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Libye

La France dénonce l'ingérence "inacceptable" de la Turquie

La France dénonce l'ingérence

Des membres des forces de sécurité, affiliées au Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, à un barrage installé dans la localité de Tarhouna, au-sud-est de Tripoli, le 11 juin 2020. Photo d'illustration AFP / Mahmud TURKIA

Paris a durci le ton dimanche contre les ingérences de la Turquie en Libye, en dénonçant un interventionnisme "inacceptable" et en assurant que "la France ne peut pas laisser faire", a indiqué l'Elysée.

La France, qui depuis des mois multiplie les charges contre les ambitions régionales turques, s'est irritée d'une "politique de plus en plus agressive et affirmée de la Turquie, avec sept navires turcs positionnés au large de la Libye et une violation de l'embargo sur les armes". "Les Turcs se comportent de manière inacceptable en instrumentalisant l'OTAN et la France ne peut pas laisser faire", ajoute la présidence française.

Emmanuel Macron s'est déjà entretenu sur ce point avec le président américain Donald Trump cette semaine et "des échanges auront lieu dans les semaines à venir sur ce sujet avec les partenaires de l'OTAN engagés sur place", ajoute l'Elysée.
Le président français avait déjà regretté le silence de l'OTAN, dont la Turquie est membre, envers les offensives militaires turques contre les milices kurdes en Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antiterroriste en Syrie. Il avait alors affirmé en novembre que l'OTAN était en état de "mort cérébrale".

Vendredi, l'Union européenne a demandé l'appui de l'OTAN pour l'aider à faire respecter l'embargo sur les armes en Libye, après avoir été empêchée par l'armée turque d'inspecter un navire suspect.

Alors que les gisements gaziers offshore de la région attisent les convoitises, la Turquie soutient en Libye le Gouvernement d'union libyen (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par les Nations unies. Grâce à son appui, le GNA a infligé des revers cinglants aux forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est soutenu par l'Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie. La France, bien qu'elle s'en défende publiquement, est également soupçonnée d'avoir soutenu le général Haftar. La Turquie a conclu en novembre un accord controversé avec les autorités libyennes pour pouvoir effectuer des recherches d'hydrocarbures en Méditerranée orientale.
Comme de nombreux pays riverains, la Grèce a dénoncé l'accord turco-libyen, qui étend considérablement le plateau continental de la Turquie. Ankara a aussi récemment effectué des forages exploratoires à proximité de Chypre, suscitant les protestations des pays voisins, Chypre, Grèce, Egypte ainsi que de l'Union européenne qui a menacé la Turquie de sanctions.


Paris a durci le ton dimanche contre les ingérences de la Turquie en Libye, en dénonçant un interventionnisme "inacceptable" et en assurant que "la France ne peut pas laisser faire", a indiqué l'Elysée.

La France, qui depuis des mois multiplie les charges contre les ambitions régionales turques, s'est irritée d'une "politique de plus en plus agressive et affirmée de la Turquie,...