Le ministre de la Justice, Adel Nassar, au barreau de Beyrouth, le 17 février 2026. Photo X
Le ministre libanais de la Justice Adel Nassar et le parti Kataëb ont rejeté jeudi l'appel du président américain Donald Trump à la Syrie de « s’occuper du Hezbollah », après avoir affirmé mercredi avoir discuté avec le président syrien Ahmad el-Chareh de la lutte contre le parti pro-iranien au Liban, au lendemain de critiques adressées à Israël, accusé de tuer trop de civils sans atteindre ses objectifs.
Dans une interview à la chaîne CNN, M. Nassar, proche des Kataëb, a estimé que le désarmement de la milice chiite relève de « la responsabilité de l’État libanais, et non de forces étrangères (...) Il ne s’agit pas d’envoyer des forces étrangères pour accomplir cette mission. Le Liban a souffert pendant des années d’ingérences extérieures. Et si le Hezbollah agit aujourd’hui comme un relais de l’Iran, c’est en raison de l’ingérence iranienne dans les affaires internes libanaises. » « La position du Liban est claire : nous appelons à un cessez-le-feu clair, direct et définitif, à un retrait israélien du Liban, et à la fin de l’ingérence iranienne », a-t-il poursuivi.
Dans le même esprit, le parti Kataëb a publié jeudi un communiqué soulignant que le processus de monopole des armes par l’État libanais doit se faire « dans un cadre clair respectant la souveraineté libanaise et renforçant le rôle des institutions légitimes ». Le parti chrétien a également insisté sur le fait que « le Liban travaille à ouvrir un nouveau chapitre dans ses relations avec la Syrie, fondé sur le respect mutuel de la souveraineté, la non-ingérence dans les affaires intérieures et une coopération constructive sur les questions d’intérêt commun ». « Dans cette perspective, la relation libano-syrienne doit être fondée sur un partenariat entre deux États indépendants, et non sur une intervention militaire ou politique de l’un dans les affaires de l’autre », a-t-il ajouté.
Le parti Kataëb a par ailleurs salué la position exprimée par le président Ahmad el-Chareh, qui a rejeté les appels à une intervention militaire en territoire libanais, y voyant le signe d’un « respect de la souveraineté et de l’indépendance du Liban et la base de relations saines entre les deux pays ». Ces déclarations interviennent alors que l’administration américaine s’inquiète de plus en plus de voir les opérations israéliennes au Liban compromettre l’accord conclu avec l'Iran.

