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Liban

Libération de Dana Hammoud, arrêtée après une altercation avec un policier à Hamra

Des dizaines de Libanais se sont mobilisés dès hier soir pour réclamer aux autorités de relâcher la jeune femme de 24 ans, qui manifeste régulièrement contre la classe politique.

Dana Hammoud, (d), enlaçant une proche, après avoir été relâchée par la police, le 30 novembre 2019 à Achrafieh. Photo Patricia Khoder

La jeune Libanaise Dana Hammoud, qui avait été arrêtée vendredi après une altercation avec la police lors d'une manifestation devant une station-essence à Hamra et qui avait reçu le soutien de dizaines de Libanais de différentes régions du pays, a été relâchée ce matin du poste de police de la rue Baydoun à Achrafieh.

"Je vous remercie tout un chacun parce que vous vous êtes mobilisé en ma faveur. Nous formons tous une seule famille", a lancé la femme de 24 ans, portée sur les épaules de ses proches. "J'ai dû signer un engagement écrit dans lequel je promets de ne plus m'en prendre aux forces de l'ordre. Je leur ai dit que je respecterai les policiers qui me respectent", a expliqué Dana Hammoud. "Je n'ai agressé personne, mais je me défendrai contre quiconque m'agresse.", a-t-elle lancé, sur un ton défiant. "Révolutionnaires, libres, nous poursuivons le combat !", a scandé la jeune femme, en choeur avec ses proches.

Réagissant à cette affaire, la ministre sortante de l'Intérieur, Raya el-Hassan, a tenté d'exprimer une position conciliante. "Je m'adresse aux jeunes pour leur dire que je comprends leur colère. Mais je souhaite qu'ils se montrent compréhensifs envers la pression à laquelle sont soumises les Forces de sécurité. Au final, l'agent des FSI s'inquiète autant pour sa famille. Sa dignité et la vôtre sont liées. De même que son prestige et celui de l’État. S'il a commis une erreur, c'est la justice qui le jugera", a écrit M. Hassan sur Twitter.

Dana Hammoud, qui manifeste régulièrement depuis le début de la révolte populaire le 17 octobre contre la classe politique, participait à un sit-in devant une station-service proche du siège de la Banque du Liban à Hamra, lorsqu'elle a été arrêtée vendredi dans l’après-midi suite à une altercation avec un agent des Forces de sécurité intérieure. Selon l’avocat Ayman Raad, membre du Comité d’avocats de défense des manifestants, dépêché pour prendre la défense de Mme Hammoud, l’altercation entre les deux parties a débuté lorsque la voiture des FSI a coupé la queue pour remplir de l’essence. En faisant marche arrière, la voiture des FSI a cogné une moto qui s’est renversée. Dana Hammoud a alors apostrophé le policier, qui lui a lancé des insultes. Cette dernière s’est certes énervée, mais, toujours selon l’avocat, l’agent des forces de l’ordre l’avait insultée en premier. C’est alors qu’a eu lieu l’altercation et l’arrestation de la jeune femme, qui a d’abord été emmenée au poste de gendarmerie de Minet-el Hosn puis transférée à la caserne Hélou dans une voiture blindée, et puis vers le poste de police dans la rue Baydoun, à Achrafieh.



Les Forces de sécurité intérieure ont publié pour leur part un communiqué donnant leur version des faits. "Une altercation a eu lieu le 29 novembre entre la citoyenne D. H. et une patrouille de la polie de Beyrouth, durant laquelle la jeune femme, en colère, a lancé des insultes et obstrué le passage de la patrouille, en s'interposant face au véhicule de police et en donnant des coups contre la voiture, ce qui a provoqué l'intervention d'un lieutenant pour mettre un terme à cette altercation et calmer la jeune femme. Mais celle-ci l'a agressé lorsqu'on a tenté de la repousser. Elle a été arrêtée sur ordre de la justice et après avoir été interrogée". 

