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Au Liban, des étudiants actifs, engagés et optimistes malgré tout !

Certains étudiants ne perdent pas de vue leurs objectifs et ne baissent pas les bras en cette période d’incertitudes et de changements.

Légende: De gauche à droite, de haut en bas : Verena el-Amil, Léa Bou Frem, Carine Saba Rim Bachat, Tarek Bou Omar et Mohammad-Jad Moussa.

Parce que le confinement ne rime pas toujours avec découragement, nombreux sont les jeunes qui, à travers le Liban, sont déterminés à tirer le meilleur de ces mois passés loin de leur campus et de leurs amis. Bien que leurs quotidien ne soit plus rythmé par des cours en présentiel, des sorties régulières et diverses activités, les étudiants trouvent de quoi s’occuper pendant leur isolement et n’hésitent pas à se lancer des défis. Rattraper leur retard dans des matières, faire quotidiennement du sport, développer leurs compétences… Depuis la fermeture des universités, pour cause de coronavirus, ils ont choisi de profiter judicieusement de leur journées passées le plus souvent entre quatre murs.

Étudier autrement

Passer des cours en présentiel aux cours en ligne peut avoir du positif pour les étudiants dont la formation est longue et stressante. C’est le cas des étudiants de médecine. « Ce confinement m’a permis de pouvoir reprendre mon souffle puisque j’avais des journées plutôt éreintantes. Bien qu’il ait des inconvénients, l’apprentissage en ligne a plusieurs avantages : il nous a permis, à nous étudiants de médecine, de pouvoir suivre les cours chacun à son rythme et en se débarrassant du stress lié à la prise de notes. De même, nous dépensons moins d’énergie qu’en présentiel pour nous concentrer, et nous avons la possibilité de visionner à plusieurs reprises les vidéos », explique Mohammad-Jad Moussa, en 5e année de médecine à l’Université Saint-Joseph (USJ). Le jeune homme de 21 ans profite du temps passé chez lui pour consulter des ressources médicales sur internet afin d’optimiser son apprentissage, mais pas seulement. « Pendant ces mois passés en confinement, j’ai pu me sentir libre d’organiser mes journées, capable de gérer le stress engendré par mes études et motivé pour apprendre en autodidacte. J’ai le temps de lire, de partager des moments avec ma famille, de flâner dans notre jardin à la campagne et de faire du sport en plein air, tout en respectant les consignes de distanciation », résume-t-il.

Développer ses compétences

« Maintenant que l’apprentissage se fait en ligne, je peux enfin assister à mes cours de littérature, ce qui n’était pas possible pour moi lorsqu’ils étaient en présentiel puisqu’ils se chevauchaient avec mes cours d’ingénierie », se réjouit Tarek Bou Omar, inscrit en 5e année de génie électrique et en 3e année de lettres françaises à l’Université libanaise (UL). Si l’étudiant a choisi, au début du confinement, de prendre une pause après avoir présenté des examens et divers projets, ce passionné d’écriture a très vite trouvé de quoi occuper entièrement ses journées. « Au quotidien, en plus de rédiger mon mémoire d’ingénierie, j’écris beaucoup. Je participe à un atelier d’écriture dont les séances se déroulent en ligne. Je corrige des nouvelles que je souhaite soumettre à des concours d’écriture, je finis de développer un premier recueil de nouvelles et je prends le temps de réfléchir à un premier roman. Je note également mes pensées intimes, ce qui m’aide à organiser mes idées et à mieux supporter cette période de confinement », raconte l’étudiant de 23 ans dont certains textes, soumis à des concours, ont été primés.

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Léa Bou Frem, en 4e année de pédagogie à l’Université Sainte Famille, a profité du confinement pour acquérir de nouvelles connaissances concernant sa pratique de l’éducation. « Mes journées ont été organisées en fonction des cours que je suis en ligne et ceux que je donne à mes élèves. Comme j’ai le souci de développer mes compétences et de m’initier à de nouvelles méthodes de travail, j’ai passé beaucoup de temps à consulter des sites éducatifs dont les ressources peuvent être exploitées auprès de mes apprenants afin de rendre leur enseignement à distance ludique et motivant », raconte l’éducatrice de jeunes enfants. De même, l’étudiante de 22 ans a souhaité profiter des formations dispensées gratuitement en ligne par des établissements d’enseignement supérieur comme l’Université d’Oxford afin de se former davantage à l’enseignement en ligne et d’aider ses élèves à tirer profit des cours à distance.

Poursuivre son engagement

Même s’ils sont confinés, nombreux sont les jeunes qui demeurent engagés et tentent d’apporter leur contribution pour permettre à ceux qui vivent dans la précarité de trouver une aide dans cette situation d’urgence. Alors qu’elle passe beaucoup plus de temps en famille depuis le début du confinement, Rim Bachat pense beaucoup à ceux qui n’ont pas autant de chance qu’elle. Cette étudiante en première année de psychologie à l’UL est plus que jamais sensible aux malheurs des autres. « La foi aide à ne pas baisser les bras face à toute la misère que nous voyons au quotidien. J’essaie d’être une personne qui dessine un sourire sur les visages et dans les cœurs des gens. Comme beaucoup de mes concitoyens souffrent de la situation économique désastreuse, je tente d’aider les plus démunis, depuis le début de la pandémie, en offrant nourriture et vêtements », explique la jeune femme de 23 ans. Au quotidien, Rim essaie aussi de rester en contact, grâce aux réseaux sociaux, avec des amis qui ont une influence positive sur sa vie.

