La Chine a ordonné hier aux journalistes américains travaillant pour les quotidiens New York Times, Washington Post et Wall Street Journal de rendre sous deux semaines leur carte de presse, ce qui équivaut de facto à une expulsion. Il s’agit d’une réponse à la décision « scandaleuse » de Washington de réduire fortement le nombre de Chinois autorisés à travailler pour cinq médias de Pékin aux États-Unis, a indiqué dans un communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères. Les journalistes en question, dont la carte de presse expire cette année, devront en informer le ministère des Affaires étrangères sous quatre jours et rendre leur accréditation sous dix jours, précise le communiqué. « Ils ne seront plus autorisés à travailler comme journalistes en République populaire de Chine, y compris dans les régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao », a ajouté le ministère. La carte de presse conditionne le permis de séjour en Chine des journalistes étrangers. Les États-Unis ont fortement réduit ce mois-ci le nombre de Chinois autorisés à travailler pour cinq médias de Pékin aux États-Unis, en réponse aux restrictions imposées à la presse étrangère en Chine. Pékin avait menacé de prendre des mesures de rétorsion. Mercredi, la Chine a également ordonné à Voice of America, au New York Times, au Wall Street Journal, au Washington Post et à Time magazine de déclarer par écrit leur personnel, leurs financements, leurs activités et leurs biens immobiliers dans le pays.
Fin février déjà, trois reporters du Wall Street Journal (WSJ) ont fait l’objet d’une mesure d’expulsion en représailles au titre d’une tribune parue dans le quotidien américain et jugé raciste par Pékin. En pleine épidémie de coronavirus, le régime communiste a mal pris cet article intitulé : « La Chine est le véritable homme malade de l’Asie. » Cette expression, apparue au XIXe siècle pour décrire la Chine à l’époque coloniale, est considérée comme offensante dans le pays asiatique.

