Des gens pour… Des gens contre … Et moi je cherche… je cherche une vérité… mais non… Je cherche LA Vérité…
Je cherche la vérité, mais je ne sais où elle est. Je cherche la vérité. Mais chacun a la sienne et je ne trouve point la mienne. Dans les rues, des voix, une cacophonie. Dans les maisons, colère, haine et accablement. Dans les restos, indifférence et velléité. Dans les forêts, des fumées. Dans les villes, du brouillard. Je cherche la vérité mais je ne sais où la trouver.
Je cherche la vérité. Je regarde, j’écoute, je suis. Je cherche la vérité mais peut-elle être en moi ? Si j’ai ma vérité et que tu as la tienne. S’il a sa vérité et qu’elle a la sienne. Où serait dame Vérité ? Elle ne peut être double, triple, quadruple. Une vérité aux multiples visages n’est plus vérité. Je cherche la vérité, mais je ne sais où elle est.
Je cherche la vérité dans le regard d’une femme moulée par les épreuves de la vie. Je cherche la vérité dans une ride qu’a gravée l’injustice sur le visage d’un homme non vieux mais vieilli. Je cherche la vérité dans la main de celui qui tient le bâton pour battre son frère. Il le bat, oui, parce qu’il a soif et a besoin de boire. Il boit le verre de l’amertume et de l’humiliation parce qu’il a soif et qu’il paie son eau plus cher que sa dignité. Je cherche la vérité…
Je cherche la vérité qui habite les larmes. Je cherche la vérité qui habite les cris du monde, les cris des enfants, le cri du Liban. Je cherche la vérité, mais peut-être, peut-être, que je commence à la trouver… Mais la vérité pourrait-elle se loger derrière un peut-être ?
Je cherche la vérité… Je reçois une gifle au cœur. Je cherche la vérité… La vérité fait peur. Je cherche la vérité… Mon sang crie irrité. Je cherche la vérité… Mais… dame Vérité soudain me crie dessus… Vérité est devant, derrière, à côté… partout ! Arrêtez ! Je ne veux plus vous voir, dame Vérité ! J’ai honte… Peut-être que je n’ai rien fait… Peut-être que ce n’est pas de ma faute mais… J’ai honte. J’ai honte pour moi, j’ai honte pour vous, j’ai honte pour nous. La vérité nous crie dessus mais le mal prend le dessus et… j’ai mal au pays.
Oh ! mon pauvre pays…
J’ai cherché la vérité et la vérité était partout, mais si lugubre et noircie qu’on ne put la reconnaître… J’ai cherché la vérité… J’ai eu mal au cœur, et mon pays souffrait de la voir déguisée. Alors que le mal était vêtu d’un sourire bienveillant, le bien cherchait à sortir de sa prison, mais…
J’ai cherché la vérité, la vérité me cherchait ; j’ai eu mal au cœur, mais mon pays commençait à respirer… J’ai cherché la vérité, la vérité s’arma de bravoure ; j’ai eu honte jusqu’aux entrailles, mais le Liban se libérait… J’ai cherché la vérité, la vérité se dévoilait et l’espoir… prit une décision. J’ai cherché la vérité… Vérité trouva Liberté, et Espoir sortit de son cocon.
Dans toutes ses prières, le Liban cherche la vérité. Il cherche la vérité creusée dans son cœur. La vérité qui lui ressemble. La vérité qui le rendra à son identité, Liban poli et non plus politisé. La vérité est présente, mais elle a besoin de courage et d’espoir pour dire ce qu’elle a à dire, pour se dévoiler, pour voir le jour. Et le Liban cherche sa libération et de tout son peuple. Il ne faut pas que notre Liban perde espoir d’être sa propre vérité.
Juliana SASSINE
Mastérante en langue et
littérature françaises à
l’Université libanaise
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