Au Camp Nou, Zidane l’entraîneur n’a jamais perdu : 2 victoires et 2 matches nuls. Une série fragile à préserver à tout prix ce soir… Kenzo Tribouillard/AFP
Un clásico sans filet : Ernesto Valverde et Zinédine Zidane abordent avec des dynamiques fragiles le choc au sommet du championnat d’Espagne de football, qui oppose le FC Barcelone au Real Madrid ce soir (à 21h00 au Liban) et pourrait précipiter l’un ou l’autre entraîneur dans un abîme de doutes.
Au Barça, Valverde le flegmatique navigue à vue au fil des résultats, régulièrement escorté par les rumeurs de limogeage. Quant à Zidane, l’ancienne icône merengue, il n’est plus aussi intouchable depuis son retour aux affaires en mars dernier… Autant dire qu’avant de penser à gagner, il va falloir essayer de ne pas perdre ce premier clásico de la saison entre le leader barcelonais de la LaLiga et son dauphin madrilène. Difficile de déterminer un favori entre deux équipes à égalité (35 points), deux formations accrochées ce week-end (2-2 contre la Real Sociedad pour le Barça, 1-1 à Valence pour le Real) et deux entraîneurs qui relèvent enfin la tête après un début de saison mitigé.
Grâce à la bonne passe des Catalans depuis fin novembre et une qualification pour les 8es de finale de la Ligue des champions, Ernesto Valverde a pu souffler. Mais sa place avait été sérieusement fragilisée en début d’automne, quand le jeu du Barça semblait triste, uniquement éclairé par les coups de génie de Lionel Messi… à l’image de son triplé contre Vigo, le 9 novembre (4-1). « Le pire Barça du XXIe siècle », avait même osé le quotidien sportif madrilène Marca, le plus lu du pays. Si le bilan comptable des Barcelonais est plutôt bon, les difficultés dans le jeu persistent : malmené à Saint-Sébastien samedi dernier, le Barça a subi pendant une heure. Mais Valverde a évacué les doutes, assurant que « le clásico sera(it) différent ». Pendant cette période de turbulences, Valverde s’est « inquiété un peu, c’est tout ». Il a maintenu le cap pour sa 3e saison sur le banc blaugrana, avec toute la confiance de son président Josep Maria Bartomeu, qui l’a prolongé jusqu’en 2020, avec une saison supplémentaire en option.
Mais si la cote de popularité du « Txingurri » (la fourmi, en langue basque) s’est effritée depuis longtemps, celle de Zinédine Zidane n’est plus aussi stratosphérique en dépit des trois Ligues des champions conquises lors de son premier mandat (2016 à 2018). « Zizou », chantre du calme et de l’élégance à la madrilène, essuie plus de critiques que lors de sa première et brillante pige sur le banc merengue. Et ses choix tactiques, souvent salués, sont aussi de plus en plus discutés. Son milieu à 4, assez joueur (Modric, Valverde, Kroos, Isco), aligné à Valence dimanche dernier pour préserver l’indispensable milieu défensif Casemiro, a posé question: très bon en 1re période, le quatuor a ensuite souffert. La dernière fois que le Real Madrid s’était incliné (1-0 à Majorque le 19 octobre dernier), Zidane avait aussi dessiné un milieu à 4 joueurs beaucoup trop offensif, avec James Rodriguez, Isco, Casemiro et Vinicius. « Indéchiffrable Zidane », titrait Marca, jeudi dernier, au lendemain de la dernière rencontre de la phase de poules de la Ligue des champions, à Bruges (3-1), alors que le technicien français a pris un risque en titularisant Casemiro et Karim Benzema, et en gardant Gareth Bale sur le banc.
Au Camp Nou, Zidane l’entraîneur n’a jamais perdu : 2 victoires et 2 matches nuls. Une série fragile à préserver à tout prix ce soir… Mais hier, Zidane a tenté d’apaiser l’atmosphère : « C’est un simple match de football. Il se dit beaucoup de choses autour, mais en fin de compte, ce que les gens veulent voir, c’est un bon match de football, rien de plus », a-t-il déclaré en conférence de presse à Valdebebas, au centre d’entraînement du Real Madrid, avant de rallier Barcelone. « Tout ce que nous avons à faire, c’est mettre toute notre énergie sur le terrain et penser au jeu (…), a-t-il ajouté. J’espère qu’on verra un grand match demain (ce soir). Le plus important, ce n’est pas le résultat, mais plus ce que l’on va faire pendant 90 minutes qui va nous procurer de la joie. Les dynamiques se retournent vite, donc, moi, je suis focus sur ce que je fais jour après jour. Si je m’attarde sur ce qui peut m’arriver quand il y a un match qui ne se passe pas bien, il vaut mieux que je change de métier. »
Source : AFP


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