L’ex-ministre des Finances Ali Hassan Khalil, en poste depuis 2014, pavoise en disant que sa gestion était exemplaire et que ce sont les autres qui ont conduit le pays à la dérive. Sous son règne, plus jamais d’évasion fiscale, ni de contrebande à la douane ni de corruption au registre foncier.
En gros, c’est une façon pour lui de dire : il est vrai que le pays traverse une crise financière sans précédent, mais ce n’est pas parce que je suis ministre des Finances depuis six ans que je suis responsable des affaires financières ! Quelle idée ! D’accord, je me suis trompé dans tous les budgets que j’ai établis, à peine quelques milliards de dollars à chaque fois ; il est vrai aussi que l’échelle des salaires a coûté 600 millions de plus que prévu et les taxes correspondantes ont rapporté 600 millions de moins que prévu. Mais cela est négligeable à côté de ma gestion édifiante. La preuve, j’ai bloqué la construction de la centrale électrique de Deir Ammar. Elle aurait coûté 500 millions de dollars, et pour quelle utilité ? Juste produire davantage d’électricité ? Mais on a des bateaux turcs pour cela !
Il enchaîne : il est vrai enfin que les économistes du pays et des organismes internationaux proposaient des mesures de correction et de réforme, disaient-ils. Bon, je ne comprenais pas toujours ce qu’ils disaient, mais je me suis fait un point d’honneur de faire exactement le contraire. Sinon, comment aurais-je pu laisser ma griffe indélébile dans ce ministère au service de mon mentor bien aimé ?
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