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Économie - Crise

Le « Black Week-End » donne un peu d’air aux commerçants

Même très relatif, le succès de cette période exceptionnelle de soldes calquée sur le calendrier américain n’était pas acquis.

Certains centres commerciaux étaient plus fréquentés que d’autres durant le week-end. Photo P.H.B.

Pris à la gorge, selon leurs représentants, par la forte dégradation économique et financière du pays, ainsi que par la paralysie de l’activité depuis le début des manifestations populaires contre les dirigeants politiques qui se poursuivent depuis le 17 octobre, une partie des commerçants du pays a un peu retrouvé le sourire ce week-end.Ce grâce au « Black Week-End », période de soldes exceptionnels calquée sur le calendrier américain – une extension du « Black Friday » qui suit la célébration de Thanksgiving aux États-Unis –, qui a permis aux détaillants de plusieurs rues commerçantes et centres commerciaux de renouer avec une clientèle qui les avait désertés depuis de longues semaines. « Je n’ai presque pas eu le temps de prendre ma pause déjeuner depuis vendredi. Ce n’était plus arrivé depuis longtemps », plaisantait hier le responsable d’un magasin de vêtements de sport au Mall de Dbayé (Metn). « On retrouve enfin un peu l’effervescence qui caractérise habituellement la période précédant les fêtes de fin d’années », juge pour sa part un vendeur dans un magasin de déco au City Mall de Nahr el-Mott, à quelques kilomètres plus au sud.



(Lire aussi : Réunion à Baabda : des mesures en préparation, mais « pas de contrôle de capitaux »)



Jusqu’à 80 % de rabais
Adnan Rammal, membre des organismes économiques – l’organisation patronale dirigée par le ministre sortant des Télécoms Mohammad Choucair – et gérant à travers le groupe Rammal plusieurs magasins d’électronique et d’électroménager dans Beyrouth et sa banlieue, mais aussi à Tyr et à Zahlé, dresse un bilan plus contrasté. « L’activité est effectivement sans comparaison possible avec les niveaux enregistrés ces dernières semaines, caractérisés par un recul de 80 % au moins du chiffre d’affaires du secteur (une estimation déjà diffusée la semaine dernière par l’Association des commerçants de Beyrouth, dont Adnan Rammal est également membre). Mais les performances sont, au mieux, moitié moins élevées que celles enregistrées lors du “Black Week-End” de 2018 », estime-t-il.

De manière générale, les commerçants saluent également la suspension de la grève que les organismes économiques avaient prévu de lancer de jeudi à samedi derniers. Une mobilisation qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les commerçants et qui visait à faire pression sur les dirigeants. Ces derniers n’ont toujours pas réussi à s’entendre sur la formation d’un nouveau gouvernement devant remplacer celui de Saad Hariri, qui a démissionné fin octobre. Selon Adnan Rammal, les commerces de vêtements et chaussures – milieu de gamme et déstockage principalement –,

les supermarchés et les restaurants dans les centres commerciaux ont été les grands gagnants de cette période de soldes, devant les magasins spécialisés dans les accessoires et la décoration. « C’est en revanche plus compliqué pour l’électroménager, l’ameublement ou encore le luxe en général, où les clients se sont faits plus rares », ajoute-t-il. Un constat vérifiable hier sur le terrain dans plusieurs commerces dans une zone allant de Kaslik (nord du Kesrouan) à Beyrouth. « Si certains acheteurs ont effectivement fait des folies, la majorité d’entre eux ont privilégié les articles les plus immédiatement nécessaires et ont reporté tous les autres. Le niveau des rabais affichés, qui ont parfois atteint 80 %, a également beaucoup joué. Enfin, peu de clients ont privilégié les achats personnels aux cadeaux », évoque-t-il.



(Lire aussi : Grève : bousculades et scènes d’émeute devant certaines stations-service)



Baisse de salaires
L’affluence n’a pas été non plus la même dans toutes les régions. Les centres commerciaux situés dans la banlieue de la capitale étaient beaucoup plus fréquentés que ceux un peu plus excentrés. Beirut Souks, situé dans le centre-ville où les boutiques sont davantage centrées sur le haut de gamme, n’était pas très fréquenté hier après-midi. « Les manifestations qui se déroulent à quelques centaines de mètres de là ont certainement dû peser dans la balance », se hasarde un client flânant dans les rues de la capitale.

Même relatif, le succès du « Black Week-End » était loin d’être acquis. D’abord parce que la Banque du Liban (BDL) et les établissements bancaires du pays ont imposé ces dernières semaines un certain nombre de restrictions sur les transactions bancaires (plafonds de carte de crédit abaissés ou suspendus, réduction des seuils de retrait aux distributeurs automatiques, blocage de la majorité des transferts à l’étranger, etc.). Ensuite parce que la réduction pilotée par la BDL de la quantité de dollars circulant sur le marché a fait flamber le cours du billet vert chez les changeurs. Enfin parce que la baisse radicale de l’activité économique résultant de la crise, mais aussi des blocages de routes organisés en marge du premier mois de manifestations, a contraint nombre d’entreprises à réduire les salaires de leurs employés dans des proportions allant généralement de 25 à 50 %. « À moins que la situation n’évolue positivement, le premier réflexe des acheteurs dans les mois à venir sera de faire des économies pour pouvoir faire face aux difficultés à venir », analyse Adnan Rammal.

Il reste que les tribulations du dollar dans les bureaux de change, où il a dépassé 2 000 livres la semaine dernière alors que la BDL continue d’assurer la parité fixe de 1 515 livres pour un dollar pour les transactions bancaires, a logiquement influé sur les choix de promotions. Dans un magasin d’électronique, un commerçant s’engageait par exemple à faire payer moins cher un article dont le prix était affiché en livres aux acheteurs disposés à régler leurs achats en dollars, par carte ou en espèces, entre autres exemples.



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Pris à la gorge, selon leurs représentants, par la forte dégradation économique et financière du pays, ainsi que par la paralysie de l’activité depuis le début des manifestations populaires contre les dirigeants politiques qui se poursuivent depuis le 17 octobre, une partie des commerçants du pays a un peu retrouvé le sourire ce week-end.Ce grâce au « Black Week-End », période de soldes exceptionnels calquée sur le calendrier américain – une extension du « Black Friday » qui suit la célébration de Thanksgiving aux États-Unis –, qui a permis aux détaillants de plusieurs rues commerçantes et centres commerciaux de renouer avec une clientèle qui les avait désertés depuis de longues semaines. « Je n’ai presque pas eu le temps de prendre ma pause déjeuner depuis vendredi. Ce...
commentaires (1)

Y a t il eu un black Friday pour les piquouses de botox des "révolutionnaires" des places publiques ?hahahaha.

FRIK-A-FRAK

16 h 26, le 02 décembre 2019

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Commentaires (1)

  • Y a t il eu un black Friday pour les piquouses de botox des "révolutionnaires" des places publiques ?hahahaha.

    FRIK-A-FRAK

    16 h 26, le 02 décembre 2019

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