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La Dernière

Delvaux, le peintre qui aimait les trains

Pendant ce temps, ailleurs...
OLJ
08/11/2019

Paul Delvaux était fasciné par l’univers ferroviaire. À Bruxelles, le musée du Train rend hommage au peintre surréaliste belge en présentant ses tableaux au milieu de vieilles locomotives grandeur nature. Pour les organisateurs de cette exposition, les liens étaient évidents entre l’œuvre de Delvaux, mort il y a 25 ans, et le Train World, musée ouvert en 2015 à la gare de Schaerbeek à l’initiative des chemins de fer belges (SNCB).

Mais encore fallait-il parvenir à intégrer ses tableaux grands et petits, aux détails parfois très fins, dans ces gigantesques murs érigés autour d’une authentique maison de garde-barrière. Pour François Schuiten, l’auteur de bandes dessinées (Les cités obscures, La Type 12) qui a imaginé la scénographie du Train World, le pari est réussi. « Brusquement, ce musée est habité, s’enthousiasme-t-il. J’ai l’impression que c’est une évidence qui prend corps. » Car pour mettre en résonance un artiste avec ce lieu, on a avec Paul Delvaux « le modèle parfait, assure-t-il. On a une œuvre complètement obsédée par le ferroviaire ».

Icône du surréalisme avec son compatriote René Magritte, dont il était contemporain, Paul Delvaux (1897-1994) est réputé pour ses peintures oniriques, mettant en scène des femmes, des squelettes, l’Antiquité, mais aussi des trains et des gares. Il en peint dès les années 1920, dans la période postimpressionniste, et continue à s’en inspirer quarante ans plus tard. Exemple : La gare forestière, un grand format de 1960, une des pièces maîtresses de l’exposition. Au premier plan, on y voit deux petites filles blondes, de dos, observant depuis un quai le panache de fumée noire d’une locomotive à vapeur. La fillette à la robe rouge est présente d’une pièce à l’autre, comme un fil conducteur tout au long du parcours. Personnages récurrents de Delvaux, ces petites filles de dos symbolisent « la poésie, la magie » de son art, selon François Schuiten.

Au total, une cinquantaine d’œuvres sont montrées, provenant pour la plupart du musée consacré à Delvaux à Saint-Idesbald, station du littoral belge où il a beaucoup séjourné à la fin de sa vie. L’exposition Paul Delvaux, l’homme qui aimait les trains se tient jusqu’au 15 mars 2020. Mais quatre tableaux resteront de façon permanente : ceux réalisés en 1963 dans le cadre d’une commande de la SNCB pour décorer les Trans Europ Express de la ligne tout juste électrifiée Paris-Bruxelles-Amsterdam. Ces tableaux, Gare la nuit (I et II) et Gare de jour (I et II), ont été conçus comme deux ensembles se répondant. Avec un jeu sur la lumière auquel le musée fait écho en plongeant le visiteur dans le noir pour mieux faire briller le métal des vieilles locomotives rénovées.

Une exposition pour les nostalgiques ? En quelque sorte, admettent les organisateurs, pour qui Delvaux restitue l’imaginaire et le rêve générés par le train depuis deux siècles. « Cette dimension a disparu aujourd’hui, les gens veulent avant tout être à l’heure, ils sont habitués à ça, dit François Schuiten dans un sourire. C’est toujours important de remettre en avant les valeurs du train. »

Matthieu DEMEESTERE/AFP

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