De nationalité allemande, Peter Lindbergh, né en 1944 à Leszno en Pologne, a collaboré avec de nombreuses revues de mode et participé à un grand nombre de publicités, ainsi qu’au fameux calendrier Pirelli. Tobias Kleinschmidt/DPA/AFP
Le photographe de mode Peter Lindbergh, connu pour ses clichés en noir et blanc très cinématographiques de stars et de mannequins célèbres, est décédé mardi à l’âge de 74 ans, a annoncé hier sa famille. « Considéré comme un pionnier dans son art, il a su redéfinir la photographie de mode contemporaine et ses standards de beauté en sublimant les femmes de tout âge », souligne le communiqué de la famille, sans donner plus de précisions sur le lieu ou les circonstances de son décès. « Il laisse derrière lui son épouse Petra, sa première épouse Astrid, quatre fils – Benjamin, Jérémy, Simon, Joseph – et sept petits-enfants », indique encore le communiqué de la famille du photographe.
De nationalité allemande, Peter Lindbergh, né en 1944 à Leszno en Pologne, a collaboré avec de nombreuses revues de mode (Vogue, Vanity Fair, Harper’s Bazaar, The New Yorker, etc.) et a participé à un grand nombre de publicités ainsi qu’au fameux calendrier Pirelli, faisant de ses clichés des images iconiques du monde de la mode. Il a contribué à l’émergence des supermodels dans les années 1990 et a marqué le monde de la mode avec ses portraits sans fard, dans des mises en scène souvent expressionnistes. « Je retouche très peu mes images, je ne veux pas déformer ni massacrer les femmes », expliquait le photographe, fasciné par « la géographie » des visages, devant des étudiants se destinant aux métiers de la mode il y a quelques années. Et les femmes le lui rendaient bien : Kate Moss, Naomi Campbell, Linda Evangelista, Milla Jovovich, Cindy Crawford ou encore Claudia Schiffer, côté mannequins, Nicole Kidman, Isabelle Huppert ou encore Julianne Moore, côté actrices, lui accordaient une entière confiance, s’abandonnant devant son objectif.
C’est en 1988 que Peter Lindbergh avait fait décoller les carrières d’une nouvelle génération de mannequins, avec une image les représentant toutes en chemise blanche sur la plage de Malibu, aux États-Unis. Et ses portraits en noir et blanc, sur fond de paysages industriels, étaient devenus sa marque de fabrique. Encore actif et présent sur les réseaux sociaux, le photographe venait tout juste de participer au numéro de Vogue UK du mois de septembre, avec la duchesse de Sussex comme rédactrice en chef. Pour l’occasion, il avait immortalisé une série de femmes influentes, dont l’actrice Salma Hayek, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern ou encore la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. En noir et blanc, comme à son habitude. « Le film noir et blanc a une autre façon de refléter la peau. On remarque alors le moindre détail, et la photo devient très vite un portrait », racontait-il dans une interview au magazine Paris Match.
La famille de Peter Lindbergh avait fui la Pologne alors qu’il était bébé pour s’installer à Duisbourg, dans l’Ouest industriel de l’Allemagne. Passionné de sculpture – de Giacometti notamment – et par le cinéma allemand de l’entre-deux guerres mondiales, il avait étudié à l’Académie des beaux-arts de Berlin avant de s’intéresser à la photographie à l’âge de 27 ans. D’abord assistant photo, il devint indépendant en 1973. Cinq ans plus tard, il est embauché par l’hebdomadaire allemand Stern, qui collaborait à l’époque avec de grands noms comme Helmut Newton et Guy Bourdin. À la fin des années 1970, il s’était installé à Paris.
Source : AFP


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