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Gouvernement : les consultations parlementaires "pourraient avoir lieu jeudi ou vendredi", selon Aoun

Liban
OLJ
12/11/2019

Le président libanais, Michel Aoun, a affirmé mardi soir, lors d'un entretien retransmis sur les différentes chaînes de télévision libanaises, que les consultations parlementaires contraignantes pour la nomination du futur Premier ministre "pourraient avoir lieu jeudi ou vendredi".  A la question de savoir si les consultations parlementaires allaient avoir lieu jeudi ou vendredi, M. Aoun a répondu : "C'est vrai, mais cela dépend des réponses que nous attendons des personnes concernées. Si nous n'obtenons pas de réponses, nous pourrons retarder les consultations de quelques jours, mais beaucoup d'obstacles ont déjà été levés".

L'annonce de la date des consultations parlementaires est très attendue près de deux semaines après la démission, le 29 octobre, du gouvernement de Saad Hariri sous la pression d'un mouvement sans précédent de contestation contre la classe dirigeante, entré mardi dans son 27ème jour. La présidence avait justifié le retard de cette annonce par la volonté de M. Aoun de mener des tractations préalables entre les différentes formations politiques afin de préparer la "formule" selon laquelle sera formé le futur cabinet. Les discussions butent notamment sur la question de la mise sur pied d'un gouvernement composé uniquement de technocrates, comme le réclame la rue, alors que certains partis, comme le Hezbollah et le Courant patriotique libre, prônent un gouvernement "techno-politique". La place dans le futur gouvernement du chef du CPL Gebran Bassil, figure particulièrement conspuée par les manifestants, pose également problème.

Plus tôt dans la journée, lors d'une réunion avec des ambassadeurs, Michel Aoun avait affirmé que le Liban "aurait un gouvernement très bientôt". 

La démission du gouvernement est intervenue malgré l'opposition claire du Hezbollah à une telle décision. Les milieux proches du chef de l’État reprochaient de leur côté à Saad Hariri d'avoir pris le président par "surprise", en affirmant que la décision de démissionner n'avait pas été coordonnée au préalable avec le palais de Baabda.  Le départ du cabinet n'a pas calmé les protestataires qui réclament encore la chute de toute la classe politique, accusée de corruption, la formation d'un cabinet de technocrates indépendants des forces politiques et de nombreuses autres revendications d'ordre socio-économique.

Lors d'un discours prononcé à l'occasion du mi-parcours de son mandat, le chef de l’État avait annoncé qu'il était en faveur d'un futur gouvernement composé de ministres "choisis pour leurs compétences et non en fonction de leur affiliation politique".

La révolte populaire libanaise a été déclenchée le 17 octobre par l'annonce surprise d'une taxe sur les appels via les messageries instantanées comme WhatsApp. Cette mesure a été rapidement annulée mais la colère ne s'est pas apaisée contre la classe dirigeante, jugée incompétente et corrompue dans un pays qui manque d'électricité, d'eau ou de services médicaux de base, trente ans après la fin de la guerre civile (1975-1990).

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