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Liban

Devant EDL, une ferveur contestataire et contagieuse

Des dizaines de manifestants, hier, bloquant l’accès au bâtiment d’EDL, à Mar Mikhaël.

Quiconque a été témoin hier de la scène surprenante qui s’est déroulée devant le bâtiment d’Électricité du Liban à Mar Mikhaël, Beyrouth, ne sera plus jamais tenté d’évaluer l’ampleur des manifestations par le nombre des protestataires. Comme devant de nombreuses institutions étatiques dont les directions sont soupçonnées de mauvaise gestion et de gaspillage, un groupe de quelques dizaines de jeunes motivés se sont rassemblés devant le siège d’EDL, agitant drapeaux et slogans écrits sur des bouts de carton. Ils ont réussi à bloquer l’entrée et la sortie du bâtiment, sans que leur action ne soit entravée par les forces de l’ordre en présence. Mais le plus frappant était les klaxons des automobilistes passant à côté d’eux. Des klaxons continus. Des klaxons qui, loin d’être l’expression d’une impatience de la part des automobilistes quelque peu coincés, étaient une réponse sonore à une banderole brandie par une jeune fille, Juliette, et sur laquelle était écrit : « Si vous êtes avec la révolution, klaxonnez ! » Passants, automobilistes, motards : ils étaient nombreux, hier, à manifester leur solidarité avec la poignée de protestataires résolus. Grands sourires, échanges amicaux, slogans scandés en chœur… En quelques minutes, les rangs des « révolutionnaires » se sont gonflés de citoyens de tous âges, apparemment de toutes catégories sociales. Le fait qu’EDL soit l’un des foyers majeurs de gaspillage et de soupçons de corruption au sein de l’État libanais (des pertes estimées à deux milliards de dollars par an) y est assurément pour quelque chose... « Non au diktat du générateur, nous voulons récupérer l’électricité », ou encore « Corrompus, voyous, voleurs de deniers publics », scandaient les protestataires.

Pour Anthony, étudiant, il est pratiquement « inutile de dire combien l’EDL est une institution corrompue ». « Il était important de mener ces actions aujourd’hui, alors que les autorités seraient tentées de nous croire battus après la réouverture des routes hier (mardi), poursuit-il. Nous ne sortirons pas de la rue avant la formation d’un gouvernement de technocrates. »

Samantha a fermé sa jeune entreprise pour participer aux manifestations, « surtout qu’il n’y a pas beaucoup de travail ces jours-ci ». « Les employés d’EDL nous ont envoyé un message nous conseillant de ne pas manifester devant ce bâtiment, affirmant que le foyer de corruption est ailleurs, dit-elle. Ils sont sur la défensive, mais ne comprennent pas que c’est l’institution que l’on vise. »

S.B.


Quiconque a été témoin hier de la scène surprenante qui s’est déroulée devant le bâtiment d’Électricité du Liban à Mar Mikhaël, Beyrouth, ne sera plus jamais tenté d’évaluer l’ampleur des manifestations par le nombre des protestataires. Comme devant de nombreuses institutions étatiques dont les directions sont soupçonnées de mauvaise gestion et de gaspillage, un groupe de...

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