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Sport - Tennis / Open D’Australie

L’avènement de Sofia Kenin

Sofia Kenin posant, hier, avec son trophée de l’Open d’Australie pour des photos officielles. Samedi, elle a battu en finale Garbiñe Muguruza (4-6, 6-2, 6-2). Manan Vatsyayana/AFP

Enfant, elle annonçait à qui voulait l’entendre son intention de remporter un tournoi du grand chelem : samedi, l’Américaine Sofia Kenin (21 ans) a accompli son rêve en s’imposant à l’Open d’Australie. « Mon rêve s’est officiellement réalisé ! Si vous avez des rêves, allez les chercher, ils peuvent se réaliser ! » a-t-elle lancé sur le court en recevant son trophée. Ainsi, la petite fille qui visitait émerveillée les coulisses du tournoi de Miami guidée par Kim Clijsters a donc fait son entrée dans le cercle très fermé des vainqueurs en grand chelem. Elle a battu en finale l’Espagnole Garbiñe Muguruza (4-6, 6-2, 6-2), démontrant une force de caractère exceptionnelle quand son aînée (26 ans) n’est pas parvenue à maîtriser ses nerfs.

Née en 1998 à Moscou parce que ses parents, qui avaient quitté l’URSS en 1987 pour s’installer à New York, voulaient pouvoir compter sur l’aide des grands-mères à la naissance de leur bébé, Sonia, comme l’appelle tendrement son père, est néanmoins un pur produit américain parfaitement assumé. Pour preuve, sa raquette décorée aux couleurs du drapeau américain et une foi inébranlable en elle qui peut passer pour de l’arrogance. « J’ai toujours cru que je pouvais le faire », avait-elle asséné après sa qualification pour la finale, alors qu’elle n’avait encore jamais dépassé les 8es de finale en Majeur (Roland-Garros 2019, en battant au passage la reine Serena Williams au 3e tour). « Bien sûr, ce n’était pas écrit, je ne savais pas exactement quand ça arriverait. Y parvenir aussi jeune, je pense que c’est incroyable. Ce n’est pas donné à tout le monde de vivre un tel moment, de réaliser son rêve », a-t-elle affirmé hier, en posant avec son trophée pour des photos officielles.

Fascination pour Roddick

Déjà à 6 ans, au tournoi de Miami où elle était invitée comme une VIP, elle expliquait avec aplomb à un journaliste comment elle serait capable de retourner le service d’Andy Roddick, l’un des plus grands serveurs du circuit à cette époque, pour le battre. Peu avant, elle avait croisé le joueur à qui Clijsters l’avait présentée comme une future championne. Roddick lui avait dit : « Travaille dur » en lui tapant dans la main. Depuis, selon son père et coach Aleksander, elle est fascinée par Roddick. « Elle se figeait comme en transe dès qu’elle le voyait », raconte-t-il.

Manifestement, cette admiration n’a pas disparu. Un message de l’ex-n°1 mondial sur Twitter après sa qualification pour la finale a remis Kenin dans un surprenant état d’exaltation. « Fais tout péter et ramène le titre Sofia ! » a tweeté Roddick. « Je vais le faire ! » lui a répondu Kenin surexcitée et les yeux rougis d’émotion, plus par le tweet que par sa victoire contre la n° 1 mondiale Ashleigh Barty en demi-finale, selon des images filmées par une compatriote, la joueuse Bethanie Mattek-Sands, dans les vestiaires du Melbourne Park.

Sofia Kenin a tenu pour la première fois une raquette dans l’allée de sa maison à Pembroke Pines, en Floride, alors qu’elle avait 3 ans et demi. C’était une raquette de son père, qui jouait simplement en amateur. « Elle n’aimait pas jouer avec les poupées… ce qui lui plaisait, c’était les balles, de toutes les tailles », se souvient Aleksander Kenin, qui s’est rendu compte qu’elle avait une bonne coordination œil-bras. Il l’a alors emmenée voir un premier entraîneur, et de fil en aiguille, Sofia a progressé dans les tournois de la Fédération américaine de tennis (USTA) jusqu’à devenir professionnelle en 2017, puis membre de l’équipe américaine finaliste de la Fed Cup 2018, et désormais lauréate en grand chelem.

Mais son père se souvient encore de ces voyages « dans les coins les plus improbables des États-Unis » pour l’emmener jouer des tournois. « Je roulais toute la nuit et on cherchait des courts où s’entraîner, parfois une heure avant le match, parfois même on était en retard pour le match », raconte-t-il, évoquant tous les sacrifices qu’il a consentis avec son épouse pour la réussite de leur fille. « Tout ça, elle le sait, mais grâce à Dieu, elle n’a pas eu besoin de le revivre », souligne Aleksander. Il faut peut-être trouver là l’explication de son comportement parfois irritant sur le court où elle multiplie les gestes rageurs d’encouragement comme de colère. Longtemps, estime-t-il, les gens n’ont pas cru en la possible carrière de Sofia dans le tennis professionnel « parce qu’elle n’était pas grande » (1,70 m aujourd’hui). « Heureusement que, moi, j’ai vu en elle des choses que les autres n’avaient pas remarquées. » Bien vu papa !

Igor GEDILAGHINE/AFP

Enfant, elle annonçait à qui voulait l’entendre son intention de remporter un tournoi du grand chelem : samedi, l’Américaine Sofia Kenin (21 ans) a accompli son rêve en s’imposant à l’Open d’Australie. « Mon rêve s’est officiellement réalisé ! Si vous avez des rêves, allez les chercher, ils peuvent se réaliser ! » a-t-elle lancé sur le court en recevant son trophée. Ainsi, la petite fille qui visitait émerveillée les coulisses du tournoi de Miami guidée par Kim Clijsters a donc fait son entrée dans le cercle très fermé des vainqueurs en grand chelem. Elle a battu en finale l’Espagnole Garbiñe Muguruza (4-6, 6-2, 6-2), démontrant une force de caractère exceptionnelle quand son aînée (26 ans) n’est pas parvenue à maîtriser ses nerfs.Née en 1998 à Moscou parce que ses parents, qui...
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