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Au Liban, les distributeurs de carburant suspendent les nouvelles commandes

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Une décision prise dans l'attente d'une réponse positive à leurs revendications de la part des responsables concernés, à commencer par le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, et la ministre Nada Boustani.

OLJ
07/11/2019

"Le problème de l’importation de carburant n'est pas réglé", ont déclaré, jeudi, les distributeurs de carburant. Comme prévu, les propriétaires de stations-service, de camions citernes et autres distributeurs intermédiaires ont tenu une conférence de presse à Hazmieh pour exposer leur position suite au refus de la ministre sortante de l’Énergie et de l’Eau, Nada Boustani, qu'ils avaient rencontrée mercredi, d’ajuster les prix du carburant pour tenir compte des coûts supplémentaires auxquels ils affirment devoir faire face en raison de la hausse du prix du dollar dans les bureaux de change.

Les distributeurs de carburants ont annoncé qu'ils allaient continuer de vendre le carburant déjà stocké au prix actuel, mais qu'ils allaient suspendre les nouvelles commandes jusqu'à ce qu'une réponse positive à leurs revendications soit apportée par les responsables concernés, citant nommément le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, et Mme Boustani. Les représentants du secteur n'ont en revanche pas souhaité préciser aux journalistes qui le demandaient la quantité des stocks actuellement disponibles.

Aucun représentant des sociétés importatrices de carburant n'était en revanche présent à la conférence. Selon une source proche du dossier, ces dernières ne seraient en effet pas alignées sur la position des autres acteurs du secteur et devraient continuer à alimenter les stations-services dépendant directement d'elles. 


(Lire aussi : Pourquoi les distributeurs de carburant veulent ajuster les prix)



Les distributeurs de carburant dénoncent depuis mercredi les modifications apportées à la circulaire n° 530 publiée début octobre par le Banque du Liban pour assurer, sous certaines conditions, aux importateurs de carburant (essence, mazout et gaz), de farine et de médicaments, l’accès à des liquidités en dollars au taux officiel pour les nouvelles commandes.

Le texte, qu'ils avaient fini par accepter une dizaine de jours après son entrée en vigueur, institue un mécanisme qui leur imposait de faire ouvrir, via leur banque, un compte spécifique pour toute nouvelle commande auprès de la BDL. Sur ce compte, les importateurs devaient initialement placer une somme en dollar correspondant à 15 % minimum du montant total de la commande concernée et faisant office de garantie, et une autre somme en livres (au taux officiel plus la marge autorisée des banques) équivalant à la totalité du montant en dollar demandé pour régler la commande. Une fois validée par la BDL, cette dernière réclamait en outre une commission sur chaque opération. La mise en place de ce mécanisme permettait par ailleurs aux autres acteurs de la chaîne de distribution – stations-service et intermédiaires – de régler les importateurs en livres aux importateurs.

Mais selon Samy Brax, président du syndicat des propriétaires de stations-service, la Banque centrale a modifié ces modalités après le début, le 17 octobre, des manifestations populaires contre le pouvoir au cours desquelles les établissements bancaires ont fermé leurs portes pendant près de deux semaines. "La BDL ne veut plus désormais assurer que 85 % des dollars et laisse les 15 % à la charge de l’importateur qui doit fournir le reste de la somme sur le marché secondaire où le prix du billet vert atteignait hier 1 700 livres", déplorait Samy Brax, interrogé mercredi par L'Orient-Le Jour. Il précisait en outre que le dépôt de garantie en dollar équivalant à 15 % de la commande ainsi que la commission de 0,5 % ont été maintenus.

Le problème concernant les ventes de carburant déjà stocké et qui avait été à l’origine de la réticence des distributeurs de carburant à accepter la circulaire n° 530, vient des banques. "La BDL avait accepté de débloquer les dollars au taux de 1 515 livres, mais les banques les ont revendus aux importateurs à un taux de 1 525 livres, les laissant devant le choix d’assumer seuls la différence ou de la répercuter d’une manière ou d’une autre sur les distributeurs locaux", avait résumé mercredi, Samy Brax.


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