C’est la première révolution dans l’histoire du Liban depuis la révolution de Tanios Chahine ! Même en Suisse, il y avait des révolutions avant que le peuple n’ait sa liberté et ne vive en liberté !
Lors d’une audience d’arbitrage en Suisse pendant que la guerre civile déchirait le Liban, j’ai dit à mes confrères que le Liban était auparavant dénommé la Suisse du Moyen-Orient. Ils m’ont répondu que la Suisse a été le théâtre de guerres civiles et de révolutions pour plus de trois siècles avant qu’elle n’obtienne sa liberté et avant que la démocratie ne s’établisse !
Le 17 octobre était bien la fin de la guerre civile au Liban, mais aussi le début d’une énorme révolution et d’une guerre de libération de la tutelle divine iranienne. Il est tout à fait normal que le pays explose, vu l’opulence dans laquelle vit la classe politique régnante, protégée par la tutelle iranienne. La révolution a commencé par la révolte des jeunes contre la pensée, les concepts et le comportement de la classe politique régnante, faisant ainsi tomber tout le régime qui existait depuis la guerre civile en passant par Taëf et en arrivant au 17 octobre.
L’importance de la révolution n’est pas déterminée par le nombre de jours ! Et les solutions ne seront pas trouvées en quelques jours !
La révolution est contre la classe politique et contre la tutelle divine iranienne ! Mais jusqu’à ce que le bien soit distingué du mal, il faut prendre en considération objectivement le concept de la classe politique, avec les trois présidents (dont l’un a démissionné) et leurs partis, de même que la force armée du Hezbollah qui contrôle les fondements de l’État.
La révolution est une guerre de libération contre le Hezbollah auquel sont soumis les trois présidents! Le Hezbollah suit la « wilayat al-faqih » et le faqih du Hezbollah est le guide suprême iranien. La « wilayat al-faqih » veut dire une divinité iranienne dans la conception du Hezbollah. Comment faire alors pour « libaniser » sa croyance divine et ses principes ? Les demandes de la révolution se heurtent à la tutelle divine iranienne sur le Hezbollah qui a permis aux partis des trois présidents de piller 80 milliards de dollars des fonds de l’État libanais.
La solution n’est pas simple ! Elle n’est même pas purement libanaise car l’Iran en est un élément essentiel! L’Iran est en état de guerre avec les États-Unis et a tissé sa toile en Iraq, en Syrie et au Yémen, et il est sur le point de tisser sa toile au Liban !
Les évènements en Iraq se passent sous nos yeux et la révolution dans ce pays est contre l’Iran. C’est ce qui se passe aussi avec les houthistes au Yémen. La Russie et l’Iran ont pris le contrôle commun de la Syrie après leur alliance suite au retrait des États-Unis, alors que la Turquie oscille entre la Russie et l’Iran !
La révolution et les réformes ne se heurtent pas à la classe politique uniquement. Les trois quarts du territoire syrien n’étaient plus soumis au contrôle de Bachar el-Assad, un fait qui précède l’intervention aérienne russe et l’intervention terrestre iranienne. Le facteur étranger joue donc un rôle très important dans l’établissement de la présence des agents de l’Iran.
La situation est similaire en Iraq où les chiites ont mis à feu le consulat iranien à Karbala lors des manifestations « millionniennes » et c’est le cas aussi au Yémen avec les houthistes !
L’Iran laissera-t-il le Liban glisser d’entre ses mains ?
Qu’en est-il de la guerre de Donald Trump avec l’Iran, surtout avec la politique étrangère versatile adoptée par Trump, dont la procédure d’« impeachment » a été publiquement engagée devant le Congrès américain ?
La classe politique régnante au Liban est soutenue par l’Iran, mais elle fait face, de même que le peuple libanais, à une crise financière et économique causée par le vol des fonds publics, ce qui va mener à la faillite !
Les réformes ne seront pas faciles car elles se heurteront à des facteurs étrangers. La tristesse règne partout, la révolution n’est ni victorieuse ni vaincue, et des facteurs économiques empêchent la révolution de réaliser ses objectifs. Mais la classe politique est tombée, les facteurs étrangers sont variables et, en fin de compte, le temps est en notre faveur.
Le changement sera radical et portera sur toutes les ruines et tous les résidus, dans cette région, du régime des mollahs en Iran, mais il s’effectuera en plusieurs étapes.
Ô Liban vert, quel est notre salut? Il ne reste aucun des livres sacrés !
Avocat


Le village de Deir Qanoun el-Nahr enterre les victimes du massacre israélien