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Nos lecteurs ont la parole - Valeria Dagher

Une écorchure au cœur

Les cris retentissaient dans les couloirs, les sirènes des ambulances nous assourdissaient, les portes se fermaient par force.

Vous vous demandez ce que j’essaye de vous faire comprendre. C’est ce que j’ai vu dans les urgences de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri.

Des draps qui séparent les lits, une chaleur inconvenable pour des patients, des lits rouillés, des draps sales, une misère.

Je partage mon expérience pour montrer l’inégalité à laquelle l’homme qui appartient à une certaine classe sociale fait face.

J’ai eu la curiosité de quitter l’étage pour découvrir d’autres blocs. Ce que j’y ai vu était pire.

J’avais oublié qui j’étais, mon niveau social et de quelle famille je suis issue.

Je me suis placée dans la peau de chaque personne souffrante parce que moi aussi je suis une citoyenne qui se fait empoisonner par la haine que cette terre cruelle crache.

Je critique l’État pour la première fois. Jusqu’à présent, je trouvais toujours des excuses aux fautes commises. Mais ce que j’ai vu est beaucoup plus réel que ce que j’essaye de vous expliquer.

C’est une écorchure au cœur.

Un homme qui de nos jours meurt encore de faim est une insulte à l’humanité tout entière.

Quelle honte!

La situation est tellement tragique que le comique fait surface ; la tyrannie a l’allure d’une démocratie et c’est une classe politique sangsue qui prône nos droits.

L’accès aux soins de santé est la moindre des choses qu’un État doit assurer à ses citoyens, en considérant que cette population doit rester active pour booster le pays. De quelle sécurité parle-t-on si, dans un hôpital, on a tendance à prendre son revolver et risquer la vie de tous ceux qui sont présents ? De quelle égalité parle-t-on si un malade doit avoir un piston pour qu’il puisse être hospitalisé ? De quel État parle-t-on si la plupart des personnes agonisent aux portes des hôpitaux ? De quelle humanité parle-t-on si chaque hôpital est contrôlé par un parti politique ?

Ce problème est dorénavant une épidémie ; le matérialisme flotte à la surface du pays et l’humanité se dérobe.

Et ceci est toujours une discussion, toujours un débat. On suit la foule parce qu’on a peur de s’imposer, parce qu’on est un peuple singe de son maître.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Les cris retentissaient dans les couloirs, les sirènes des ambulances nous assourdissaient, les portes se fermaient par force. Vous vous demandez ce que j’essaye de vous faire comprendre. C’est ce que j’ai vu dans les urgences de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri.Des draps qui séparent les lits, une chaleur inconvenable pour des patients, des lits rouillés, des draps sales, une misère.Je partage mon expérience pour montrer l’inégalité à laquelle l’homme qui appartient à une certaine classe sociale fait face. J’ai eu la curiosité de quitter l’étage pour découvrir d’autres blocs. Ce que j’y ai vu était pire. J’avais oublié qui j’étais, mon niveau social et de quelle famille je suis issue. Je me suis placée dans la peau de chaque personne souffrante parce que moi aussi je suis une citoyenne qui...
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