Technologie
Inégalités, préjugés : des chercheurs appellent à réguler l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle (IA) « augmente les inégalités » dans le monde et son déploiement devrait être soumis à une régulation stricte, notamment pour les technologies sensibles comme la reconnaissance faciale. C’est ce que préconisent des chercheurs de l’AI Now Institute de l’Université de New York (NYU) dans un rapport qui met en avant les premières conséquences négatives des technologies dites d’intelligence artificielle, de plus en plus présentes dans la vie quotidienne.
Des systèmes d’IA (collectes et analyses de données à grande échelle, automatisation des processus, apprentissage autonome des machines...) sont mis en place dans des secteurs comme la santé, l’éducation, le recrutement ou encore la justice « sans garde-fous ni structures de contrôle appropriés », estiment les chercheurs. Ils s’inquiètent notamment de l’utilisation de l’IA dans des domaines allant « des ressources humaines aux services sociaux, de la surveillance au suivi des immigrants et des minorités ».
« Il apparaît de plus en plus clairement que dans divers domaines, l’IA amplifie les inégalités, place les informations et les moyens de contrôle dans les mains de ceux qui ont le pouvoir, démunissant du même coup ceux qui n’en ont déjà pas. »
La reconnaissance faciale, déjà très répandue, et la reconnaissance émotionnelle par des machines, plus balbutiante, sont déployées beaucoup trop vite, selon cette étude. Les gouvernements et entreprises devraient arrêter d’utiliser la reconnaissance faciale « dans des contextes sociaux et politiques sensibles », jusqu’à ce que les risques soient mieux compris, soulignent-ils.
L’identification des émotions par des machines devrait tout simplement être interdite, sachant les incertitudes sur cette technologie. « Elle ne devrait pas jouer un rôle dans les décisions importantes que prennent les humains, lors d’entretiens d’embauche, de consultations médicales, de rendez-vous avec un assureur ou de l’évaluation des élèves à l’école. »
Les universitaires plaident en outre pour que les ingénieurs et développeurs soient mieux informés sur les implications et possibles conséquences des appareils et programmes qu’ils conçoivent. Ils évoquent enfin le problème de la reproduction des préjugés par les technologies d’IA, qui peuvent renforcer le racisme ou le manque de diversité.
Tabagisme
Les fumeurs qui veulent passer au vapotage « ne doivent pas hésiter », selon l’Académie de médecine en France
Les fumeurs qui envisagent de passer à la cigarette électronique, « au lieu du tabac, ne doivent pas hésiter », estime l’Académie de médecine française, soulignant que ce produit « utile à l’arrêt du tabac » est mieux contrôlé en France qu’aux États-Unis.
L’institution s’inquiète des effets pervers que pourrait provoquer la « crise de confiance » dans le vapotage, liée à la « soudaine épidémie de pathologies pulmonaires » observée aux États-Unis et au rapport prudent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), considérant les e-cigarettes comme « incontestablement nocives ». « Cette crise de confiance pourrait causer la mort de milliers de fumeurs, alors que le tabac tue la moitié de ses fidèles consommateurs », craint l’académie dans un communiqué. Elle fait valoir qu’en France, « les cigarettes électroniques relèvent de normes de qualité et de sécurité, à l’inverse des États-Unis » et que la « cause principale » de l’épidémie d’atteintes pulmonaires aux États-Unis est un « détournement » de l’usage des cigarettes électroniques avec un « contenu nocif » (probablement une huile de vitamine E ajoutée dans des recharges au cannabis vendues sur le marché noir).
Selon l’académie, le vapotage « aide à l’arrêt et à la diminution de la consommation de tabac ». Elle souligne qu’on ne fait pas face en France à un « mésusage » de ce produit par les mineurs, comme c’est le cas outre-Atlantique du fait d’un « défaut de réglementation ».
Source : AFP


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