Poursuivre son engagement social et citoyen en restant à la maison, c’est possible. Verena el-Amil, étudiante en master de droit des affaires à l’USJ et journaliste en freelance, le prouve au quotidien. « En tant que présidente du club laïque de l’USJ, j’ai travaillé sur l’organisation de conférences hebdomadaires en ligne en faisant appel à des spécialistes qui ont parlé, par exemple, de la protection des droits civiques durant la pandémie, de la crise économique et du plan du gouvernement. De même, par le biais du réseau Mada, les clubs laïques de l’USJ et de l’AUB ont pu initier une campagne baptisée Ketfe b Ketfak qui vise à distribuer des ressources alimentaires à des familles dans le besoin. Nous œuvrons dans le but d’aider la population et de prouver que l’unité et la solidarité du peuple libanais continuent à se manifester pendant la pandémie », explique la jeune femme de 23 ans. Celle-ci a pu réaliser, ces dernières semaines, qu’il est possible de tirer du positif de n’importe quelle situation.

Prendre soin de son corps

« Au début du confinement, j’avais du mal à organiser mon quotidien. Je me réveillais tard, épuisée, je ne faisais pas grand-chose de mes journées et cela a eu un impact néfaste sur mon moral. Mal dans ma peau, j’ai décidé de changer radicalement ma manière d’être, en commençant d’abord par avoir une alimentation équilibrée. Mes mauvaises habitudes alimentaires avaient entraîné chez moi une prise de poids, et j’ai donc décidé de suivre certains conseils en matière de nutrition et de faire attention à ma ligne. En parallèle, j’ai commencé à faire du sport régulièrement », confie, pour sa part, Carine Saba, 21 ans. L’étudiante inscrite en 3e année de littérature française à l’UL s’est focalisée sur son objectif principal : être en pleine forme grâce à l’activité physique et à une alimentation saine. Ses efforts se sont montrés bénéfiques et la jeune femme a pu poursuivre ses études bien plus motivée que par le passé, et s’est même plongée dans la lecture des grands classiques de la littérature.

Garder son optimisme

Pour garder le moral durant cette période particulièrement anxiogène, les étudiants pensent qu’il est primordial de s’occuper. De même, ils estiment que s’entourer de sa famille, garder le lien avec ses amis et même aider les autres leur permet d’être plus résistants et plus épanouis. « Il est normal de se sentir anxieux, déprimé ou même dévasté durant ce confinement, et il ne faut pas chercher à camoufler cela. Pour ma part, j’essaie toujours de maintenir le dialogue avec mes amis et de consolider leur confiance en moi. Nos vulnérabilités ne doivent pas nous faire perdre de vue nos objectifs et les buts que nous cherchons à atteindre », note Mohammad-Jad Moussa.

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« Le sentiment d’avoir réussi à créer un changement positif autour de moi, au niveau culturel ou social, me donne une satisfaction personnelle, de l’espoir et surtout de la force. De plus, voir que des gens sont découragés me pousse à vouloir répandre des ondes positives pour les aider, et du coup, à rester optimiste », ajoute Verena el-Amil.

« Il ne faut pas oublier que nous ne pourrons pas toujours disposer de temps libre, il faut donc bien en profiter, pas seulement en se consacrant à l’apprentissage et au travail mais aussi en pensant plus à ce qu’on veut dans la vie. Pourquoi ne pas se concentrer sur ses passions et faire les choses qu’on aime et qu’on avait abandonnées faute de temps ? Cela nous permettrait de sortir de la routine et par conséquent de revenir plus motivés encore aux études », remarque Tarek Bou Omar.

« Utilisez intelligemment le temps dont vous disposez, soyez productifs, restez optimistes et visez haut pour pouvoir atteindre vos objectifs. C’est le bon moment pour le faire », conseille enfin Léa Bou Frem aux étudiants dont le moral est au plus bas.




Parce que le confinement ne rime pas toujours avec découragement, nombreux sont les jeunes qui, à travers le Liban, sont déterminés à tirer le meilleur de ces mois passés loin de leur campus et de leurs amis. Bien que leurs quotidien ne soit plus rythmé par des cours en présentiel, des sorties régulières et diverses activités, les étudiants trouvent de quoi s’occuper pendant...

commentaires (1)

C'est super que l'OLJ ouvre ses pages à des papiers sur les jeunes: étudiants ici, interprètes dans la page "culture". Vive la jeunesse, l'avenir de ce pays.

Marionet

10 h 05, le 23 mai 2020

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Commentaires (1)

  • C'est super que l'OLJ ouvre ses pages à des papiers sur les jeunes: étudiants ici, interprètes dans la page "culture". Vive la jeunesse, l'avenir de ce pays.

    Marionet

    10 h 05, le 23 mai 2020