Un membre de l’unité sanitaire islamique relevant du Hezbollah désinfectant une rue à Saïda, le 28 mars 2020. Ali Hashisho/Reuters
Deux personnes contaminées au Liban par le nouveau coronavirus sont décédées au cours du week-end écoulé, portant à 10 le nombre total des décès dus au Covid-19, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publié hier. Il s’agit de deux octogénaires souffrant de maladies chroniques qui étaient hospitalisés à l’hôpital Saint-Georges des grecs-orthodoxes et à l’Hôtel-Dieu, à Achrafieh.
Selon le dernier bilan du ministère, 26 nouveaux cas ont également été enregistrés entre samedi et dimanche. Ainsi, le nombre total de cas enregistrés depuis que la pandémie a atteint le pays du Cèdre, le 21 février, s’établit à 438 cas, dont 10 décès, quatre cas critiques et 32 guérisons. Le nombre actuel de personnes contaminées s’élève dès lors à 396, selon le site du ministère de l’Information dédié au coronavirus. Il précise que 98 % des malades sont libanais et 55 % sont des hommes. D’après les chiffres du ministère, 6 % des personnes atteintes ont entre 10 et 19 ans, 22 % entre 20 et 29 ans, 15 % entre 30 et 39 ans, 16 % entre 40 et 49 ans, 14 % entre 50 et 59 ans, 8 % entre 60 et 69 ans, 7 % entre 70 et 79 ans, et 3 % ont plus de 80 ans. Par ailleurs, la plupart des infections ont été signalées dans les cazas de Beyrouth et du Metn, suivis par Baabda et le Kesrouan.
Par ailleurs, le président de la municipalité de Blatt (caza de Jbeil), Abdo Atik, a révélé hier que cinq cas avaient été confirmés dans la localité. En outre, un homme travaillant dans le couvent des Sœurs de Jésus à Machahlane, dans le caza de Jbeil, a été testé positif au coronavirus, selon les autorités locales.
Pour sa part, l’hôpital gouvernemental de Bécharré (Liban-Nord) a annoncé que six patients hospitalisés au sein de l’établissement ont été jusque-là testés positifs au virus. Signalons enfin que vendredi, à Bouar (Kesrouan), un Syrien, suspecté d’avoir été contaminé et qui avait refusé de se rendre à l’hôpital Hariri pour davantage de tests, a été ramené de force à l’hôpital gouvernemental de Bouar par la police municipale et la Croix-Rouge.
Taux d’infection « acceptable »
Interrogé hier par L’Orient-Le Jour sur l’avancée de l’épidémie au Liban, Abdel Rahman Bizri, médecin spécialiste en maladies infectieuses, se veut rassurant. « On est encore en dessous du seuil critique. Avec le confinement, les cas liés au voyage et aux déplacements à l’étranger sont moins nombreux. On arrive encore à savoir comment la majorité des malades ont été contaminés. Toutefois, pour 10 % des cas, l’origine de la contamination n’est pas claire », révèe le Dr Bizri, qui est également membre de la Commission nationale pour les maladies infectieuses et contagieuses et de la task force Covid-19, un rassemblement de spécialistes des maladies infectieuses issus des différents hôpitaux libanais travaillant en coordination avec l’ordre des médecins.
« Le taux de contamination est encore acceptable, mais il faut continuer à respecter le confinement, insiste le spécialiste. Le ministère de la Santé a contacté des experts chinois il y a quelques jours, et ils nous ont conseillé de faire des dépistages rapides, et d’isoler et de traiter au plus vite les personnes infectées par le virus », indique le médecin.
Selon lui, les malades testés positifs ailleurs que dans les hôpitaux accrédités par les autorités sont à nouveau testés par le ministère de la Santé. Pour l’instant, l’hôpital universitaire Rafic Hariri ainsi que les hôpitaux gouvernementaux de Baalbeck et Bouar, l’hôpital de l’Université américaine (AUBMC), l’Hôtel-Dieu de France (HDF), l’hôpital St-Georges des grecs-orthodoxes et l’hôpital Rizk sont les établissements autorisés par le ministère de la Santé à mener les tests.
Par ailleurs, les hôpitaux privés du caza de Zghorta ont indiqué qu’ils avaient finalisé leurs préparatifs pour commencer à accueillir les patients contaminés. De son côté, le Hezbollah, qui a élaboré son propre plan de lutte contre le coronavirus, a entamé l’installation d’un hôpital de campagne à Machghara (Békaa), qui sera prêt dans quatre jours.
Le ministère a profité de cette occasion pour inciter une nouvelle fois les Libanais à respecter les mesures restrictives mises en place par le gouvernement et à rester confinés chez eux afin de limiter la propagation du virus. Dans ce contexte, le ministre de la Santé Hamad Hassan s’était dit samedi « inquiet » du respect beaucoup trop relatif des mesures de confinement dans certaines régions libanaises.
Hier soir, les Libanais sont par ailleurs sortis sur leurs balcons à 20 heures pour applaudir l’ensemble du personnel médical confronté à la pandémie, en réponse à l’appel lancé sur les réseaux sociaux par un grand nombre de personnalités des médias et du monde artistique et politique libanais. Pendant une minute, ils ont applaudi, sifflé et acclamé ceux qui se dévouent pour faire face à la maladie tandis que les citoyens restent confinés chez eux.


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15 h 33, le 30 mars 2020