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Israël

Netanyahu cherche à tout prix à échapper à un 3e scrutin législatif

Le Premier ministre israélien cherche à promouvoir son plan d’annexion d’un pan de la Cisjordanie occupée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu présidant la réunion hebdomadaire du gouvernement à Jérusalem, le 8 décembre 2019. Ronen Zvulun/Pool/AFP

Dernière tentative d’échapper à un troisième scrutin législatif ? Empêtré de toutes parts dans des affaires judiciaires et coincé politiquement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réitéré hier son intention d’annexer une partie de la Cisjordanie occupée et des colonies israéliennes, trois mois après avoir déjà fait part de sa volonté d’annexer l’ensemble des colonies dans la vallée du Jourdain, bande de terre stratégique qui représente environ 30 % de la Cisjordanie occupée, s’il remportait les élections législatives. « Il est temps d’appliquer la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et de légaliser toutes les colonies de Judée et Samarie », a affirmé M. Netanyahu lors d’une conférence organisée par le quotidien israélien de droite Makor Rishon, utilisant ce terme biblique pour désigner la Cisjordanie. « Elles feront partie de l’État d’Israël », a-t-il ajouté.

M. Netanyahu entend ainsi profiter de la nouvelle position américaine concernant les colonies israéliennes pour tenter de redorer son blason à un moment où tout semble lui échapper. En novembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a affirmé que Washington « ne considérait plus » les colonies israéliennes en Cisjordanie comme étant « contraires au droit international », allant, une fois de plus, à contre-courant des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur cette question. « Je veux que les États-Unis reconnaissent notre souveraineté sur la vallée du Jourdain, c’est important », a déclaré M. Netanyahu, précisant qu’il en avait récemment parlé avec Mike Pompeo, sans présenter de plan formel. La Chambre américaine des représentants a néanmoins adopté une résolution exigeant que tout plan de paix des États-Unis soutienne la solution prévoyant un État palestinien aux côtés de l’État d’Israël.

Les déclarations de M. Netanyahu arrivent au moment où l’État hébreu fait face à l’une des plus graves crises politiques de son histoire, mais également en pleine période d’incertitude quant à l’avenir politique et personnel du Premier ministre israélien.



(Lire aussi : Au Likoud, la couronne de « Bibi » fait des envieux)


Mutinerie

Après les échecs consécutifs de Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz, président du parti « Bleu, Blanc », à former un gouvernement, le président israélien Reuven Rivlin a confié au Parlement (la Knesset) la mission de réussir là où les deux hommes ont échoué. La date limite pour assurer cette mission est fixée au 11 décembre, soit ce mercredi. Si rien ne se passe, les Israéliens retourneront aux urnes pour la troisième fois en un an. Un scénario que tout le monde dans le pays cherche à éviter.

M. Netanyahu continue de tenter de convaincre Benny Gantz de former un gouvernement d’« union nationale », ce qui apparaît, pour lui, comme la seule et unique issue possible face à l’impasse politique en cours dans le pays. M. Gantz a néanmoins récemment affirmé qu’il refuserait de composer avec une personnalité politique israélienne « mise en examen ». Samedi, M. Netanyahu a donné l’air de vouloir tenter le tout pour le tout, exprimant son souhait que les Israéliens votent lors d’élections directes et choisissent entre lui et Benny Gantz.

La situation personnelle et politique de « Bibi » est également délicate. Car en plus de ses affaires judiciaires de « corruption », de « fraude » et d’« abus de confiance » – pour lesquelles il a été inculpé par le procureur général d’Israël –, le chef du gouvernement israélien doit également faire face à une « mutinerie » au sein de son propre parti, le Likoud. Celui-ci a récemment décidé d’organiser des élections internes, sans fixer de date. Un symbole d’un possible début de la fin de l’hégémonie de Benjamin Netanyahu au sein du parti, et plus largement sur la droite israélienne.

La presse locale a d’ores et déjà donné une liste de quelques noms qui pourraient éventuellement tenter de détrôner « Bibi ». Parmi ceux-ci, plusieurs ministres du gouvernement actuel. Le nom revenant le plus souvent reste celui de Gideon Saar, législateur de haut rang qui s’affiche aujourd’hui comme principal opposant à M. Netanyahu au sein du Likoud.

De leur côté, 52 % des Israéliens pensent que Benjamin Netanyahu devrait démissionner de son poste de Premier ministre après son inculpation dans trois affaires de corruption, selon un sondage publié par Channel 12 News vendredi et rapporté par le quotidien israélien Haaretz. 57 % des électeurs de droite ont en revanche répondu que « Bibi » devait continuer à diriger le gouvernement israélien malgré ces accusations.


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commentaires (2)

On se demande lequel de deux voisins-cousins a copié la corruption de l'autre... Irène Saïd

Irene Said

14 h 48, le 09 décembre 2019

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Commentaires (2)

  • On se demande lequel de deux voisins-cousins a copié la corruption de l'autre... Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 48, le 09 décembre 2019

  • Chaytanyahou et Trump-pète, l'un ne pourra pas partir sans l'autre. Au grand dam de la niaiserie et de la stupidité ambiante.

    FRIK-A-FRAK

    05 h 07, le 09 décembre 2019