Liban Pop

Daniella Rahmé, étoile montante du petit écran

À l’affiche du feuilleton « Awlad Adam » diffusé durant le mois de ramadan, la jeune Libano-Australienne vit enfin de sa passion première après des années d’attente. « Quelque chose à l’intérieur de moi hurlait », confie-t-elle à « L’Orient-Le Jour ».

L’actrice Daniella Rahmé a été sacrée phénomène de l’année, lors de la cérémonie des Murex d’or en 2018. Photo DR

Daniella Rahmé a fait du chemin depuis son retour d’Australie, il y a plus de dix ans. Fille d’émigrés libanais à Sydney, rentrée au bercail en 2010, elle est aujourd’hui l’étoile montante de la télévision où elle enchaîne les succès dans de nombreux feuilletons arabes en tant qu’actrice. Après un premier rôle dans la série Beirut City, c’est dans le drame policier Tango qu’elle a surtout retenu l’attention en 2018, avec une performance saluée par la critique et le public.

Ce n’est pourtant pas une carrière d’actrice que la belle brune avait envisagée au Liban, où elle a d’abord décroché le titre de Miss Émigrants, avant de devenir présentatrice de télévision. « En fait, j’ai toujours voulu devenir actrice, confie-t-elle à L’Orient-Le Jour. Quand j’étais à l’école, en Australie, je prenais des cours de théâtre et j’étais l’une des meilleures en classe. J’ai même pensé poursuivre mes études universitaires dans ce domaine. Mais deux mois avant la fin de l’année scolaire, mes excellentes notes en histoire et en anglais m’en ont dissuadée. J’ai opté pour une carrière plus sûre, dans le journalisme et la communication, des études que j’ai entamées à Sydney et poursuivies à Beyrouth. »


Pendant plus de cinq ans, toutefois, Daniella se sent triste. Elle rêve de tournage et de rôles complexes. « Quelque chose à l’intérieur de moi hurlait. C’était ma passion qui m’appelait et j’ai finalement répondu présent à cet appel », se réjouit-elle. Aujourd’hui, l’artiste estime qu’il faut toujours suivre sa passion, même si elle assure ne pas regretter son expérience de présentatrice télé qui l’a aidée à « gagner en confiance » et à « surmonter l’obstacle de la langue arabe », elle qui débarquait à Beyrouth avec un accent australien des plus marqués.

2020 : « Les enfants d’Adam »

Plus récemment, c’est dans le feuilleton Awlad Adam, diffusé durant le mois de ramadan, que Daniella Rahmé a marqué les esprits. Aux côtés de Maguy Bou Ghosn, Maxime Khalil et Qays Cheikh Najib, elle a incarné le rôle de Maya, une danseuse orientale qui tombe amoureuse d’un pickpocket, sous l’œil avisé du réalisateur syrien Ellayth Hajjo. « Une semaine après la fin du ramadan, les échos de la série résonnent toujours, s’étonne Daniella. C’est la série qui a eu le plus de succès pour moi depuis Tango, et même davantage. Le public a aimé à la fois l’histoire et les personnages. Il a surtout apprécié celui de Maya, parce qu’il a senti que je me suis libérée et que j’ai changé de peau. Les gens ont pu oublier que je suis australienne, une étiquette qui me collait à la peau. » Et d’ajouter : « C’est là que résidait le véritable défi pour moi, car Maya n’est pas une douce. C’est une fille de rue, un peu vaurienne, un peu vulgaire dans son langage parlé, et il fallait que j’incarne ce personnage sans être artificielle. J’ai travaillé dur avec mon coach pour que le personnage passe à l’écran de manière authentique et naturelle. Nous avons surtout travaillé à libérer mon corps, à le livrer au personnage. » « Il ne s’agissait pas de m’entraîner à la danse orientale ; l’important était de me laisser aller pour devenir une autre », poursuit la gagnante de la deuxième saison de Danse avec les Stars, en 2014.


S’expliquant sur son rôle de performeuse de cabaret, Daniella rappelle que le vrai message derrière la série est que toute personne commet des erreurs, qu’aucun humain n’est à l’abri du péché. « C’est qu’il ne faut pas juger les gens, ni avoir de préjugés, dit-elle. Qui aurait dit qu’une danseuse de cabaret ferait face au monde entier pour sauver sa sœur emprisonnée, qu’elle tomberait amoureuse aussi éperdument, et qu’elle voudrait même avoir un enfant ? Dans Awlad Adam, même le personnage haï de Ghassan, le psychopathe démoniaque, a ses raisons pour agir de la sorte et on peut trouver plus d’une justification pour comprendre ses réactions. »

Entre Sydney et Beyrouth

Produite par Eagle Films, la série marque la quatrième collaboration de l’actrice avec cette boîte, tout en affirmant être « pour la liberté de l’acteur ». « Un acteur doit pouvoir travailler avec tout le monde, dit-elle, mais je me sens vraiment confortable avec Eagle Films ; c’est devenu ma famille. Jusque-là, j’ai apprécié tous les projets qu’on m’a proposés et nous préparons ensemble de nouvelles séries. »

À la question de savoir si elle pourrait exporter sa carrière d’actrice en Australie pour tourner des films en anglais, Daniella assure avoir reçu plusieurs propositions de scénarios, mais qu’aucune jusqu’ici n’a retenu son attention. « Je suis prête à faire des auditions et je pense que cela serait même plus facile pour moi de jouer en anglais, dit-elle. Parfois, je me vois obligée d’interrompre une scène, car l’obstacle de la langue arabe me fait perdre le sentiment du personnage et cela est frustrant ! »

Toutefois, elle assure ne pas être pressée de retourner en Australie. « Ce pays me manque énormément et j’essaie de voir mes parents au moins une fois par an, raconte-t-elle. Quand je suis à Sydney, je suis heureuse de retrouver cette Daniella d’avant, avant d’être célèbre, la fille simple de mon enfance et de mon adolescence. Mais je ne peux pas nier que le Liban m’a beaucoup donné et je ne regrette pas une seconde mon retour. » « Quand j’ai dit à mon père que je voulais venir au Liban pour participer à Miss Émigrants, cela faisait des années que je n’y étais pas venue, se rappelle Daniella Rahmé. Je suis immédiatement tombée sous le charme des Libanais, de leur énergie positive, de leur amour de la vie. Ici, loin de mes proches, j’ai grandi en maturité, je me suis accomplie. » Et d’ajouter, de son accent australien claironnant : « Au final, le Liban a été mon porte-bonheur, my lucky charm ! »


Daniella Rahmé a fait du chemin depuis son retour d’Australie, il y a plus de dix ans. Fille d’émigrés libanais à Sydney, rentrée au bercail en 2010, elle est aujourd’hui l’étoile montante de la télévision où elle enchaîne les succès dans de nombreux feuilletons arabes en tant qu’actrice. Après un premier rôle dans la série Beirut City, c’est dans le drame policier...

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