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Moyen-Orient - Iran

Washington envisage « toutes les options » pour renouveler l’embargo sur les armes

Le président iranien Hassan Rohani a appelé hier les États-Unis à cesser de « comploter » contre la République islamique. AFP Photo/HO/Iranian Presidency

Les États-Unis envisagent « toutes les options » pour obtenir une prolongation de l’embargo sur les ventes d’armes conventionnelles à l’Iran qui expire en octobre, et sont même prêts à invoquer l’accord sur le nucléaire qu’ils ont pourtant abandonné, a déclaré hier le secrétaire d’État américain. « Nous demandons à nos partenaires du E3 (France, Allemagne et Royaume-Uni) de prendre les mesures qu’ils peuvent prendre. Nous allons travailler avec le Conseil de sécurité de l’ONU pour prolonger l’interdiction sur les ventes d’armes », a affirmé Mike Pompeo lors d’une conférence de presse à Washington. « Si nous n’arrivons pas à faire en sorte que les autres agissent, les États-Unis envisagent toutes les options pour y parvenir », a-t-il ajouté.

Cet embargo est inscrit dans une résolution de 2015 du Conseil de sécurité entérinant l’accord conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique. Mais cet accord vacille depuis que le président des États-Unis Donald Trump l’a unilatéralement dénoncé en 2018, jugeant qu’il était trop laxiste, et a rétabli et même renforcé les sanctions américaines contre l’Iran – qui a, en retour, commencé à se désengager progressivement de ses promesses nucléaires.

Du coup, tout renouvellement de l’embargo risque de se heurter à un veto de la Russie et de la Chine, qui n’ont jamais digéré le départ américain de l’accord.

« Les échecs de l’accord nucléaire iranien sont légion. L’un d’eux est devant nous, dans seulement quelques mois, quand la Chine, la Russie et d’autres pays à travers le monde pourront tous vendre des systèmes d’armes conventionnelles d’envergure aux Iraniens », a protesté Mike Pompeo.

Ironie de l’histoire, les États-Unis, pour contourner l’opposition russe et chinoise, envisagent d’invoquer, en dernier ressort, ce même accord nucléaire qu’ils conspuent. Juridiquement, si un État partie prenante à l’accord atteste d’une violation significative de la part de l’Iran, cela pourrait déclencher in fine le retour des sanctions de l’ONU levées après sa signature en 2015.

Même si la manœuvre laisse sceptiques ses alliés européens qui restent attachés à l’accord, et est déjà dénoncée par Téhéran, Washington pourrait donc tenter de faire valoir qu’il est toujours partie prenante. « La résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU est très claire » et « sans ambiguïté » : « Le fait que les États-Unis sont un État participant est écrit dedans », « il suffit de la lire », a assuré le chef de la diplomatie américaine. « Et les droits prévus pour les participants dans la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sont pleinement disponibles pour tous ces participants », a-t-il insisté.

Pas le Golfe de Washington

Sur un autre plan, le président iranien Hassan Rohani a appelé hier les États-Unis à cesser de « comploter » contre la République islamique, dans un contexte d’escalade verbale après un incident maritime entre des navires américains et des vedettes rapides iraniennes dans le Golfe. Les États-Unis ont indiqué le 15 avril que 11 bateaux iraniens avaient harcelé leurs navires, dans ce qu’ils ont décrit comme les eaux internationales du « golfe Arabique », accusant l’Iran de « manœuvres dangereuses » en mer. Et le président américain Donald Trump a dit avoir ordonné « à l’US Navy d’abattre et de détruire toute embarcation iranienne qui harcèlerait nos navires en mer ».

« Les Américains doivent savoir que ce golfe s’appelle le golfe Persique, pas le golfe de New York ni le golfe de Washington », a rétorqué hier le président iranien. « Ils doivent comprendre la situation par ce nom, et par la nation riveraine qui a protégé cette voie maritime pendant des milliers d’années », a-t-il ajouté dans un discours télévisé. « Ils ne devraient pas comploter contre la nation iranienne tous les jours », a déclaré M. Rohani, qui s’exprimait lors d’un Conseil des ministres. « Les soldats de nos forces armées au sein des gardiens de la révolution, de l’armée, du bassidj (force paramilitaire) et de la police ont toujours été et seront les gardiens du golfe Persique », a-t-il dit.

Source : AFP

Les États-Unis envisagent « toutes les options » pour obtenir une prolongation de l’embargo sur les ventes d’armes conventionnelles à l’Iran qui expire en octobre, et sont même prêts à invoquer l’accord sur le nucléaire qu’ils ont pourtant abandonné, a déclaré hier le secrétaire d’État américain. « Nous demandons à nos partenaires du E3 (France, Allemagne et Royaume-Uni) de prendre les mesures qu’ils peuvent prendre. Nous allons travailler avec le Conseil de sécurité de l’ONU pour prolonger l’interdiction sur les ventes d’armes », a affirmé Mike Pompeo lors d’une conférence de presse à Washington. « Si nous n’arrivons pas à faire en sorte que les autres agissent, les États-Unis envisagent toutes les options pour y parvenir », a-t-il ajouté.Cet embargo est...
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