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Tuerie à Paris : le ministre de l'Intérieur admet des "failles", exclut de démissionner

Selon les premiers enseignements de l'enquête, l'assaillant a pu fréquenter des personnes proches des milieux salafistes alors qu'il était employé dans le prestigieux service de renseignement de la PP.

Le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner, le 27 mai 2019, à Lyon. AFP / ROMAIN LAFABREGUE

Le ministre français de l'Intérieur a admis dimanche que la tuerie perpétrée au coeur de la préfecture de police de Paris (PP) par l'un de ses employés avait mis en évidence des "failles" dans le suivi de l'assaillant, proche de l'islam radical, mais a exclu de présenter sa démission, réclamée à droite et à l'extrême droite.

"Evidemment, il y a eu des failles (...) Evidemment, il y a eu du dysfonctionnement", a reconnu Christophe Castaner sur la chaîne TF1 trois jours après l'assassinat de quatre policiers par cet informaticien en poste dans une unité de renseignement de la préfecture, située en plein coeur de Paris, en face de la cathédrale Notre-Dame.

Selon les premiers enseignements de l'enquête, désormais aux mains des services antiterroristes, cet homme de 45 ans a adhéré à l'islam radical et fréquenté des personnes proches des milieux salafistes alors qu'il était employé dans le prestigieux service de renseignement de la PP.

Le ministre a notamment déploré qu'aucun "signalement" ne soit remonté aux autorités après que Mickaël Harpon eut justifié dès juillet 2015 devant des collègues la sanglante attaque jihadiste survenue quelques mois plus tôt contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. "C'est bien fait", aurait-il déclaré selon un rapport interne de la préfecture mis en ligne dimanche par la radio France Inter et authentifié à l'AFP par une source sécuritaire.

Ces propos ainsi que certains changements de comportement de Harpon avec les femmes ont fait l'objet d'une discussion informelle entre deux fonctionnaires et un major de police en charge des signalements de la radicalisation, en juillet 2015, mais leur signalement n'a pas été formalisé.

Selon la patronne de la Direction du renseignement de la PP (DRPP), Françoise Bilancini, qui signe ce rapport interne, ces éléments n'ont donc été portés à sa connaissance qu'après l'attaque de jeudi, "dans le cadre de discussions informelles".


(Lire aussi : Tuerie à la préfecture de police de Paris : l'auteur lié à l'islam "radical")


"Toute confiance"

Critiqué pour avoir affirmé jeudi, quelques heures après l'attaque, que l'assaillant n'avait "jamais présenté de difficultés comportementales" ni le "moindre signe d'alerte", Christophe Castaner a mis en avant cette faille pour se justifier.

"Je suis affirmatif dans le fait qu'aucun signe n'était apparu dans le dossier administratif de l'individu qui laissent penser qu'il puisse être radicalisé. Je vous le redis et je le dis hélas car si un signe était apparu peut-être aurions-nous pu éviter cela", a déclaré le ministre

"La question (de la démission) se pose-t-elle? Non", a ainsi affirmé M. Castaner, en qui le Premier ministre Edouard Philippe a assuré avoir "toute confiance".

Critiqué à plusieurs reprises depuis son arrivée à ce poste à l'automne 2018, M. Castaner est toutefois loin d'en avoir fini avec la controverse: il devra s'expliquer mardi à huis clos devant la délégation parlementaire au renseignement, a indiqué son président Christian Cambon à l'AFP.

En attendant, des éléments cruciaux de l'enquête restent à éclaircir, notamment le rôle trouble de l'épouse de M. Harpon, qui avait échangé avec elle 33 SMS le matin du drame.

"Au cours de cette conversation, l'auteur des faits a tenu des propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions: +Allah akbar+ puis +suis notre prophète bien aimé, Muhammad, et médite le Coran", a relaté samedi le procureur antiterroriste Jean-François Ricard, précisant que cette femme, d'origine marocaine, n'était pas fichée par les services de police. Mme Harpon a été remise en liberté dimanche soir sans être poursuivie à ce stade.

Se pose aussi la question de la quantité d'informations sensibles auxquelles l'assaillant a pu avoir accès à la préfecture, où il travaillait depuis 2003.

"Nous ne savons pas les informations auxquelles il a eu accès. Pour l'instant, nous n'avons pas de raison de penser qu'il a pu transmettre des informations", a déclaré dimanche sur BFMTV le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Il faut qu'on y voit clair le plus vite possible là-dessus". Il a en tout cas "à ce stade" écarté l'hypothèse selon laquelle l'assaillant aurait pu faire partie d'une cellule jihadiste. 



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commentaires (1)

C'est un tueur bien sous tout rapport, donc? Continuez à dormir chers français.

FRIK-A-FRAK

22 h 17, le 06 octobre 2019

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Commentaires (1)

  • C'est un tueur bien sous tout rapport, donc? Continuez à dormir chers français.

    FRIK-A-FRAK

    22 h 17, le 06 octobre 2019

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