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La Dernière

Choc (électrique) autour de l’arbre de Noël

This is America

Il y a vraiment anguille sous roche durant cette période festive de l’année, dégageant une nouvelle magie.

13/12/2019

Le beau sapin, roi des majestueuses forêts et des chaudes atmosphères des fêtes de Noël, vient de prendre le large. La dernière en date de ses performances est de trôner et d’étinceler au bord de l’eau. Un lieu étranger à ses us et coutumes, lui qui a l’habitude de se déployer en intérieur. Néanmoins, la science a permis cet écart pour se rapprocher du grand public. Ainsi, le concept des aquariums noélisés se développe, non seulement pour le décor mais pour populariser la richesse et le potentiel de la faune marine. Cette année, en particulier, l’aquarium de la ville de Chattanooga, dans le Tennessee, expose un arbre de Noël illuminé par des ondes électriques émises par une espèce d’anguille développant ce phénomène et qui a été placée dans un aquarium jouxtant l’arbre. Ce projet a été nommé Schocking Around The Christmas Tree, (Choc autour de l’arbre de Noël) et l’anguille « opératrice » baptisée Miguel Wattson. Explications de Joey Turnipseed, le spécialiste de la production audiovisuelle de l’aquarium qui a mis au point le système de transmission des pulsations du poisson (naturellement producteur d’électricité), aux guirlandes des petites lumières du sapin de Noël. « De plus, des speakers convertissent en sons les décharges que le public peut entendre au moment où les lumières s’allument. »

Une capacité de 800 volts de « Bazamm » et « Zara-Bosh »
Du point de vue purement technique, « le clignotement rapide et faible des lumières est causé par les coups de basse tension constants qu’il émet lorsqu’il essaie de trouver de la nourriture », a déclaré l’aquariophile Kimberly Hurt. « Les plus gros clignotements sont causés par les chocs de tension plus élevés qu’il émet quand il mange ou qu’il est excité. » Dans ce cas, son voltage peut atteindre 800 volts, soit environ huit fois plus que celui communément utilisé et mesuré à 120 volts.Un grand divertissement pour les curieux et les amoureux des fonds marins mais aussi pour les responsables de l’aquarium, une manière de familiariser les visiteurs avec les innombrables trésors enfouis vingt mille lieues sous les mers. Ils auront notamment, dans ce cas, fait la connaissance d’une espèce de poisson qui n’est pas exactement l’anguille comestible que l’on connaît.

Car il s’agit d’une espèce de poisson d’eau douce (Electrophorus electricus) rencontré dans le nord de l’Amérique du Sud, du bassin de l’Orénoque à celui de l’Amazone. Malgré son nom et en dépit de sa ressemblance avec les anguilles des mers, il n’appartient pas à la famille des Anguilliformes mais aux Gymnotidae (certains le classent dans une famille à part : les Electrophoridae). Il a longtemps été considéré comme seule espèce du genre Electrophorus, mais une étude publiée en 2019 révèle l’existence de deux autres espèces se différenciant par la base de caractères morphologiques, génétiques et écologiques.

Outre son côté spectaculaire, cette expérience mise au point par l’aquarium de Chattanooga suscite une meilleure connaissance et prise de conscience de la protection de l’environnement maritime. Et, pour ceux qui ne se trouvent pas dans cette ville américaine en cette période de vacances, une connexion mondiale par le biais d’un compte tweeter Miguel a été prévue. Et là, quand Miguel est dans tous ses états électriques, le compte émettra des sons tels que Bazamm ou Zara-Bush ...

Cet événement ce n’est pas une première : en 2012, Living Planet Aquarium de Sandy, dans le Utah, avait activé l’illumination de son arbre de Noël de cette manière et, en 2015 à l’autre bout du monde, le Japon avait fait appel à une paire d’anguilles pour illuminer le célèbre aquarium de la petite île d’Enoshima.

Quant aux petites lumières, actionnées par le traditionnel courant électrique et que l’on aime enrouler en guirlandes autour du sapin de Noël, leur création remonte à l’année 1882. Les petites ampoules en couleur sont la création de l’inventeur Thomas Edison. Par la suite, leur fonction avait été détournée en ornements par Edward Hibberd Johnson, un modeste ingénieur et homme d’affaires à l’esprit fantaisiste qui les a enfilés autour d’un fil électrique pour décorer l’arbre de Noël. On ne se doutait pas que la nature possédait cette même capacité d’éclairage.


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