Médecins sans frontières (MSF) a ouvert récemment à Barr Élias, dans la Békaa, un hôpital destiné à desservir les populations vulnérables de la région. Cet établissement, d’une capacité totale de vingt-deux lits, fournira des soins médicaux aux Libanais de la région ainsi qu’aux réfugiés syriens vivant dans la Békaa. « Nous voulons donner à ces personnes la possibilité d’accéder facilement aux soins de santé secondaires et tertiaires, même si elles n’en ont pas les moyens financiers », explique Amaury Grégoire, chef de mission de MSF au Liban.
L’hôpital offre des services comprenant des chirurgies non urgentes, comme celles des hernies, des hémorroïdes ou des kystes, ainsi que des chirurgies gynécologiques, comme celle du prolapsus utérin. L’hôpital est également spécialisé dans les soins post-blessure, comme ceux concernant les ulcères ou les lésions au pied dues au diabète.
« Certains pourraient penser que le traitement d’une hernie ou d’un pied diabétique n’est pas une urgence du fait que l’un comme l’autre ne met pas nécessairement la vie en danger, mais ces interventions restent essentielles pour ces personnes, affirme M. Grégoire. En plus de vivre dans des conditions très difficiles, la plupart d’entre elles souffrent de problèmes médicaux qui leur causent davantage de souffrances et les empêchent souvent d’avoir les revenus nécessaires pour nourrir leurs familles. À travers cet hôpital, nous essayons de les soulager au mieux de nos capacités. »
En mars 2020, l’hôpital de MSF intégrera des services de chirurgie plastique reconstructrice, en prêtant une attention particulière aux blessures post-brûlure. « Ces services sont particulièrement importants car les personnes vivant dans des zones vulnérables sont davantage sujettes aux blessures et aux brûlures, en particulier les enfants », explique le Dr Waël Harb, l’un des référents médicaux de MSF à Barr Élias. « En l’absence de mesures de sécurité anti-incendie – ces personnes habitant dans un abri de fortune ou dans une maison –, elles sont toutes sujettes à des brûlures du troisième degré, ajoute-t-il. Dans la région de la Békaa, l’accès à des chirurgies reconstructrices post-brûlure à un prix abordable est presque impossible. »
Les blessures post-brûlure sont complexes, souvent coûteuses et très longues à traiter. Elles peuvent causer des handicaps temporaires ou permanents. Ahmad, 29 ans, a reçu des soins post-brûlure à l’hôpital de MSF. Il souffrait déjà d’une brûlure électrique à la jambe gauche vingt jours avant de venir à l’hôpital. La brûlure s’est progressivement infectée et ne guérissait pas. Au terme de dix semaines de soins intensifs, la blessure a enfin guéri. « Grâce au soutien de MSF, j’ai pu remarcher et trouver un emploi pour aider à subvenir aux besoins de ma famille », se réjouit Ahmad.
Depuis l’ouverture de l’hôpital, plus de 1 000 opérations chirurgicales électives et 4 700 consultations de soins post-traumatiques ont été effectuées. Mahmoud, Libanais de 51 ans, a été diagnostiqué avec un problème intestinal et une hernie abdominale en 2018. Il n’avait pas les moyens d’effectuer les opérations nécessaires. Il ne bénéficiait d’aucune couverture maladie et n’avait pas les moyens de se payer cette intervention dite non urgente. Un jour, en rentrant chez lui, il a remarqué l’hôpital de MSF et a demandé de l’aide. Mahmoud s’est fait opérer quelques semaines plus tard. Il continue à se rendre à l’hôpital pour un suivi. « Je me sens bien maintenant, affirme-t-il. Je n’ai plus de nausées ni de douleurs abdominales. »
Cette année, MSF prévoit d’aider encore plus de patients au Liban grâce à l’extension de ses services.


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