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Avec la démission du gouvernement Hariri, le plan de réformes est gelé, regrette Nasrallah

Liban
OLJ
01/11/2019

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé vendredi que les réformes que devait mener le gouvernement sortant de Saad Hariri ont été gelées suite à la démission de ce cabinet sous la pression inédite de la rue qui dure depuis plus de deux semaines.

"Le plan de réformes (proposé par le gouvernement Hariri) a été gelé. Il n'y a plus de gouvernement pour les approuver. Plus de lois pour la lutte contre la corruption, plus d'amnistie générale. N'était-ce pas ce que vous réclamiez?", a demandé Hassan Nasrallah aux manifestants, dans un discours télévisé retransmis en direct.

"Nous étions contre la démission du gouvernement mais le Premier ministre a pris sa décision et il doit avoir ses raisons, je ne veux pas débattre de cela. La prochaine étape portera sur la désignation du Premier ministre. Les Libanais doivent s'unir à ce sujet. Si la période d'expédition des affaires courantes dure (...), cela veut dire qu'il n'y a pas de gouvernement pour résoudre la crise économique et cela veut dire que les revendications des protestataires seront perdues".

Il s'agit du troisième discours du chef du Hezbollah en deux semaines. Lors de sa précédente allocution, le 25 octobre, le leader chiite avait estimé que "la contestation n'est plus un mouvement populaire spontané", prévenant que "le vide mènera au chaos et à l’effondrement". Il s'était ainsi prononcé contre la chute du gouvernement Hariri, contre la chute du mandat du président Aoun et contre des élections législatives anticipées. Ce jour-là, des dizaines de partisans du Hezbollah avaient attaqué des manifestants place Riad el-Solh, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre. Mardi, quelques heures avant l'annonce de la démission de Saad Hariri, des centaines de partisans du Hezbollah et du mouvement Amal s'étaient à nouveau attaqués à des manifestants pacifistes sur l'autoroute du Ring, avant de se rendre dans le centre-ville de Beyrouth, situé un peu plus bas, et de saccager les tentes des protestataires, délogeant ces derniers par la force.

Le Premier ministre sortant a annoncé mardi la démission de son gouvernement, à la surprise du président Aoun et du Hezbollah, après avoir affirmé vouloir créer un "choc positif" et en assurant vouloir répondre favorablement aux demandes des manifestants qui réclament le départ de la classe dirigeante. Des sources proches de Saad Hariri ont affirmé ces derniers jours que ce dernier serait prêt à assumer une nouvelle fois les responsabilités de chef du gouvernement.

S'adressant aux Libanais à l'occasion de sa mi-mandat, le président Aoun a affirmé hier être en faveur d’un gouvernement dans lequel les ministres seront "choisis pour leurs compétences et non en fonction de leur affiliation politique".

Le mouvement de révolte libanais, lancé le 17 octobre après la proposition d'imposition d'une taxe sur les appels via messagerie instantanée, rapidement retirée, a également touché les régions chiites du pays. Dans des villes comme Nabatiyé et Tyr, fiefs du Hezbollah et du mouvement Amal, les manifestants sont descendus par milliers dans la rue pour protester contre le système en place malgré les attaques, souvent armées, de militants de ces partis. Mais le mouvement de contestation a ensuite été circonscrit.

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