Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

A travers l'affaire de la soirée à Versailles, "on a voulu salir mon image", dit Ghosn lors de sa conférence de presse



Carlos Ghosn lors de sa conférence de presse, à Beyrouth, le 8 janvier 2020. AFP / JOSEPH EID

Carlos Ghosn qui s'exprime mercredi à Beyrouth pour la première fois de manière publique depuis sa fuite rocambolesque du Japon le 29 décembre dernier alors qu'il fait l'objet de plusieurs inculpations de la part de Tokyo, a affirmé qu'on voulait "salir" son image, notamment avec l'affaire d'une soirée au château de Versailles.

Une enquête préliminaire a été ouverte en mars 2019, qui s'intéresse à deux soirées organisées au château de Versailles en échange d'une convention de mécénat entre le constructeur automobile Renault et l'établissement qui gère le château. Une information judiciaire pour "abus de biens sociaux" et "corruption" a aussi été ouverte en France par le parquet national financier concernant des contrats de conseil conclus par la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, RNBV.

"Il y a des gens qui pensent que je suis en prison à cause de l’affaire de Versailles. Pourquoi Versailles ? C’est le symbole du génie de la France (…). Ce n’est pas pour faire comme Louis XIV. (...) On voulait salir mon image. Nous étions des mécènes de Versailles (…). Nous avions soutenu la restauration du Salon de la Paix. Nous avons payé plus d’un million d’euros. Mais ce n’était pas un abus de biens sociaux. (...) On m’a dit que l'on pouvait mettre une salle à notre disposition. Je me suis dit « Pourquoi pas », à l’occasion du 51e anniversaire de Carole. (…) Sur les documents, il est écrit « offert par Versailles »", s'est défendu l'ancien PDG de Renault-Nissan, lors d'une conférence de presse très attendue au siège de l'Ordre des journalistes à Beyrouth.

Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet privé au Japon, M. Ghosn avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours de prison. Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le Japon dans l'attente d'un procès dont la date n'a pas été fixée, et de contacter son épouse Carole, visée désormais par un mandat d'arrêt de la justice japonaise. Détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne, il fait l'objet de quatre inculpations au Japon : deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Il est soupçonné de s'être enfui le 29 décembre en prenant un jet privé à l'aéroport international du Kansai, près d'Osaka (ouest du Japon), en compagnie de deux complices présumés, de nationalité américaine selon la télévision japonaise. Il aurait échappé aux contrôles en se cachant dans un caisson de matériel audio pour des concerts, selon des sources concordantes. Après une courte escale à Istanbul, le temps de changer de jet, il a atterri à l'aube du lundi 30 décembre au Liban, où il est entré "légalement", muni d'un passeport français et de sa carte d'identité libanaise.

Le Japon a dénoncé une évasion "injustifiable", tandis que le groupe automobile Nissan l'a qualifiée d'"extrêmement regrettable". L'affaire a pris une ampleur internationale et des enquêtes sont en cours au Japon et en Turquie, où M. Ghosn a fait escale.

M. Ghosn, ses proches et sa défense clament depuis le début son innocence et soutiennent qu'il a été victime d'un "complot" ourdi par Nissan pour le faire tomber, avec la complicité des autorités japonaises, car il s'apprêtait à organiser une fusion entre Renault et Nissan.

Nissan a déclaré mardi dans un communiqué que son enquête interne "solide et approfondie" avait permis de découvrir un nombre important de fautes graves commises par Carlos Ghosn à la tête du constructeur automobile. "Les faits démontrent que cette enquête n'a jamais eu pour but de découvrir la vérité; elle a été lancée et conduite dans le but prémédité d'abattre Carlos Ghosn pour l'empêcher de pousser plus loin l'intégration de Nissan et Renault, qui menaçait l'indépendance de Nissan, l'une des sociétés emblématiques du Japon", ont rétorqué les avocats de M. Ghosn dans un communiqué diffusé dans la nuit de mardi à mercredi.

Le Liban, qui n'a pas d'accord d'extradition avec le Japon, a reçu une demande d'arrestation d'Interpol. M. Ghosn pourrait être entendu par le parquet général, comme l'impose la procédure.


Carlos Ghosn qui s'exprime mercredi à Beyrouth pour la première fois de manière publique depuis sa fuite rocambolesque du Japon le 29 décembre dernier alors qu'il fait l'objet de plusieurs inculpations de la part de Tokyo, a affirmé qu'on voulait "salir" son image, notamment avec l'affaire d'une soirée au château de Versailles.Une enquête préliminaire a été ouverte en mars 2019, qui s'intéresse à deux soirées organisées au château de Versailles en échange d'une convention de mécénat entre le constructeur automobile Renault et l'établissement qui gère le château. Une information judiciaire pour "abus de biens sociaux" et "corruption" a aussi été ouverte en France par le parquet national financier concernant des contrats de conseil conclus par la filiale néerlandaise de l'alliance...