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Société - Enseignement

Tollé après les propositions de Majzoub concernant l’année scolaire et le bac

L’arrêt prématuré de l’année scolaire inquiète les établissements privés qui craignent un refus de la part des parents d’élèves de payer le restant des écolages, ce qui mettrait en danger le versement des salaires aux enseignants.

L’année scolaire pourrait prendre fin d’ici à la fin du mois et le reste des cours sera assuré à distance d’ici là. Photo DR

Les établissements scolaires ont été pris de court dimanche soir par l’annonce du ministre de l’Éducation Tarek Majzoub, qui a fait part de son intention de proposer l’arrêt de l’année scolaire à la fin mai ainsi que l’annulation des épreuves du baccalauréat libanais. Des décisions qui mettent déjà certains directeurs d’établissements dans l’embarras, que ce soit au niveau pédagogique ou concernant les frais de scolarité que certains parents d’élèves refusent de payer, au motif que l’année scolaire a été malmenée, d’abord par le soulèvement populaire puis par le confinement lié au coronavirus.

« Je vais proposer d’annuler la session 2020 du baccalauréat, conformément à une réglementation spécifique qui sera discutée en Conseil des ministres », a déclaré M. Majzoub, alors qu’il avait déjà annulé les épreuves du brevet il y a quelques jours, en raison de la pandémie du coronavirus. « Tous les écoliers pourront passer en classe supérieure », a-t-il également annoncé, soulignant la nécessité de rattraper durant la prochaine année scolaire toutes les notions que les élèves n’ont pas pu acquérir cette année. M. Majzoub va aussi proposer que l’année scolaire et universitaire se poursuive à distance, donc en ligne, jusqu’à fin mai.

« Pour les universités, un mécanisme spécial pour l’enseignement à distance » sera présenté, a-t-il également précisé. Le ministre de l’Éducation a pris ces décisions après avoir demandé conseil à la commission ministérielle chargée du suivi de la pandémie.

« Votre santé est une priorité (...). Les diplômes ne sont pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle période de la vie de nos chers étudiants ou une étape sur la route de la réussite », a-t-il écrit hier sur son compte Twitter, en réponse aux nombreuses critiques qui ont suivi son annonce.

Si les décisions évoquées par M. Majzoub doivent encore être avalisées en Conseil des ministres, il semblerait qu’elles soient en bonne voie d’être adoptées, ce qui n’est pas forcément du goût de certains établissements scolaires.

Le père Boutros Azar, secrétaire général des écoles catholiques au Liban, est monté au créneau hier et a critiqué la « décision surprise » du ministère de l’Éducation. « M. Majzoub ne s’est pas concerté avec les écoles ou avec le syndicat des enseignants avant de prendre des décisions qui concernent l’intérêt et la sécurité des élèves », a affirmé le père Azar dans un communiqué. Les écoles catholiques devaient se réunir hier pour décider des mesures à prendre à la suite des annonces du ministre.

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« Je trouve que cette fermeture est négative aux niveaux pédagogique et financier, vu qu’il y a d’énormes impayés, indique pour sa part Fawzi Makhoul, directeur du collège Melkart, à L’Orient-Le Jour. La reprise va sans doute être difficile pour les parents et les élèves. Il fallait encore travailler pendant au moins un mois et demi, pour consolider les apprentissages », souligne M. Makhoul. « L’annulation du bac est un moindre mal car les élèves vont entrer dans l’enseignement supérieur qui fonctionne selon ses propres modalités, mais le problème se pose pour les autres classes », ajoute-t-il.

L’ancien ministre de l’Éducation Akram Chehayeb a pour sa part critiqué la possible annulation des épreuves du bac. « Pourquoi tant de hâte pour annuler les examens officiels ? Ne vaut-il pas mieux poursuivre les programmes en septembre et en octobre et organiser les examens ensuite, afin de préserver le niveau des diplômes officiels ? » s’est interrogé M. Chehayeb sur Twitter.

Si cette annulation est confirmée, reste à savoir quelles seront les modalités adoptées pour le passage des bacheliers en première année de licence. « Il y aura une possibilité de prendre en compte les notes de chaque élève lors des trois années du cycle secondaire », indique à L’OLJ Maya Geara, conseillère juridique de l’Union des parents d’élèves et des comités de parents dans les écoles privées du Liban.

Répercussions économiques

Hormis les défis pédagogiques auxquels écoles et universités pourraient être confrontées à la rentrée prochaine, Rodolphe Abboud, président du syndicat des enseignants du privé, estime que « le grand problème qui se pose concerne les salaires des enseignants ».

« Les parents vont sûrement refuser de régler les frais de scolarité et nous sommes face au danger de voir certaines écoles mettre la clé sous la porte. Environ 200 établissements ont complètement arrêté de payer les professeurs depuis quelques mois. S’il n’y a pas de solution prochaine, nous allons recourir à la rue », met-il en garde.

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Lama Tawil, présidente de l’Union des parents d’élèves et des comités de parents dans les écoles privées du Liban, souligne de son côté que « les établissements privés pariaient sur le fait de ramener les enfants pour quelques jours à l’école afin de justifier le paiement des frais de scolarité ». « Avec l’arrêt de l’année scolaire fin mai, nous paierons conformément aux cours qui ont été dispensés aux élèves », assure-t-elle.

Face à ce litige financier qui semble être sans issue, un directeur d’école dans la banlieue de Beyrouth estime que la fin hâtée de l’année scolaire pourrait permettre aux autorités d’éviter la poursuite du clash entre les établissements scolaires et les parents d’élèves. « Il s’agit d’une décision politique, car rien n’empêche que les écoles reprennent fin mai. Ils en font plus qu’il n’en faut car ils ont peur des répercussions économiques de la réouverture des écoles, analyse ce directeur, sous le couvert de l’anonymat. Si les parents se trouvent obligés de payer l’intégralité des écolages alors qu’ils n’en ont plus les moyens, ils organiseront sûrement des manifestations. C’est ce que les autorités veulent éviter », ajoute-t-il.


Les établissements scolaires ont été pris de court dimanche soir par l’annonce du ministre de l’Éducation Tarek Majzoub, qui a fait part de son intention de proposer l’arrêt de l’année scolaire à la fin mai ainsi que l’annulation des épreuves du baccalauréat libanais. Des décisions qui mettent déjà certains directeurs d’établissements dans l’embarras, que ce soit au...

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Chacun voit midi à sa porte. Malheureusement l’enjeu est de taille. Le fait même de décider unilatéralement de garder les portes des écoles fermées sans concertation avec les responsables concernés et l’annulation des diplômes pour cette année n’est pas digne d’un pays démocratique et nous rappelle d’autres régimes qui ont opinion sur tous les secteurs sensibles d’un pays, aussi bien économique qu’éducatif qui représentent le rythme cardiaque d’un pays et exigent le confinement forcé des étudiants pour empêcher tout rassemblement qui viendrait perturbé leurs projets de destruction en marche. Certains ne voient que les frais de scolarité qui de toute façon seraient exigés pour la continuité de ces établissements puisque l’état est fauché et ne demande qu’une chose l’effondrement du système éducatif en même que celui des finances et de l’économie. La boucle sera bouclée et les plans seront exécutés selon le,programme annoncé.

Sissi zayyat

13 h 50, le 19 mai 2020

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Commentaires (1)

  • Chacun voit midi à sa porte. Malheureusement l’enjeu est de taille. Le fait même de décider unilatéralement de garder les portes des écoles fermées sans concertation avec les responsables concernés et l’annulation des diplômes pour cette année n’est pas digne d’un pays démocratique et nous rappelle d’autres régimes qui ont opinion sur tous les secteurs sensibles d’un pays, aussi bien économique qu’éducatif qui représentent le rythme cardiaque d’un pays et exigent le confinement forcé des étudiants pour empêcher tout rassemblement qui viendrait perturbé leurs projets de destruction en marche. Certains ne voient que les frais de scolarité qui de toute façon seraient exigés pour la continuité de ces établissements puisque l’état est fauché et ne demande qu’une chose l’effondrement du système éducatif en même que celui des finances et de l’économie. La boucle sera bouclée et les plans seront exécutés selon le,programme annoncé.

    Sissi zayyat

    13 h 50, le 19 mai 2020

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