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Sport - E-Sport

Les courses virtuelles, pari gagnant des sports mécaniques

Sur cette photo générée par ordinateur, Lando Norris, pilotant une Arrow McLaren SP Dallara (n° 04), mène le peloton des monoplaces lors du IndyCar Auto Nation iRacing Challenge, sur le circuit (virtuel) des Amériques à Austin dans le Texas, le 25 avril 2020. Chris Graythen/Getty Images/AFP

Les sports mécaniques, qui ont fait voilà quelques années le pari d’investir dans l’e-Sport, en touchent les dividendes grâce aux multiples courses virtuelles qui leur permettent de continuer d’exister au temps du Covid-19.

Formule 1 (F1), championnat du monde des rallyes (WRC), MotoGP... chacun y va de son affrontement sur son jeu vidéo officiel entre ses têtes d’affiche du monde réel, en parallèle des championnats pour spécialistes du « sim racing » (simulation de course). Une nécessité pour conserver une présence dans les médias et sur les réseaux sociaux, alors que le sport est à l’arrêt et ses acteurs confinés. « L’un des objectifs de ce type d’activité est de soutenir nos partenaires commerciaux », dont les noms apparaissent aussi au bord des pistes virtuelles, déclare le PDG de la formule E (FE, monoplaces électriques), Jamie Reigle.

Mais si d’autres disciplines ne le découvrent qu’aujourd’hui, « historiquement, il y a un vrai lien » entre les sports mécaniques et l’e-Sport, pointe Nicolas Besombes, sociologue et vice-président de l’association France e-Sports. « La Fédération internationale de l’automobile (FIA) a été une des premières à investir le monde de l’e-Sport, pas seulement comme un outil marketing, mais aussi de formation et de détection, parce que la simulation fait partie des sports mécaniques », explique-t-il.

Une aubaine

Habitués à mettre au point leurs bolides dans les simulateurs grandeur nature de leurs écuries, nombre de pilotes disposent aussi d’un matériel de pointe pour s’exercer virtuellement à la maison. « C’est une excellente manière de garder ses réflexes et un esprit de compétition », remarque le pilote portugais Antonio Felix Da Costa, leader du championnat de FE, converti pendant son confinement.

Vainqueur de deux GP virtuels organisés par la F1, Charles Leclerc apprécie pour sa part de pouvoir « être lui-même » lorsqu’il diffuse ses courses en direct sur la plate-forme Twitch, bien plus que lors d’un GP « réel ». Le Monégasque de Ferrari et ses comparses Lando Norris, Alex Albon et George Russell, ou encore les pilotes de MotoGP Fabio Quartararo, Maverick Vinales ou Alex Marquez... les étoiles montantes des sports auto et moto, opposés parfois à des invités surprise comme le footballeur Thibaut Courtois et le golfeur Ian Poulter, offrent à leurs disciplines une visibilité nouvelle dans le monde virtuel. Pour ne citer que la F1, le deuxième GP « à la maison » de 2020, remporté par Leclerc, a été « l’un des événements les plus populaires que nous ayons jamais montés », assure Julian Tan, son responsable e-Sports.

Une aubaine, sachant que « l’enjeu pour les fédérations sportives qui investissent dans l’e-Sport est de rajeunir et d’élargir leur base de fans et de toucher de nouveaux marchés, notamment en Asie, où le jeu vidéo est un grand canal de diffusion de la marque », rappelle M. Besombes. « Pour la première fois, on a le sentiment qu’ils arrivent à aller chercher des gens qui suivent du jeu vidéo et commencent à s’intéresser à la F1 grâce à ces compétitions virtuelles », constate le spécialiste.

Nouveaux publics

En l’absence de concurrence dans le monde réel, le « sim racing » bénéficie également d’une exposition inédite, à la fois en ligne et grâce à la retransmission de ces courses par les chaînes qui diffusent la F1, le MotoGP ou la FE en temps normal. « La situation fait naître de nouveaux fans d’e-Sport qui débarquent pour suivre leurs héros », affirme Jamie MacLaurin, cofondateur et directeur sportif de l’équipe Veloce e-Sports, dont le pilote de FE français Jean-Éric Vergne est partenaire. Veloce et Vergne ont été parmi les premiers à flairer l’opportunité et ont mis sur pied, « en une douzaine d’heures seulement » après l’annulation in extremis du GP d’Australie de F1 à la mi-mars, la première d’une série de courses avec Lando Norris en tête de gondole.

« C’est très excitant cette opportunité de trouver de nouveaux publics, mais il faudra voir combien resteront quand le vrai sport reprendra », s’interroge déjà M. MacLaurin, qui anticipe une « petite baisse des audiences ». « Si je devais jouer le devin, mais c’est une réponse de Normand, je pense qu’il y en a que ça va fidéliser et qu’une grande majorité, dès que la vie reprendra son cours, n’aura plus le temps et préférera toujours la pratique réelle », avance Nicolas Besombes.

Raphaëlle PELTIER/AFP

Les sports mécaniques, qui ont fait voilà quelques années le pari d’investir dans l’e-Sport, en touchent les dividendes grâce aux multiples courses virtuelles qui leur permettent de continuer d’exister au temps du Covid-19.Formule 1 (F1), championnat du monde des rallyes (WRC), MotoGP... chacun y va de son affrontement sur son jeu vidéo officiel entre ses têtes d’affiche du monde réel, en parallèle des championnats pour spécialistes du « sim racing » (simulation de course). Une nécessité pour conserver une présence dans les médias et sur les réseaux sociaux, alors que le sport est à l’arrêt et ses acteurs confinés. « L’un des objectifs de ce type d’activité est de soutenir nos partenaires commerciaux », dont les noms apparaissent aussi au bord des pistes virtuelles, déclare le PDG...
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