Les rues de la capitale iranienne désertes le 26 mars dernier. Ali Khara/WANA (West Asia News Agency) via Reuters
L’épidémie de Covid-19 a déjà fait 2 640 morts en Iran, ont annoncé hier les autorités de Téhéran, prévenant la population qu’elle allait sans doute devoir prolonger « un certain temps » le « nouveau mode de vie » adopté pour contrer la maladie.
La République islamique fait partie des pays les plus touchés par la pandémie de nouveau coronavirus. Elle a annoncé le 19 février de premiers cas de contamination sur son sol, mais un haut responsable a reconnu récemment que le virus était vraisemblablement déjà présent en Iran en janvier.
La maladie a fait 123 morts supplémentaires au cours des dernières 24 heures, a déclaré hier Kianouche Jahanpour, porte-parole du ministère de la Santé, lors de son point de presse télévisé quotidien. Dans le même temps, a ajouté M. Jahanpour, les autorités sanitaires ont recensé 2 901 nouveaux cas de contamination au Covid-19, ce qui porte à 38 309 le nombre de cas officiellement confirmés et déclarés en Iran. Selon le porte-parole, le pays compte 3 467 patients du Covid-19 dans un état « critique », mais 12 391 autres se sont rétablis à la suite de leur hospitalisation.
« Nous devons nous préparer à vivre avec ce virus jusqu’à ce qu’un traitement ou un vaccin soit découvert, ce qui n’est pas le cas à ce jour », avait déclaré plus tôt le président Hassan Rohani lors d’un Conseil des ministres. « Le nouveau mode de vie que nous avons adopté » aura des « bénéfices » pour la société tout entière, a-t-il assuré, notant que « ces changements devront probablement rester en place un certain temps ».
Courbe descendante ?
Après avoir tout fait pour éviter d’imposer des mesures de confinement ou de quarantaine, le gouvernement de Téhéran a décidé le 25 mars d’interdire tout déplacement entre les villes. La mesure, entrée en vigueur deux jours plus tard, s’applique jusqu’au 8 avril et pourrait être prolongée. Sans être officiellement confinés, les habitants sont appelés depuis plusieurs semaines à rester chez eux « autant que possible ».
Dès la fin du mois de février, les écoles et universités avaient fermé dans certaines provinces avant que la mesure ne soit étendue à l’ensemble du pays. Au vu des dernières déclarations de M. Rohani, la rentrée des classes à l’issue des vacances scolaires du Nouvel An iranien (cette année du 19 mars au 3 avril) semble compromise.
Lors de la réunion du cabinet, le président a déclaré avoir tenu la veille une « très bonne réunion en vidéoconférence » avec des experts et des médecins de haut vol. Selon eux, a-t-il dit, « dans certaines provinces, oui, nous avons passé le pic (de l’épidémie) et nous sommes sur une courbe descendante, mais en ce qui concerne d’autres provinces » il est encore trop tôt pour se prononcer. Le 25 mars, M. Rohani avait déclaré que le pays avait passé « la première vague de la maladie », mais qu’il pouvait y en avoir « une nouvelle (...) dans les prochains jours ».
Plusieurs députés, membres du gouvernement ou personnalités ont été contaminés par le Covid-19. Le dernier en date est Mohammad-Reza Khatami, frère de l’ancien président Mohammad Khatami et figure réformatrice, qui fut vice-président du Parlement. Selon l’agence officielle IRNA, il a été hospitalisé.
À l’inverse, le vice-ministre de la Santé, Iraj Harirchi, qui avait été testé positif au nouveau coronavirus fin février après être apparu mal en point lors d’une conférence de presse, a fait son retour à la vie publique. Il est apparu à la télévision en rappelant quelques consignes de sécurité et en appelant les gens qui restent à la maison à faire preuve de gentillesse entre eux.
Source : AFP


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