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Liban

Arrestations musclées de centaines de personnes depuis le début des manifestations

Journée mondiale des droits de l’homme

Utilisation de la force de manière excessive et détention de protestataires pendant plusieurs heures dans des lieux tenus secrets sont à déplorer.

11/12/2019

Depuis le début des manifestations, le 17 octobre dernier, des centaines de personnes ont été interpellées puis relâchées par les services de sécurité. Dernières arrestations en date, celles de plusieurs militants hier à Jounieh, qui ont été relâchés en soirée, après une vague de protestations et des échauffourées avec les forces de l’ordre (voir par ailleurs). Une situation qui inquiète les associations de défense des droits de l’homme opérant au Liban. Ces associations dressent un bilan peu flatteur de la situation, à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme (10 décembre).

« Depuis le début du mouvement de protestation, les forces de sécurité ont respecté le droit des citoyens à manifester, mais elles ont utilisé la force de manière excessive au 2e jour de la mobilisation (le 18 octobre), lorsqu’elles ont dispersé les manifestants à coup de gaz lacrymogènes et en arrêtant plus de 100 personnes », indique à L’Orient-Le Jour Aya Majzoub, chercheuse chez Human Rights Watch (HRW) pour les sujets relatifs au Liban. « Le 18 octobre dernier, HRW a enregistré 130 arrestations. Entre le 17 octobre et le 4 novembre, au moins 200 personnes ont été interpellées, dont 19 étaient encore détenues le 14 novembre », révèle Mme Majzoub.

Interrogé par L’OLJ, le président du Centre libanais pour les droits humains, Wadih el-Asmar, indique pour sa part qu’il y a eu « environ 500 arrestations depuis le début des manifestations, dont au moins 100 cas durant lesquels les interpellations ont été musclées et où les manifestants ont été sujets à des violences durant les interrogatoires ».

Aya Majzoub dénonce de son côté les arrestations musclées de manifestants pacifiques, alors que des partisans du Hezbollah et du mouvement Amal qui avaient attaqué les protestataires le 25 novembre dernier sur la voie express du Ring courent toujours. « Les forces de sécurité n’ont pas réussi à protéger les manifestants pacifiques lorsque ces derniers ont été attaqués. Ils ne sont intervenus qu’une fois l’attaque entamée. À notre connaissance, aucun des assaillants n’a été arrêté par les forces de l’ordre », déplore la chercheuse.

Revenant sur les centaines d’interpellations survenues depuis le 17 octobre, Wadih el-Asmar dénonce par ailleurs le fait que certains organismes sécuritaires gardent secret le lieu de détention des manifestants. Il faisait notamment référence à l’interpellation le mois dernier du militant Khaldoun Jaber à Baabda. Le jeune homme avait disparu des radars pendant plusieurs heures, avant de réapparaître au poste de police de Hobeiche, à Beyrouth. À sa sortie, il portait des traces de coups sur son corps. « Pendant le temps où l’on ignore leur lieu de détention, les personnes interpellées échappent à la protection de la loi », déplore-t-il.

M. Asmar salue en outre le fait que les avocats peuvent désormais s’entretenir avec les prévenus avant le début des interrogations. « C’est une avancée, mais à chaque fois il y a une nouvelle bataille. On espère que la présence du nouveau bâtonnier de Beyrouth, Melhem Khalaf, va aider les avocats à pouvoir entrer dans les prisons », indique le directeur du CLDH.


(Lire aussi: Naufrageurs dans la tempête, l'éditorial de Issa GORAIEB)


Tactiques d’intimidation

L’usage excessif de la force pour ouvrir les routes bloquées par les manifestants fait également partie des pratiques décriées par Aya Majzoub. « Les forces de sécurité ont malheureusement utilisé la force à plusieurs reprises pour ouvrir les routes bloquées. Elles ont frappé des manifestants avec des bâtons ou des crosses de fusil », dénonce la chercheuse chez HRW, tout en déplorant l’usage de « tactiques d’intimidation ».

Pour Wadih el-Asmar, c’est surtout « l’absence d’action de la part de la commission nationale pour les droits de l’homme » qui est à déplorer. « Cette commission s’est contentée de publier quelques communiqués, au lieu d’intervenir par exemple lorsque nous ne savions pas où étaient détenus certains manifestants », indique M. Asmar qui constate que « la situation (au niveau des droits de l’homme) s’est dégradée par rapport à l’année dernière ».

« Le point positif que l’on peut relever, c’est que la commission nationale pour les droits de l’homme et la commission pour la prévention contre la torture ont élu leurs présidents dernièrement, mais les résultats ne sont malheureusement pas encourageants pour l’instant. On attend par ailleurs la mise sur pied d’une commission nationale pour les disparitions forcées », souligne-t-il.

Si les médias ont connu pour leur part une brève accalmie avec le début des manifestations, il semblerait qu’ils soient à nouveau la cible de plaintes en diffamation. Le mois dernier, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a porté plainte contre le site internet al-Jaras, tandis que le président du Parlement Nabih Berry a porté plainte contre la chaîne al-Jadeed, souvent décriée par les partisans d’Amal et du Hezbollah.


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Sissi zayyat

Nous savons d'où viennent les ordres pour tabasser les gens dans la rue et sommes en train de gagner la bataille et leur tour arrivera. Ils seront aussi très bien traités si un avion ne les dégage pas vite fait dans un endroit inconnu où ils ne pourront pas bénéficier de leur pactole volé puisqu'ils seront poursuivis jusqu'à leur dernier souffle.
Quant aux zélés des forces de l'ordre, ils sont aux ordres et font même un peu plus, forts de leur uniforme et leurs armes. Cela s'appelle de la lâcheté que de s'en prendre à des gens civils non armés. Pour prouver leur virilité il leur faut trouver autre chose. Le patriotisme par exemple.
Que font les chefs de ces gens-là à part pactiser encore et toujours avec Amal et les vendus. Ils portent les armes et les uniformes que les citoyens leur ont payé et non pas leur donneur d'ordre qui d'ailleurs continuent de se goinfrer dans leur palais aux frais des contribuables pendant qu'ils ordonnent de les mater.

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