De droite à gauche, Éléonore Caroit, ministre déléguée française chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, le président de la République Joseph Aoun, Mariam al-Misnad, ministre d'État du Qatar chargée de la Coopération internationale et Jenny Chapman, ministre d'État britannique chargée du Développement international, lord d'une réunion au palais de Baabda, près de Beyrouth, le 18 juin 2026. Photo ANI
La ministre britannique du Développement international, Jenny Chapman, a appelé jeudi Israël à se retirer du sud du Liban, afin que les plus d'un million de déplacés de force puissent rentrer sur leurs terres, alors que Tel-Aviv a réaffirmé ce jeudi son intention de rester dans la zone d'occupation qui s'étend plus de 600 km² de territoire libanais.
« Israël doit absolument se retirer du sud du Liban. Nous savons que les déplacements de population, où qu'ils se produisent dans le monde, entraînent d'énormes bouleversements », a-t-elle déclaré à Reuters à l'issue d'une visite dans une école où des familles déplacées avaient trouvé refuge. « C'est pourquoi nous voulons mettre en place les conditions nécessaires pour que ces personnes puissent rentrer chez elles en toute sécurité, en toute confiance, et avec la certitude de pouvoir y rester à long terme. »
La ministre britannique est actuellement en déplacement au Liban au sein d'une délégation conjointe avec la France, représentée par la ministre déléguée française chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, Éléonore Caroit, et le Qatar, représenté par Mariam al-Misnad, ministre d'État du Qatar chargée de la Coopération internationale. Les trois envoyées ont ainsi rencontré, avec les ambassadeurs respectifs des trois pays à Beyrouth, le président de la République Joseph Aoun au palais de Baabda, puis le président du Parlement Nabih Berry, à Aïn el-Tiné.
Lors de leur entretien avec le chef de l'État, les trois ministres ont notamment réaffirmé la volonté de leurs gouvernements respectifs de « maintenir un soutien efficace » au Liban, en particulier « pour répondre aux besoins humanitaires et soutenir l’armée libanaise, tout en veillant à ce que cette assistance s’inscrive dans la durée et transite par les institutions de l’État ».
La ministre qatarie, Mariam al-Misnad, a ainsi souligné que cette visite avait pour objectif d’adresser « un message diplomatique affirmant que nous sommes tous aux côtés du peuple et du gouvernement libanais dans ces circonstances difficiles » que traverse le pays. Mme Caroit, a de son côté indiqué que cette visite permettrait à la délégation « d’identifier directement les domaines dans lesquels le gouvernement libanais estime nécessaire et opportun » de recevoir cette aide, tout en mentionnant qu'un nouveau « paquet d’aides approuvé par l’Union européenne (UE) » était en cours de préparation. « Nous voulions également mettre en lumière les problématiques humanitaires liées au déplacement de nombreuses personnes ayant dû quitter leur domicile », a-t-elle ajouté, se disant prête à fournir « une aide dans tout domaine dont le Liban aurait besoin ».
Pour sa part, le président Aoun a insisté sur le fait que « la stabilité et la sécurité du Liban sont essentielles non seulement pour la région, mais aussi pour l’Europe ». « Le Liban n’a pas besoin d’aides, mais d’investissements », a-t-il ajouté, jugeant « crucial » l'appui de Paris, Doha et Londres « tant sur le plan humanitaire que dans la poursuite de l’appui à l’armée et aux forces de sécurité », et les remerciant pour leur soutien de longue date au pays du Cèdre.
Outre le bilan humain du conflit, qui s'élève à au moins 3 912 tués et 11 873 blessés par les bombardements israéliens, le chef de l'État a évoqué l'étendue des dégâts matériels dans le sud du pays, indiquant que « près de 68 000 bâtiments résidentiels ont été totalement détruits » ou encore que ces dégâts touchent « environ 18 % du territoire libanais », soit quelque « 277 villes et villages frappés ou entièrement rasés ». Selon lui, ces chiffres démontrent que les dommages n’ont pas concerné uniquement des objectifs militaires, mais aussi « des habitations, des infrastructures routières, des réseaux électriques, des installations d’approvisionnement en eau, ainsi que des écoles et des établissements de santé ». « Ces destructions compliquent le retour d’une grande partie des habitants dans leurs localités d’origine avant le lancement effectif de la reconstruction », a-t-il souligné.
Le chef de l'État a enfin rappelé que « les réformes économiques, financières, administratives et judiciaires » sont une condition essentielle au « redressement du pays » et constituent « une exigence libanaise fondamentale avant d’être une demande des pays amis », tout en reconnaissant que la guerre en cours avait « ralenti leur mise en œuvre ». « Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est reconstruire la confiance de la communauté internationale envers le Liban, tout en rétablissant celle des Libanais envers leur État », a-t-il conclu.

