Justice

Taux de change dollar/livre : Mazen Hamdane devrait être rapidement libéré sous caution

Les changeurs agréés sont officiellement en grève depuis le 23 avril. Photo P.H.B.

Le premier juge d’instruction de Beyrouth, Charbel Abou Samra, a fixé hier à 300 millions de livres libanaises le montant de la caution pour la demande de libération de Mazen Hamdane, le directeur des opérations monétaires de la Banque du Liban (BDL), a rapporté l’agence nationale d’information (ANI, officielle). Ce dernier avait été arrêté la semaine dernière à la demande du procureur financier, le juge Ali Ibrahim, avant d’être inculpé lundi pour manipulation de la monnaie nationale et atteinte à la stabilité de la livre libanaise, via des achats directs de dollars auprès des agents de change. Si le juge d’instruction a déjà accepté la demande de libération sous caution, il devra encore recueillir l’avis du procureur financier avant de statuer définitivement en infirmant ou confirmant sa décision initiale, ce qui pourrait être fait aujourd’hui. Toujours selon l’ANI, le juge d’instruction a également décidé de relâcher, contre le versement d’une caution de 100 millions de livres, Wissam S., un agent de change lui aussi visé par un mandat d’arrêt. La BDL avait, elle, rapidement réagi à l’arrestation de Mazen Hamdane en niant le lendemain « toute manipulation du marché de change » à travers ses opérations et en publiant certains chiffres concernant la quantité de dollars qu’elle avait fait circuler sur la période allant du 8 avril dernier au 5 mai (12 705 000 dollars vendus, pour 11 300 000 dollars achetés aux changeurs, sans précision toutefois sur les taux pratiqués).

Arrestation d’Élias Srour
Le Liban traverse une grave crise économique et financière, qui s’est notamment accompagnée par une dépréciation progressive de la livre chez les agents de change du pays, illégaux ou agréés. L’affaire a changé de dimension après la publication le 28 avril d’une circulaire de la Banque du Liban (n° 553) plafonnant à 3 200 livres pour un dollar le taux de change maximum pouvant être pratiqué sur le marché secondaire, jusqu’ici habitué à suivre le taux du marché noir qui a successivement passé la barre des 3 000 puis des 4 000 entre avril et mai. La parité officielle est, elle, toujours de 1 507,5 livres pour un dollar, mais ne s’applique qu’à certaines transactions bancaires. Le taux de 3 200 livres est en outre celui actuellement appliqué par les sociétés de transfert d’argent qui sont obligées de payer les montants envoyés à leurs clients au Liban en livres libanaises, peu importe la devise dans laquelle ils ont été initialement effectués.

Peu actives sur ce dossier jusqu’alors, les autorités du pays sont sorties de leur torpeur après l’entrée en vigueur de la circulaire plafonnant le taux de change en arrêtant dans les jours qui ont suivi des dizaines de changeurs – illégaux et agréés – qui ne respectaient pas le seuil fixé ou refusaient de vendre leurs dollars à ce prix. L’affaire a ensuite changé de dimension avec l’arrestation il y a environ deux semaines du président du syndicat des agents de change, Mahmoud Mrad, à la demande du procureur financier. Jeudi dernier, c’était au tour de Mazen Hamdane d’être arrêté, peu de temps après que le juge Ali Ibrahim a auditionné deux importants agents, Michel et Ramez Mecattaf – qui ont un lien de parenté mais dirigent deux importantes sociétés de change indépendantes l’une de l’autre –, dans le sillage de l’arrestation de Mahmoud Mrad. Enfin mardi soir, le vice-président du syndicat des changeurs, Élias Srour, a lui aussi été arrêté dans la banlieue de Beyrouth en même temps que plusieurs autres agents de change, selon une source proche du dossier, qui n’a pas précisé si ces derniers étaient agréés ou illégaux.

Il reste que cette effervescence judiciaire n’a pour l’instant eu aucun impact significatif sur l’évolution du taux du marché noir, qui semblait fixé hier entre 4 100 et 4 200 livres après un début de semaine plus flou en termes de visibilité (la fourchette de prix accessible était plus large et tournait autour de 4 000 livres). Plusieurs sources habituellement consultées par L’Orient-Le Jour n’étaient pas en mesure de fournir un taux hier, tandis que l’exécutif a interdit fin avril plusieurs applications qui relayaient le taux de change en vigueur sur le marché noir, estimant qu’elles encourageaient la spéculation. Les changeurs agréés sont, eux, toujours officiellement en grève depuis le 23 avril.

L’armée avait annoncé samedi avoir procédé à l’arrestation au Liban de 16 personnes, dont 13 ressortissants syriens, pour leur implication dans un réseau d’opérations de change et de transfert de fonds illégaux vers la Syrie.


Le premier juge d’instruction de Beyrouth, Charbel Abou Samra, a fixé hier à 300 millions de livres libanaises le montant de la caution pour la demande de libération de Mazen Hamdane, le directeur des opérations monétaires de la Banque du Liban (BDL), a rapporté l’agence nationale d’information (ANI, officielle). Ce dernier avait été arrêté la semaine dernière à la demande...

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Libéré... délivré... en mode Reine des Neiges...

Sybille S. Hneine

19 h 27, le 21 mai 2020

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Commentaires (1)

  • Libéré... délivré... en mode Reine des Neiges...

    Sybille S. Hneine

    19 h 27, le 21 mai 2020