Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Jean-Paul Moubarak

Coronavirus ou panicovirus ?

Mesdames, messieurs, nous sommes en pleine psychose coronesque. C’est le moment idéal pour faire le point sur cette pandémie.

Tout le monde a dû avoir l’avis des médecins internationaux, des grands pontes de la virologie, des psychologues, des philosophes, des psychiatres, des oncologues, des gériatres, des voyants (Nostradamus et Michel Hayek, pas des moindres) et n’oublions pas les plus importants des spécialistes qui font des études revisitées sur la question, une sorte de retweet relationnel qui fait de la petite bactérie couronnée un monstre sanguinaire qui ferait pâlir Méphisto et Dracula réunis. N’oublions pas aussi les avis judicieux de la collègue de bureau et ceux de la voisine sans oublier quelques êtres hauts en couleur comme le concierge. Et j’en passe… Évidemment, chacun a son domaine d’expertise. Après tout, entre le trente-sixième dessous et le septième ciel, il n’y a que quelques paliers.

Et voilà ! Je vois les yeux effarés, horrifiés qui se disent que je vis « la chose » à la légère. Que nenni ! Je suis confiné avec mon masque, mon alcool, mes gels hydroalcooliques, mes trois bouteilles d’oxygène (dans le doute) et mon double vitrage à la maison comme tout le monde. Je m’aventure parfois à une excursion gantée avec mon anorak et mon alcool dans ce lieu à hauts risques qu’est le supermarché en me demandant si je vais en ressortir vivant. Dieu merci ! Ma maison est centrale entre trois ou quatre hôpitaux, pas moins de trente médecins à proximité, toutes spécialités confondues, et autant d’infirmières. Du coup, je me sens presque en sécurité.

Ne dramatisons pas ! Vous avez de l’ail ou de l’arak (à condition qu’il soit baladi, sinon ce ne sera pas efficace) ou du vinaigre de pomme mélangé à je-ne-sais-trop-plus quelle substance. Et le tour est joué ! Les rumeurs vont bon train. Il paraît que les Japonais ont trouvé le bonheur grâce au Panadol, les Indiens grâce à une combinaison magique de cinq médicaments et, en Chine, il y a une honorable sénile de 103 ans qui en a réchappé. Comme quoi quand on veut vivre…

Et puis un jour le virus vit dans l’air 45 minutes, un jour 4 heures, un jour 9 heures. En fait, c’est un virus qui ressuscite, en éternel renouveau. Tous les virus à un certain moment meurent. Au Liban, non ! Ils veulent absolument le faire vivre plus longtemps. Un jour il vit dans l’air, un jour sur le bois, un jour sur le fer, un jour sur le tissu, un jour le plastique. En fait, c’est comme le film de James Bond Tomorrow Never Dies. Et puis à 20h, coucou les revoilou ! Bienvenues les têtes d’enterrement des journaux télévisés. C’est à celui qui fera la meilleure. Il faudra leur expliquer que Halloween est passé. Non ! Nous n’allons pas mourir. Sinon, nous ne serions pas là à écouter vos logorrhées à longueur de journée et à nous inquiéter sur des probabilités qui ne verront peut-être jamais le jour.

Mesdames et messieurs, ne cédez pas à la panique ! Ça ne sert à rien ! Juste supportez cette période lourde et sans doute anxiogène avec un certain rationalisme, pour le peu qu’il nous en reste, et avec beaucoup – voire énormément – de stoïcisme. Mais la panique ne sert à rien. Juste prendre les bonnes précautions et se laver encore et toujours les mains. Jusqu’à la fin de la nuit des temps… pas seulement en période coronesque. Après, ça peut servir aussi ! Croyez-moi !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Mesdames, messieurs, nous sommes en pleine psychose coronesque. C’est le moment idéal pour faire le point sur cette pandémie.Tout le monde a dû avoir l’avis des médecins internationaux, des grands pontes de la virologie, des psychologues, des philosophes, des psychiatres, des oncologues, des gériatres, des voyants (Nostradamus et Michel Hayek, pas des moindres) et n’oublions pas les plus importants des spécialistes qui font des études revisitées sur la question, une sorte de retweet relationnel qui fait de la petite bactérie couronnée un monstre sanguinaire qui ferait pâlir Méphisto et Dracula réunis. N’oublions pas aussi les avis judicieux de la collègue de bureau et ceux de la voisine sans oublier quelques êtres hauts en couleur comme le concierge. Et j’en passe… Évidemment, chacun a son domaine...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut