Nous rêvons tous d’un futur radieux pour notre cher Liban... En ces temps de révoltes, le pessimisme ambiant qui occupait les esprits a laissé sa place à l’espoir, l’espoir qu’un jour la corruption cessera, que le désastre écologique s’inversera, que la République libanaise devienne enfin laïque se tournant vers le futur et non plus vers le passé taché par les ravages de la guerre. Peut-être qu’un jour nous pourrons nous déplacer à travers notre beau pays grâce à des transports publics, peut-être qu’un jour nous pourrons avoir un accès équitable à la santé, peut-être qu’un jour le Liban sera un exemple d’écologie à travers le monde, un exemple de vivre-ensemble entre les nombreuses communautés, un exemple d’éducation. Je rêve d’un Liban où les touristes affluent en masse à l’approche des vacances, je rêve d’un Liban où les intellectuels du monde arabe se retrouveraient dans les amphithéâtres de nos universités centenaires, donnant des cours à des étudiants venus des quatre coins du monde ; Beyrouth, capitale intellectuelle et culturelle du monde arabe...
Tel son emblème, ce pays est millénaire, et après avoir connu neiges et tempêtes, torrents et mistral, il restera debout, bien ancré sur ses racines, la tête haute et le regard droit vers un bel avenir qui l’attend à condition qu’il puisse le saisir.
Notre territoire a connu des civilisations vieilles de 7 000 ans. Riche de ses ressources, intimidant par sa beauté, ce petit bout de terre a attiré, siècle après siècle, tous les grands conquérants, les plus grandes civilisations, des Romains aux Ottomans, en passant par les Perses, les Assyriens, les Abbassides... Tous se sont battus pour profiter de nos terres. Aujourd’hui, nous devons faire honneur à notre pays en lui redonnant sa gloire, pour que l’on puisse à nouveau dire que le Liban est « la terre du lait et du miel », pour que ce peuple puisse démontrer une nouvelle fois sa grandeur, comme l’ont déjà fait les Phéniciens en introduisant l’alphabet ou en naviguant au-delà des colonnes d’Hercule.
Bien entendu, nous devons garder espoir, l’espoir qu’un jour tous ces conflits s’arrêteront, que toute cette corruption cessera de gangrener l’activité du pays, que la diversité culturelle et religieuse permettra de rebâtir un pays soudé et non plus sous l’emprise d’un schisme et d’une division profonde.
La génération qui nous précède a peut-être perdu cet espoir qui nous faisait défaut ces dernières années. Ayant vécu la guerre, ils ont cru que la paix était illusoire, ayant vécu la division, ils ont cru que la solidarité était inconcevable, ayant connu la mort, ils ont cru que la vie dans ce pays ne leur promettrait que cette fin ultime. Mais il faut vivre la guerre pour goûter aux plaisirs de la paix, il faut connaître la division pour réaliser l’importance de la solidarité, et il faut que la mort nous suive pour que la vie ait un sens.
Le Liban est tel une flamme qui vacille et tangue. On croirait parfois qu’elle s’éteint, mais on perçoit très vite cette petite lueur qui la maintient en vie. Nous ne serons pas ceux qui souffleront dessus, bien au contraire, nous serons de ceux qui raviveront les braises dans cette nuit qui semble sans fin, de ceux qui en feront un feu grandiose, de ceux qui redonneront espoir à ce peuple qui a cru que la lumière ne reviendrait plus. Aujourd’hui, l’espoir est à portée de main, et malgré toutes les chutes que le vieux pays a connues, le Liban a su se relever et prouver sa grandeur et la grandeur de son peuple au monde entier. Comme l’a si bien dit Amin Maalouf : « Ceux qui croient en la pérennité du pays du Cèdre ne perdent pas espoir. »
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