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Économie

Plus de 60 % des stations-service sont à sec, affirme Samy Brax

Carburant
OLJ
12/11/2019

Le président du syndicat des propriétaires de stations-service, Samy Brax, a indiqué hier à L’Orient-Le Jour que « plus de 60 % des stations-service du pays » étaient à sec hier alors que les deux réunions entre les représentants des distributeurs de carburants et des membres du gouvernement sortant n’ont pas permis de déboucher sur une « solution définitive » à la crise que connaît ce secteur depuis fin août.

« La première réunion, organisée dans l’après-midi avec le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, n’a rien donné. Le Premier ministre Saad Hariri nous a demandé un délai de 48 heures pour tenter de trouver une issue », a indiqué le syndicaliste. Le Liban importe et paye en dollars tout le carburant consommé sur le marché local.


Série de refus

Si la valeur de la livre libanaise est fixée au dollar depuis 1997, son prix fluctue dans les bureaux de change depuis que la BDL a décidé de limiter sa circulation pour des raisons liées à la précarité de la stabilité financière du pays. Cette situation a provoqué un surcoût pour l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution de carburant dans le pays, des importateurs aux stations-service, en passant par les intermédiaires qui ont réclamé une solution aux dirigeants du pays. Début octobre, la Banque du Liban a tenté d’apporter une réponse définitive à cette crise en publiant une circulaire (n° 530) ayant l’ambition de régler la question de l’approvisionnement en dollar pour trois secteurs stratégiques – carburant, blé et médicaments. Les distributeurs de carburant ont d’abord accepté ce mécanisme, mais ont fini par changer d’avis la semaine dernière après que la Banque centrale eut modifié les modalités d’application du texte. La BDL a modifié le mécanisme initialement accepté en abaissant de 100 % à 85 % le pourcentage de la somme de dollars qu’elle accepte de débloquer aux conditions fixées, une décision prise dans le sillage des manifestations contre les dirigeants politiques qui ont démarré le 17 octobre. « Les importateurs ont dès lors décidé de réclamer aux distributeurs qu’ils approvisionnent 15 % du montant des factures en dollars, poussant de nombreuses stations-service à ne plus effectuer de nouvelles commandes depuis la fin de la semaine dernière », rappelle Samy Brax. Tandis que la ministre sortante de l’Énergie et de l’Eau, Nada Boustani, a refusé la semaine dernière d’augmenter le prix des 20 litres d’essence d’environ 700 livres (0,50 dollar aux taux officiel de 1507,5 livres pour un dollar), celui des Finances a écarté la proposition du secteur qui demandait à ce que le surcoût soit déduit des charges fiscales qui leur sont imposées. Chez Saad Hariri, ce sont cette fois les importateurs qui se sont opposés au Premier ministre qui leur demandait d’accepter que la totalité des commandes des distributeurs leur soient réglées en livres pendant « deux à trois jours » le temps qu’une solution définitive soit dégagée. « Aujourd’hui la situation est simple : les stations-service qui peuvent assurer 15 % de leurs factures en dollars pourront s’approvisionner, pas les autres », déplore Samy Brax. Les stations-service qui dépendent des importateurs ne sont en principe pas affectées même si leurs stocks se vident plus rapidement en raison de la hausse du nombre d’automobilistes qui s’y rendent.


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