subtil gagnera sur celui ou celle qui n’en a pas.

Spontané, tendre, singulier, peut-être même étrange, un peu sorcier parfois, le charme, s’il passe souvent par la réserve et une certaine pudeur, a sa pierre d’achoppement : la voix. Certains acteurs du cinéma et film muet en ont su quelque chose, dont la carrière s’est arrêtée avec le film parlant.

Inventif, surprenant, dépaysant, insolite, captivant, ensorcelant, le charme semble traverser le corps et aller plus loin que lui. Il ne passe jamais par la bêtise, non plus par l’intellect, mais est un rapport d’intelligence à l’autre. Le charme circule à la hauteur du cœur, il est flagrant ou il n’est pas. Le charme ? Une manière de s’entendre répondre « oui » sans avoir posé aucune question claire. Pourquoi les Françaises et particulièrement les Parisiennes ont tant de succès ? C’est à cause de leur charme inné.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Le charme, c’est d’abord un halo que diffusent ceux qui l’irradient et dans lequel, nous qui les regardons, vivons des moments exquis. Remarquons que tout devient merveilleux dans la brume. C’est l’incertitude qui nous charme. Le charme, c’est, progressivement, des effluves qui nous parviennent, ceux d’un parfum discret. Pas un parfum violent qui va vous monter à la tête. Non ! Le charme est plus homéopathique, il est aussi plus constant. En fait, il n’a pas grand-chose à voir avec la séduction, travail de stratégie flagrant. Le charme, lui, n’obéit à aucune stratégie érotique. Il ne sert à rien. Il est gratuit, ce qui le rend sans prix. C’est un cadeau permanent et calme. Alors, cette âme « derrière cette chose » « à côté d’elle», « autrement en elle», qui rend...
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