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Fonds transférés à l'étranger : Diab veut élargir l'enquête

Liban

La Commission spéciale d’investigation relevant de la Banque du Liban indique qu'elle va soumettre les résultats de ses enquêtes au procureur général près la cour de Cassation afin qu'il prenne les mesures nécessaires. 

OLJ
19/02/2020

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, envisage d'élargir l'enquête portant sur les supposés fonds transférés à tous les pays, et non seulement à la Suisse, et sur une période plus large, au moment où le Liban connaît sa pire crise économique et financière depuis 30 ans. 

"Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, a reçu mercredi le procureur général près la cour de Cassation, Ghassan Oueidate, qui l'a informé des résultats préliminaires de l'enquête sur les supposés transferts de fonds vers la Suisse à partir du 17 octobre. Les deux responsables ont également discuté de la possibilité d'élargir l'enquête de manière à ce qu'elle ne porte pas exclusivement sur la Suisse, mais sur l'ensemble des pays destinataires de ces transferts, et qu'elle porte sur une période antérieure au 17 octobre", a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). 


(Lire aussi : Des chiffres et des lettres, l'édito de Issa GORAIEB)



La ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, a également demandé au procureur Oueidate d'étendre son enquête. Elle a demandé au juge d'obtenir de la Commission spéciale d’investigation (CSI) relevant de la Banque du Liban toutes les informations en sa possession concernant l'ensemble des versements effectués du Liban vers l'étranger depuis le 1er juillet 2019.

Vers la fin décembre, des rumeurs ont circulé à propos de "milliards de dollars" qui auraient été transférés en Suisse par des dirigeants politiques, alors que les clients des banques subissent les restrictions bancaires (difficulté de transférer de l’argent à l’étranger et de retirer du liquide). Selon le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, près de 2,6 milliards de dollars ont été transférés hors du pays depuis septembre, mais l’enquête diligentée auprès des banques concerne un milliard de dollars seulement.


(Lire aussi : Une proposition de loi visant à supprimer partiellement le secret bancaire sera étudiée demain)


Mise au point de la CSI
En outre, la CSI est revenue mercredi sur la question, dans un communiqué qui s'apparente à une réponse aux propos tenus la veille par l'ancien ministre de l’Économie Mansour Bteich au sujet de l'enquête en cours concernant les transferts supposés vers la Suisse. Elle a notamment indiqué qu'elle allait soumettre les résultats de ses enquêtes au procureur général près la cour de Cassation afin qu'il prenne les mesures nécessaires. 

"Le 2 janvier la CSI a reçu une demande d'assistance judiciaire du procureur général près la cour de Cassation, dans laquelle ce dernier demande que soit établi le volume des fonds qui ont été transférés depuis le 17 octobre et que soit connue l'origine licite ou illicite de ces fonds, peut-on lire dans un communiqué de la Commission. La CSI a tenu une réunion le 9 janvier à l'issue de laquelle elle a demandé à l'ensemble des banques opérant au Liban de réexaminer les comptes ouverts auprès d'elles et appartenant à des personnes politiquement exposées et plus précisément ceux ayant connu des transferts à l'étranger, du 17 octobre au 31 décembre 2019. La CSI a demandé à ces banques de signaler tout cas suspect". 

"Après avoir reçu les réponses de banques, la CSI, a décidé, le 6 février, de demander aux établissements concernés de lui communiquer dans un délai d'une semaine les montants, les comptes et les opérations concernés par ces transferts", est-il ajouté. "La CSI va soumettre les résultats des enquêtes qu'elle a menées au procureur général financier pour qu'il prenne les mesures nécessaires", conclut le communiqué. 

Mardi, le groupe parlementaire du Liban fort, affilié au Courant patriotique libre de Gebran Bassil, a prévenu qu'il "ne restera pas silencieux" face à la polémique autour du transfert de plusieurs milliards de dollars à l'étranger. A l'issue de la réunion hebdomadaire du bloc présidée par M. Bassil, M. Bteich a affirmé que la formation "s'étonne de l'absence de réponse de la part de la Banque du Liban au sujet des transferts de fonds à l'étranger, notamment après le 17 octobre (...)", date du début du soulèvement populaire sans précédent contre la classe politique. "Nous n'accepterons plus de rester silencieux et nous avons des informations selon lesquelles des millions, des milliards même, ont été transférés surtout après le 17 octobre", a-t-il ajouté, sans plus de détails.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA CORRUPTION ET LES VOLS CONTINUENT DE MILLE MANIERES. ET ON S,ACHARNE SUR LES ECONOMIES D,UNE VIE DES DEPOSANTS LOCAUX ET DE LA DIASPORA. L,ETAT EST ABSENT.

Honneur et Patrie

Tant que le procureur général près la cour de Cassation, Ghassan Oueidate, s'en occupe, l'affaire des transferts des fonds ne deviendra pas un comité Théodule.

Antoine Sabbagha

Bonne mesure positive pour le retour des capitaux .

Pierre Hadjigeorgiou

Paroles en l'air. Ils n'y ferons rien car ils ne peuvent rien faire. Le Liban a toujours eu une économie libre et les gens ont toujours pu effectuer des transferts pour n'importent quels montants sans rendre de compte a qui que ce soit puisque la loi le leur autorise. Que vont-ils faire? Aller a l'encontre de la loi? Mais ils sont les premiers a les avoir enfreintes ces lois! Ils ne respectent rien! Ni la constitution, ni les lois, ni les règles ni même l’état qu'ils prétendent gérer. Le Diab ferait mieux de s'occuper du Hezbollah!

Ô Liban

Le retour des capitaux est indispensable.

MGMTR

C'est un peu curieux de poser la question aux étrangers et de demander de l'entraide. Le Procureur n'a besoin de personne, il peut s'auto-saisir pour ouvrir une action pénale, selon des soupçons qu'il juge fondés, afin de contourner le secret bancaire et aller fouiller dans les banques libanaises.

Comme son nom l'indique "la demande d'entraide" serait justifiée si le demandeur n'a pas les moyens pour enquêter, or personne n'est mieux placée que les libanais pour chercher d'abord chez eux.

Gros Gnon

On jugera sur les résultats, et surtout sur les mesures prises.
Pour l'instant ce ne sont que de bonnes intentions (dont est pavé le chemin de l'enfer comme dit le dicton).

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