Des milliers de civils continuaient à fuir les combats dans la région d’Idleb, hier. Aaref Watad/AFP
Les forces de Damas sont en passe de prendre une ville stratégique dans la province d’Idleb, après des semaines de bombardements meurtriers qui ont quasi vidé cette métropole du nord-ouest de la Syrie, région dominée par des jihadistes et des rebelles.
L’offensive du régime a entraîné un vaste exode, et hier encore un correspondant de l’AFP dans le nord de la province d’Idleb a pu voir des déplacés en provenance de zones près de Maarret al-Naaman et également secouées par des combats.
Quasi assiégée par les forces gouvernementales, cette ville est stratégique pour le pouvoir de Bachar el-Assad car elle se trouve sur l’autoroute M5 reliant Alep, grande métropole du Nord, à la capitale Damas, une voie que le régime cherche à sécuriser.
Appuyé par l’aviation de son allié russe, le régime n’a de cesse de marteler sa détermination à reconquérir Idleb, grand bastion dominé par des jihadistes et qui accueille aussi des rebelles affaiblis.
Le correspondant de l’AFP a vu hier des camionnettes mais aussi des tracteurs chargés de matelas en mousse, de tapis, de bassines et d’ustensiles de cuisine, transportant des mères et des enfants, certains emmitouflés dans des couvertures.
Autoroute coupée
La grande région d’Idleb et des territoires adjacents dans les provinces voisines d’Alep, Hama et Lattaquié sont dominés par les jihadistes de Hay’at Tahrir al-Cham, l’ex-branche syrienne d’el-Qaëda. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a assuré que les forces du régime se trouvaient « aux abords » de Maarret al-Naaman. « La ville est quasi encerclée », a indiqué le directeur de cette ONG, Rami Abdel Rahmane.
Deux civils ont été tués dans des raids russes sur le village de Chnane, au nord de Maarret al-Naaman, d’après l’Observatoire, le régime et son allié poursuivant leurs frappes aériennes dans le secteur. Ces derniers jours, les forces gouvernementales ont conquis une dizaine de villages et localités au nord et à l’est de Maarret al-Naaman, selon l’OSDH.
Les troupes accentuent aussi la pression sur le flanc ouest de cette ville, d’après l’Observatoire et un second correspondant de l’AFP. Dimanche, le quotidien prorégime al-Watan a indiqué que les forces gouvernementales étaient arrivées à un tronçon de l’autoroute M5. Elles ont « coupé » ce tronçon entre Maarret al-Naaman et la ville de Saraqeb, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
Hier, les combats se poursuivaient près de Saraqeb, située directement sur l’autoroute M5, mais aussi près d’un secteur de l’ouest de la province d’Alep traversé par cette même voie, d’après l’OSDH.
Ces derniers mois, le régime a mené plusieurs opérations militaires qui lui ont permis de grignoter des pans de territoire à Idleb et ses environs, malgré des trêves restées au final lettre morte. Depuis début décembre, 358 000 personnes ont été déplacées par les violences, en grande majorité des femmes et des enfants, selon l’ONU.
S’il parvenait à reconquérir cette vaste région, le régime aurait repris le contrôle de la quasi-totalité du pays, hormis les zones contrôlées par les Kurdes ou par les forces turques et des supplétifs syriens dans le nord.
Source : AFP


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