La famille de Dana était venue dès hier soir devant la gendarmerie de la rue Baydoun pour réclamer la libération de la jeune femme. "Depuis hier je faisais le tour des gendarmeries à la recherche de ma fille", raconte Samia Abdallah, la mère de Dana Hammoud, à L'Orient-Le Jour. "J'ai attendu et attendu. On me promettait à chaque fois que j'allais voir ma fille. J'avais finalement été autorisée à la voir, mais sans lui parler, à la caserne Hélou, dans le quartier de Mar Elias. Elle a ensuite été emmenée à la gendarmerie de Baydoun, qui n'est pas équipée pour accueillir les femmes", poursuit Samia Abdallah. La mère affirme que sa fille n'a pas subi de mauvais traitements, mais qu'elle a été interdite de voir ses avocats, qui eux, ont dénoncé un "kidnapping".

Dès hier, de nombreux Libanais en colère se sont mobilisé devant les centres de détention, réclamant la libération de Dana Hammoud. Des fermetures de routes dans plusieurs localités de la Békaa, notamment Taalbaya, Saadnayel et Majdal Anjar, ont également eu lieu dans la nuit, en soutien à la jeune femme, selon notre correspondante sur place, Sarah Abdallah.


La jeune Libanaise Dana Hammoud, qui avait été arrêtée vendredi après une altercation avec la police lors d'une manifestation devant une station-essence à Hamra et qui avait reçu le soutien de dizaines de Libanais de différentes régions du pays, a été relâchée ce matin du poste de police de la rue Baydoun à Achrafieh.

"Je vous remercie tout un chacun parce que vous vous...

commentaires (9)

Lorsqu'une jeune femme est projetée à terre par une brute épaisse en uniforme une seule conclusion s'impose: La mauvaise éducation des chefs se manifeste dans le comportement de leurs subordonnés. Il est très regrettable qu'une certaine frange de notre population continue à trouver des justifications à la brutalité du personnel policier dans des incidents de ce genre.

Moussalli Georges

15 h 49, le 30 novembre 2019

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Commentaires (9)

  • Lorsqu'une jeune femme est projetée à terre par une brute épaisse en uniforme une seule conclusion s'impose: La mauvaise éducation des chefs se manifeste dans le comportement de leurs subordonnés. Il est très regrettable qu'une certaine frange de notre population continue à trouver des justifications à la brutalité du personnel policier dans des incidents de ce genre.

    Moussalli Georges

    15 h 49, le 30 novembre 2019

  • La mauvaise éducation aussi chez les protestataires !

    Chucri Abboud

    14 h 35, le 30 novembre 2019

  • Je ne veux pas avoir l'air de prendre parti, mais la version de la police est un peu tirée par les cheveux... Un peu beaucoup...

    Mike

    14 h 06, le 30 novembre 2019

  • Quand il s’agit d’une femme pacifiste qui s’indigne de la façon dont on l’encercle alors que quelques heures avant cette même femme a assisté aux destructions des tentes et l'agression des gens sans qu’aucun de ces héros ne bouge une oreille il y a de quoi péter les plombs. Un état ou les deux poids deux mesures continuent de sévir sous les projecteurs du monde et qui n’ébranlent aucune conscience responsable. Arrêter les gars vous êtes là pour assurer la sécurité des citoyens et non pas pour mettre de l’huile sur le feu. On se calme et on reste juste et digne l’uniforme ne vous donne pas tous les droits. Respectez- le et respectez les citoyens pour qu’ils continuent à vous considérer.

    Sissi zayyat

    13 h 40, le 30 novembre 2019

  • Elle aurait du se vêtir de noir….afin de montrer patte blanche.. des lumières ces agents!!!!

    c...

    13 h 21, le 30 novembre 2019

  • Bravo Dana Complimenti comme on dit en Italien

    Eleni Caridopoulou

    13 h 20, le 30 novembre 2019

  • Ils sont très forts pour faire de l'excès de zèle quand il s'agit d'arreter des femmes... en revanche, quand les voyous armés de batons débarquent, cassent et brulent... il n'y a plus personne...

    dimitri anid

    12 h 02, le 30 novembre 2019

  • LA DETERMINATION EST UNE QUALITE DE LA CONTESTATION ET LA JEUNE FILLE Y EXCELLE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 51, le 30 novembre 2019

  • La vidéo est choquante. N’en déplaise à certains, nos policiers n’ont pas reçu la formation adéquate qui leur permette d’être courtois avec la population tout en restant fermes.

    Liberté de Penser

    11 h 34, le 30 novembre 2019