Quelques projets de la BEI dans les pays méditerranéens

Le complexe d’énergie solaire Noor, à Ouarzazate. Photo DR

REPÈRE
OLJ
30/09/2019

Énergie solaire au Maroc : le complexe d’énergie solaire Noor, à Ouarzazate, est l’un des plus grands complexes d’énergie solaire du monde. Quand il sera achevé, il comptera plus de 580 mégawatts (MW) de capacités installées et fournira de l’électricité à 350 000 foyers au Maroc. La centrale devrait réduire les émissions de carbone de 760 000 tonnes par an et de 17,5 millions sur 25 ans.

Actuellement, le Maroc importe plus de 97 % de ses besoins en énergie – principalement du pétrole. Le complexe Noor à Ouarzazate devrait inverser la situation tout en stimulant l’emploi, grâce notamment à la construction d’une industrie solaire locale dans le cadre du projet.

Le soutien de l’Union européenne à ce projet a été apporté par le biais du dispositif mis en place par la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV), à travers laquelle 106,5 millions d’euros ont été octroyés. Le FIV est un instrument innovant créé pour cofinancer les projets d’infrastructure dans les pays voisins de l’UE et a contribué à stimuler la participation de la BEI – qui finance les trois premières phases à hauteur de 217,5 millions d’euros – ainsi que d’autres investisseurs, comme l’Agence française de développement (AFD), ainsi que la Banque de développement allemande (KfW). Au total, les fonds européens représentent jusqu’à 60 % du coût du projet.

Développement des entreprises en Égypte : la BEI a accordé 500 millions d’euros à la Banque Misr pour le financement d’investissements réalisés par des PME, ainsi que des entreprises de taille intermédiaire (ETI) dans les secteurs de la production manufacturière et des services pour améliorer leur compétitivité en Égypte. L’opération devrait contribuer au maintien de 38 000 emplois pour les PME et les ETI égyptiennes.

L’opération, qui renforcera l’accès des PME aux financements, s’inscrit dans le droit fil des priorités de l’État égyptien et de la coopération entre l’UE et l’Égypte. La BEI a accordé différents prêts pour les PME et les ETI en Égypte. En 2016, elle a signé des contrats de financement représentant un montant de 600 millions d’euros avec des banques égyptiennes. Les prêts de la BEI pour le développement du secteur privé contribuent à la croissance durable et à l’emploi dans le pays. Ils vont principalement à des PME, qui sont les forces motrices de la croissance économique et de l’emploi. 

Microfinance pour les femmes en Jordanie : depuis 20 ans, le Microfund for Women (MFW) encourage les femmes en Jordanie à se lancer dans la vie active et à faire preuve d’esprit d’entreprise en leur proposant des microcrédits, qui leur sont généralement refusés par les banques locales.

En Jordanie, 70 % des personnes vivant dans la pauvreté sont des femmes. Leurs salaires sont inférieurs à ceux des hommes, leur droit à la propriété privée est fréquemment bafoué au profit des hommes, et elles doivent enfin souvent jongler entre leur rôle de femme au foyer et celui de principal soutien économique de la famille. Le MFW travaille également avec des réfugiées syriennes qui ont quitté leur pays pour fuir la guerre civile. La Jordanie à elle seule compte 1,4 million de réfugiés syriens.

L’approche adoptée par le MFW permet aussi de faire évoluer les mentalités en Jordanie. Les femmes qui bénéficient d’un prêt accordé par le fonds encouragent leurs filles à travailler et contribuent à créer un avenir durable pour la Jordanie, fondé sur l’entrepreneuriat, l’accessibilité, la résilience économique et l’égalité. C’est pourquoi la Banque européenne d’investissement a signé un contrat de prêt de 2 millions d’euros en faveur du fonds en 2014.

Dessalement à Gaza : donnant suite au projet « Étude de conception pour l’usine de dessalement », financé par la Commission européenne sous la supervision de la BEI, cette opération d’assistance technique de 600 000 euros facilitera la passation des marchés relatifs aux centrales électriques hors site et sur site, destinées à alimenter la principale usine de dessalement de Gaza.

Les centrales utiliseront des sources d’énergies renouvelables pour fournir jusqu’à 60 % de l’électricité optimale nécessaire à l’usine de dessalement qui, à son tour, permettra d’alimenter 1,7 million de personnes en eau douce. S’agissant des changements climatiques, ce projet aura à la fois un effet d’atténuation (en réduisant les émissions de dioxyde de carbone) et un effet d’adaptation (en aidant à remédier à la pénurie d’eau).

Énergies renouvelables au Liban : la BEI, la Banque du Liban, l’Agence française de développement et le Centre libanais pour la conservation de l’énergie (LCEC, rattaché au ministère de l’Énergie) ont récemment réactivé le mécanisme de prêt Lebanon Energy Efficiency and Renewable Energy Finance Facility (LEEREFF).

Pourvu d’un budget de 80 millions d’euros cofinancé par des prêts de la BEI (50 millions) et de l’AFD (30 millions), cette ligne de crédit permet à cinq banques libanaises, Bank Audi, BLC, Byblos Bank, Fransabank et la SGBL, de proposer des crédits à taux réduits (entre 2,5 et 3 %) pour financer des projets verts dans le secteur privé.

Le prix des projets doit être compris entre 40 000 et 15 millions d’euros, que ce soit dans les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, géothermique et biomasse), l’efficacité énergétique (pour les bâtiments industriels et commerciaux) ou encore la construction de bâtiments verts. Le montant des taux pratiqués dépendra de la subvention accordée par la BDL pour chaque projet et du taux BEI/AFD au moment du décaissement.

Modernisation des écoles en Tunisie : l’éducation des jeunes et le soutien à l’emploi sont plus que jamais au cœur de l’action de la BEI qui a décidé d’y consacrer 83,3 millions d’euros de financements nouveaux. Il s’agit du premier prêt de la BEI dans ce domaine en Tunisie. L’inauguration des premiers bâtiments a eu lieu le 24 septembre.

Ce premier financement de la BEI en matière éducative permettra concrètement de moderniser les établissements scolaires publics de l’ensemble du territoire tunisien. Il concernera donc les écoles publiques primaires et secondaires, mais également les internats avec à la clef la construction de 59 nouvelles infrastructures, ainsi que la rénovation et l’extension de 310 établissements scolaires.

Il s’agit d’un projet d’envergure financé également par la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW, une institution publique allemande) et la Commission européenne. Il bénéficie de surcroît de toute l’expertise de la BEI en matière de financement de structures éducatives, grâce à un accompagnement de la banque via la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV) pour un montant de 7,5 millions d’euros. Cette action de conseil et de suivi du projet sera axée sur la qualité de l’enseignement, l’engagement des professeurs et des familles dans les centres scolaires, la facilité d’accès aux handicapés, l’efficacité énergétique des bâtiments ou encore la qualité des lieux de vie des élèves au sein des établissements.

Dossier réalisé par Philippe HAGE BOUTROS

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