Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Par Rime Khalaf

L’obéissance entre le devoir et le crime

Dans son ouvrage intitulé Désobéir, Frédéric Gros affirme : « L’obéissance aveugle prépare le futur sujet politique à accepter des lois avec lesquelles il ne serait pas d’accord. Elle l’éduque à la résignation politique. » La question d’obéir ou de désobéir accompagne l’être humain depuis l’enfance. Quel rôle joue la volonté lorsqu’il s’agit d’obéir ou de désobéir ? Obéit-on volontairement ? La réponse est loin d’être simple puisque si la loi à laquelle on obéit est jugée bonne, l’obéissance prend donc la forme du respect et fait du sujet obéissant un être civilisé. Mais quand la loi devient critiquable, son respect devient une honte aux yeux de ses adversaires. Dans chaque soulèvement populaire contre la loi et ses représentants, les forces de l’ordre qui étaient les garants de la stabilité sociale deviennent tout d’un coup l’ennemi des manifestants, et ce parce qu’elles continuent à obéir à la loi et surtout parce qu’elles protègent les acteurs politiques.

La question qui se pose : faut-il vraiment blâmer tout groupe étatique dont la mission principale est de défendre la loi et les élus ? Est-il possible de remettre en cause la neutralité totale des institutions vis-à-vis de tous les acteurs politiques ? En effet, si la neutralité exige le mutisme, il va de soi qu’elle ne peut pas supprimer l’opinion car une personne sans opinion est une personne sans intelligence et asociale. Cette question nous rappelle un personnage qui a marqué les esprits au siècle dernier, celui d’Adolf Eichmann. Ce dernier était responsable de la déportation des juifs vers les camps de concentration. Lors de son procès à Beit Ha’am, il s’est défendu en affirmant qu’il n’a fait que suivre les ordres ; autrement dit, il n’est pas responsable de ce que tout le monde considère comme un crime de guerre. Il semble donc indispensable de repenser le lien entre le principe de neutralité et les crimes de guerre.

À l’heure actuelle, le principe de neutralité est de plus en plus critiqué à travers la haine et la violence dont les forces de l’ordre sont l’objet. Comme s’il est désormais inacceptable qu’une personne obéisse aveuglément à des lois jugées inéquitables et obsolètes. Faut-il donc que les exécuteurs de la loi participent à sa création et son abolition pour que l’exemple d’Eichmann ne se reproduise plus au XXIe siècle ?


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Dans son ouvrage intitulé Désobéir, Frédéric Gros affirme : « L’obéissance aveugle prépare le futur sujet politique à accepter des lois avec lesquelles il ne serait pas d’accord. Elle l’éduque à la résignation politique. » La question d’obéir ou de désobéir accompagne l’être humain depuis l’enfance. Quel rôle joue la volonté lorsqu’il s’agit d’obéir ou de désobéir ? Obéit-on volontairement ? La réponse est loin d’être simple puisque si la loi à laquelle on obéit est jugée bonne, l’obéissance prend donc la forme du respect et fait du sujet obéissant un être civilisé. Mais quand la loi devient critiquable, son respect devient une honte aux yeux de ses adversaires. Dans chaque soulèvement populaire contre la loi et ses représentants, les forces de l’ordre qui étaient...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut