Jean Raspail. Photo AFP
L’écrivain Jean Raspail, auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont le roman Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, est décédé à quelques jours de son 95e anniversaire, a-t-on appris auprès de son éditeur et de son fils.
Front haut, sourcils en bataille, nez impérieux et moustache rousse, élégant et portant beau, cet aventurier à la forte personnalité ressemblait à un personnage de l’écrivain britannique Rudyard Kipling.
Admiré par les uns, décrié par les autres, l’écrivain se défendait d’être d’extrême droite se définissant comme « royaliste », « homme libre, jamais inféodé à un parti ». Il reconnaissait cependant être bien « ultraréactionnaire », « attaché à l’identité et au terroir » et farouchement opposé au « métissage ».
Auteur de plusieurs dizaines de livres, lauréat du Grand Prix du roman de l’Académie française (en 1981) pour Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie et du prix du Livre Inter (en 1987) pour Qui se souvient des hommes, il restera comme l’auteur du sulfureux roman Le camp des saints, un livre sans cesse réédité depuis sa parution en 1973.
Salué comme un « roman-culte » par mouvance nationaliste, qualifié de « raciste » par les autres, Le camp des saints imagine l’arrivée, une nuit, sur les côtes du sud de la France, de cent navires à bout de souffle chargés d’un million d’immigrants.
Le roman est un des livres de chevet de Steve Bannon, ancien stratège de Donald Trump.
Né en juillet 1925, Jean Raspail a d’abord connu une vie de bourlingueur avant de se consacrer à l’écriture.
Il s’était pris de passion pour la Patagonie, royaume imaginaire dans les terres australes d’Amérique du Sud dont il s’était proclamé « consul général ».
En 2019, à 94 ans, il avait publié deux romans : Les Pikkendorff (Albin Michel) et La Miséricorde (Les Équateurs), bref roman inspiré du terrible crime du curé d’Uruffe, dans les années 1950.
Ce meurtre (un jeune prêtre avait assassiné sa maîtresse, enceinte, puis l’enfant qu’elle portait, non sans l’avoir préalablement baptisé) avait scandalisé la France de l’après-guerre.
Jean Raspail avait laissé cet ultime roman inachevé laissant au lecteur le soin de décider si l’auteur d’un tel crime méritait le salut.
Source : AFP

