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Documentaire

Yann Arthus-Bertrand au plus près de la vérité des femmes

Après avoir cherché à sensibiliser le grand public sur l’urgence écologique, les inégalités sociales et les désastres des guerres, le photographe et réalisateur français axe sa caméra, dans « Woman », sur la situation de la femme dans le monde d’aujourd’hui.

« Woman » ou les multiples visages de la féminité à travers le monde d’aujourd’hui. Photo DR

Elles constituent la moitié de l’humanité. Mais, à contributions égales dans la bonne marche du monde, elles restent encore trop souvent inféodées aux hommes. Pourtant elles sont fortes, belles, sensibles, courageuses, intelligentes, indépendantes, combatives, déterminées, drôles, créatives, fières et libres… ces femmes auxquelles Yann Arthus-Bertrand rend hommage dans son tout dernier film dont la sortie mondiale a eu lieu hier mercredi 4 mars.

Produit par Hope Productions, avec l’aide d’un grand nombre d’ONG, Woman, qui a été ovationné à la dernière Mostra de Venise, a été projeté en avant-première exclusive à l’Institut français du Liban, lors de la soirée d’inauguration du premier Festival international des féminismes. Pour l’instant, on ne sait pas encore s’il sera présenté en salle au Liban.

Mais ce serait dommage qu’il ne le soit pas. Car ce long-métrage est dans la veine de Human, le précédent documentaire du cinéaste militant, dans lequel il tentait de changer la perception clivante que les gens ont « des autres ». Sauf que cette fois Yann Arthus-Bertrand resserre son cadrage sur les femmes, en leur donnant exclusivement la parole.

Une parole vraie, sincère, multilingue et sans tabous qu’il a recueillie – en collaboration avec la journaliste Anastasia Mikova – auprès de 2 000 femmes de tous âges, conditions, situations et pays.

Son Woman aura ainsi nécessité plus de 2 ans de tournage dans 50 pays et des milliers d’heures d’entretiens pour dresser le tableau le plus complet possible de ce que signifie « être une femme dans le monde d’aujourd’hui ».


Des Libanaises aussi

Et défilent sur l’écran des profils féminins aussi divers que variés, dont un bon nombre défient les stéréotypes de genre et de culture.

Ministre africaine ; conductrice de bus anglaise ; Japonaise extravertie; Indienne féministe ; veuve éplorée ; célibataire épanouie ; maman d’un enfant handicapé ; ouvrière heureuse ; carriériste triomphante ; femme au foyer ; militante féministe (la Libanaise Joumana Haddad qui dénonce, en l’occurrence, l’éducation machiste inculquée par les mères orientales à leurs fils) ; grand-mère anarchiste ; homosexuelle assumée ; guerrière tribale ; jeune fille en fleurs ; intellectuelle ; ex-otage ; agricultrice ; citadine ; grande bourgeoise… Chacune va livrer en quelques phrases, quelques mots, juste un sourire parfois (celui de notre consœur Médéa Azouri notamment), une expérience, un ressenti, un sentiment profond… Avec une sincérité souvent bouleversante.

Pas d’images aériennes, cette fois, mais des portraits solos face à la caméra, le plus souvent en plan resserré sur le visage, pour marquer l’intimité avec le spectateur, malgré le défilement des images.

Et si les grands thèmes universels comme l’amour, le désir, la vieillesse, la maternité sont abordés librement, les témoignages les plus marquants restent ceux qui racontent les combats que les femmes continuent de mener dans certaines contrées du monde pour avoir accès à l’éducation, à l’émancipation, au travail ou encore au pouvoir. Cela sans compter l’injustice et la violence dont les filles d’Ève sont encore largement victimes en ce troisième millénaire et dont ce documentaire semble faire le réquisitoire. Il y a une claire volonté de mettre en lumière l’irradiante force de résilience de la femme dans ce film. Lequel s’ouvre d’ailleurs par un témoignage qui prend aux tripes tout en insufflant de l’espoir : celui de Norma Bastidas, marathonienne mexicaine, multiple championne et survivante de violences sexuelles.


Belles, fortes et résilientes…

Que l’on soit un aficionado du travail (colossal) et de l’esthétique typique de Yann Arthus-Bertrand ou pas, impossible de ne pas être happé par ce tourbillon de visages et de prises de parole qui se succèdent durant près de 2 heures. Impossible de ne pas être touché, ému, attendri ou encore amusé par l’un ou l’autre de ces profils si… humains.

D’autant que le réalisateur aura réussi à s’approcher au plus près des femmes pour mettre en lumière leur vraie beauté. Celle qui irradie de leur singularité acceptée. À l’instar de celle qui se dégage de cette Indienne au visage brûlé à l’acide pour avoir refusé un mariage imposé…


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