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Nos lecteurs ont la parole - Nathalie Saad

Un été a-mer

La mer… les vagues… Je divague et ramasse des pistaches sur la plage… Rien que des coques vides… pistaches… pistaches… Ils pissent et laissent partout des taches… Sur la terre comme au ciel…

Sur la mer… mer… mer… À midi… méditer… année après année… La mer est noire. La mer se meurt. La mer est morte… Notre mer qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne… Sur la terre comme au ciel, lutte acharnée pour le territoire et le cielitoire… Depuis leurs tours d’ivoire à vingt mille lieues sous l’enfer. Dans le ciel, ça tonne puis ça ronronne. Pendant que les cigales chantent, ils bourdonnent comme des moustiques et me murmurent à l’oreille des mots amers. Emmurée dans le silence… En transe… transistors, télé, réseaux… Personne n’est sur la même longueur d’onde. Seul le mur du son triomphe. Et moi qui rêve de cocotiers et d’eau salée sur ma peau et ma bouche cousue… Motus, faut pas dire plus ! Ces jours-ci même rêver est interdit… Chuuuut ! Les murs ont des oreilles pour mieux te crever les tympans mon enfant… Et un nez retroussé pour mieux t’expirer mon enfant… Et une bouche grande comme une charrue pour mieux te vomir mon enfant… Et un cœur de béton pour mieux te haïr mon enfant… Et des yeux revolver pour mieux te tuer mon enfant.

Je meurs et lui il beurre ses biscottes et les enduit de confiture et de chocolat… Quelle marmelade ! Du chocolat et de la confiture… La déconfiture… Beurk ! Vite aux urgences ! Quels états d’âme ! Et vive le grand, grand… toboggan !

Et hop aux Bahamas… toboggan… ouragan… op... op… oppa gangnam style... Des palmiers déracinés par milliers et des morts… Apocalypse…

Tandis que les uns se saoulent de sirop de datte, d’autres s’empiffrent de glace aux pistaches… pistaches… pistaches… Ils pissent, pissent et laissent partout des taches. Et la compagnie d’Ariel qui veut tout nettoyer, tout purger, tout faire disparaître sur la terre comme au ciel…

La mer, la mer, la mer… Moi je dis : Vagues ! Il était un petit navire qui n’avait jamais navigué… Ohéééé! Ohéééééééé !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

La mer… les vagues… Je divague et ramasse des pistaches sur la plage… Rien que des coques vides… pistaches… pistaches… Ils pissent et laissent partout des taches… Sur la terre comme au ciel…Sur la mer… mer… mer… À midi… méditer… année après année… La mer est noire. La mer se meurt. La mer est morte… Notre mer qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne… Sur la terre comme au ciel, lutte acharnée pour le territoire et le cielitoire… Depuis leurs tours d’ivoire à vingt mille lieues sous l’enfer. Dans le ciel, ça tonne puis ça ronronne. Pendant que les cigales chantent, ils bourdonnent comme des moustiques et me murmurent à l’oreille des mots amers. Emmurée dans le silence… En transe… transistors, télé, réseaux… Personne n’est sur la même longueur...
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